Découvrez l’ascension de Sompot Chidgasornpongse, du jeune étudiant en architecture au bras droit d’Apichatpong Weerasethakul, avec “9 Temples to Heaven”, film représentant la Thaïlande aux Oscars.
À l’heure où le cinéma indépendant thaïlandais cherche à s’imposer sur la scène mondiale, le film “9 Temples to Heaven” (9 วัด สู่สวรรค์) crée l’évènement en étant sélectionné comme représentant de la Thaïlande aux 99e Oscars, dans la catégorie du meilleur film international.
Derrière cette œuvre imprégnée de culture thaïlandaise se trouve le réalisateur Sompot Chidgasornpongse. Notre échange dépasse la simple célébration de ce succès international pour plonger au cœur des concepts de “l’espace” et du “temps” qui structurent sa vision cinématographique de la vie quotidienne.
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Above Présenté au Festival de Cannes, “9 Temples to Heaven” suit une famille de neuf personnes en quête d’un destin meilleur. Ce film représentant la Thaïlande aux Oscars sortira en salles le 17 septembre 2026.
CINÉMA ET DESIGN : LA VISION DE SOMPOT
Bien avant le cinéma, Sompot a développé son regard au sein d’une famille passionnée de livres et de films. Bien qu’attiré par l’animation, il s’est tourné vers l’architecture d’intérieur à l’université Chulalongkorn, un cursus alliant science et art. C’est durant ces études qu’il a décidé de s’immerger sur un plateau de tournage pour valider sa vocation. Une expérience qui a tout changé.
C’est ainsi qu’est né son long voyage vers “9 Temples to Heaven”, un projet défendant la vision unique du réalisateur.

Above Sompot Chidgasornpongse a entamé sa carrière en tant qu’assistant d’Apichatpong Weerasethakul, imprégnant ainsi son travail des influences du cinéma d’auteur international.
Sompot a débuté aux côtés d’Apichatpong Weerasethakul sans aucune expérience préalable, apprenant tout du cinéma sur le terrain durant deux décennies. “Travailler avec lui a été mon école de cinéma”, confie-t-il.
Ses connaissances en architecture servent de “lentille” pour concevoir ses films. Pour lui, réaliser un film est analogue à construire une maison : tout repose sur une structure conceptuelle, des fonctions, la lumière et les espaces occupés par les personnages.
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Above Le documentaire “Railway Sleepers” (2017) de Sompot Chidgasornpongse a été tourné durant huit ans au fil des voies ferrées thaïlandaises, capturant la vie quotidienne des passagers.
TEMPS, ESPACE ET VIE
De “Railway Sleepers” à “9 Temples to Heaven”, Sompot s’attache à montrer des groupes voyageant sous contraintes. Sa philosophie, ancrée dans sa société de production “At A Time Pictures”, souligne que la vie avance pas à pas.
Dans “9 Temples to Heaven”, neuf membres d’une même famille s’entassent dans un minivan pour visiter neuf temples en une seule journée, une prémisse qui révèle la complexité humaine.

Above “9 Temples to Heaven”, présenté à la Quinzaine des Cinéastes à Cannes, marque une étape clé pour le cinéma thaïlandais actuel.
“C’est fascinant car la vie semble ordinaire, parfois ennuyeuse, mais chaque individu est le protagoniste de son propre drame”, explique Sompot. Pour lui, la réalité du quotidien recèle une richesse que le cinéaste doit simplement savoir observer avec patience.
La vie humaine est faite de quotidien. Cela semble parfois monotone, mais nous sommes tous les héros de nos propres vies avec nos propres drames intérieurs.
UN VOYAGE DE NEUF ANNÉES
“9 Temples to Heaven” est le fruit de neuf années de travail. Sompot y a puisé ses propres souvenirs d’enfance avec sa grand-mère, tout en gérant des financements internationaux complexes. Le réalisateur a choisi des acteurs non-professionnels pour incarner cette famille, favorisant un naturel troublant qui a su toucher le jury des Oscars.

Above Le tournage a favorisé l’expérience de vie des acteurs, permettant des dialogues authentiques au sein de cette famille improvisée.
Le choix de la province de Samut Prakan, souvent ignorée au profit de Bangkok, renforce l’ancrage local du film. Pour Sompot, “maison” est un concept lié à la sérénité, un espace de confort mental peu importe où l’on se trouve sur la carte.

Above Sompot Chidgasornpongse lors de la première mondiale de “9 Temples to Heaven” au Festival de Cannes.

Above Le film a été récompensé aux Golden Goblet Awards du Festival international du film de Shanghai.
LE PARADOXE DE LA FOI
“9 Temples to Heaven” explore également les contradictions des croyances thaïlandaises. Sompot s’amuse des rituels locaux qu’il a observés sur le plateau, illustrant comment la quête de “tranquillité d’esprit” guide souvent nos actions plus que la logique scientifique pure.
Au-delà de ces spécificités thaïes, le film porte une dimension universelle : les relations familiales et les espoirs personnels qui transcendent les frontières culturelles pour toucher tous les spectateurs.
UN SUCCÈS EN MOUVEMENT
La sélection de “9 Temples to Heaven” pour les Oscars dépasse toutes les attentes de Sompot. Mais la vraie réussite, selon lui, réside dans la satisfaction d’avoir achevé cette œuvre telle qu’il l’imaginait.
Le réalisateur se réjouit également des distinctions obtenues par ses acteurs, confirmant que chaque opportunité permet de révéler des talents inattendus.

Above La sélection aux Oscars de “9 Temples to Heaven” est une fierté immense, partagée avec son mentor Apichatpong Weerasethakul.
Aujourd’hui, Sompot continue de concevoir des espaces, non plus par la pierre, mais par la pellicule. Il invite son public à partager ce temps qui lui est si précieux.
Quelles que soient les retombées sur la scène mondiale, Sompot Chidgasornpongse reste fidèle à sa philosophie : avancer pas à pas, dans le respect de l’espace et du temps qui nous entourent.
Les histoires de famille, la foi, l’espoir et les vœux formulés pour ceux que nous aimons sont des thèmes que tout le monde peut partager à l’échelle internationale.












