Cover Notes d'édition sur la Milan Design Week 2026 (Crédit : DEORON).

Chaque mois d'avril, la “Milan Design Week” transforme la ville en un laboratoire sensoriel sans frontières. Voici six observations majeures pour comprendre les tendances de cette édition 2026.

La fascination pour la “Milan Design Week” réside dans sa dualité : d'un côté, le Salon du Mobile (Salone del Mobile), pilier de l'ordre commercial international, et de l'autre, le Fuorisalone, qui investit les rues et les anciens palais milanais. Ces espaces historiques, transformés en vitrines d'avant-garde, deviennent le terrain de jeu des collectionneurs et des passionnés de design. Le design ne se limite plus à la fonction, mais s'élève au rang d'œuvre d'art sensorielle. Voici nos premières notes de terrain de cette édition 2026.

Lire aussi :Milan Design Week 2026 : quand Valextra transforme ses sacs en sculptures souples ? Entretien avec Eleni Petaloti sur le paysage insulaire du nouveau flagship store.

Observation 1 : La reconstruction sensorielle des lieux historiques durant la Milan Design Week

Cette année, les grandes maisons ont investi des édifices chargés d'histoire pour engager un dialogue entre mémoire et modernité.

Gucci Memoria : 105 ans d'histoire au cœur d'un monastère

Au cœur des cloîtres de San Simpliciano, Gucci a présenté “Gucci Memoria”, une exposition immersive conçue par Demna. Ce récit visuel revisite les 105 ans de la marque, de ses racines florentines à son évolution contemporaine.

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Above Exposition “Gucci Memoria” lors de la Milan Design Week 2026 (Crédit : Gucci).

Le cœur de l'exposition repose sur douze tapisseries monumentales retraçant les moments clés de la maison, du jeune Guccio Gucci travaillant au Savoy à Londres jusqu'aux visions successives de ses directeurs artistiques.

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Above Vue immersive de l'exposition “Gucci Memoria” à la Milan Design Week 2026 (Crédit : Gucci).

Louis Vuitton : hommage au maître de l'Art déco au Palazzo Serbelloni

Louis Vuitton a choisi le Palazzo Serbelloni pour dévoiler sa collection Objets Nomades et rendre hommage à Pierre Legrain, figure majeure de l'Art déco, cent ans après sa participation à l'Exposition internationale de 1925.

 

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Above La collection Objets Nomades présentée au Palazzo Serbelloni pendant la Milan Design Week (Crédit : Louis Vuitton).

En 1921, Gaston-Louis Vuitton avait commandé à Pierre Legrain la toute première pièce de mobilier de la marque, une coiffeuse aux lignes “Omega” qui a révolutionné le design de l'époque.

Aesop Aposé : artisanat et jeux de lumière dans l'église Santa Maria del Carmine

Pour sa troisième participation à la “Milan Design Week”, Aesop dévoile “Aposé”, une collection de luminaires artisanaux conçus avec des ateliers allemands pour les bases en laiton et des artisans vénitiens pour le verre soufflé.

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Above Aesop participe pour la troisième fois à la Milan Design Week (Crédit : Aesop).
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Above Focus sur les luminaires Aposé d'Aesop lors de la Milan Design Week (Crédit : Aesop).

Observation 2 : La transformation des matériaux dans le mobilier domestique

Les grandes maisons ont su transformer des matériaux bruts en objets d'une poésie absolue, transformant nos espaces de vie en temples de design.

Hermès : une exploration poétique des formes pures

Inspirée par “Le Voyageur”, la nouvelle collection d'Hermès marie le plâtre, le hêtre et le cuir pour créer des lignes épurées, comme en témoignent la collection Palladion et ses métaux martelés plaqués palladium.

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Above La collection d'objets pour la maison inspirée par “Le Voyageur” chez Hermès (Crédit : Hermès).

Loro Piana : 24 plaid célébrant l'excellence textile

Avec l'exposition “Chapter I: On the Plaid”, Loro Piana rend hommage à son cœur de métier : le plaid, véritable canevas pour l'expérimentation artisanale depuis les années 80.

 

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Above L'exposition “Chapter I: On the Plaid” par Loro Piana lors de la Milan Design Week (Crédit : Loro Piana).

De la vigogne au Baby Cashmere, l'excellence des fibres est sublimée par des techniques complexes telles que la broderie, le tissage manuel et le “needle punching”, prouvant que la technique est au service de l'émotion.

Observation 3 : La politique du désir au cœur du salon littéraire

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Above L'ambiance du Miu Miu Literary Club lors de la Milan Design Week (Crédit : Miu Miu).

Miu Miu a choisi une approche plus introspective avec la quatrième édition du Miu Miu Literary Club. Sous la direction de Miuccia Prada, l'événement “Politics of Desire” a exploré les profondeurs de l'âme féminine, en invitant l'auteure Katherine Angel à discuter de la notion de consentement dans le monde contemporain.

Observation 4 : DEORON, le laboratoire d'incubation des avant-gardes

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Above DEORON, la plateforme d'exposition expérimentale de la Milan Design Week (Crédit : DEORON).

Fondée en 2021, la plateforme DEORON est devenue une étape incontournable de la “Milan Design Week”. Regroupant plus de 50 designers internationaux, elle défend un design réfléchi et un artisanat valorisé, dépassant les frontières de la production de masse.

Observation 5 : Le talent éclatant des designers taïwanais

L'espace DEORON a mis en lumière plusieurs créateurs taïwanais talentueux.

许向罕 (Hsiang Han Hsu) : le dialogue entre feu et métal

Pour sa septième participation, le designer a présenté sa série “Surreal Fireplace”, utilisant l'acier inoxydable poli pour évoquer les premières sources de lumière de l'humanité dans une interprétation sculpturale saisissante.

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Above La série “Surreal Fireplace” présentée par le designer Hsiang Han Hsu (Crédit : Hsiang Han Hsu).

Damon : la lampe “Möbius”

Le designer Damon a défié les structures traditionnelles avec sa lampe inspirée par le ruban de Möbius, utilisant des gradients de lumière pour matérialiser le virtuel dans une expérience sensorielle calme et immersive.

 

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Above La lampe “Möbius” imaginée par le designer Damon (Crédit : Damon).

Objects Ark : le minimalisme taiwanais

Fondé en 2024, le studio Objects Ark a impressionné avec son tabouret triangulaire, un équilibre parfait entre la rigueur de l'acier inoxydable et la légèreté de l'acrylique, incarnant une sérénité typiquement orientale.

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Above Le tabouret triangulaire créé par le studio Objects Ark (Crédit : Objects Ark).

Observation 6 : Valextra et le luxe tranquille érigé en paysage architectural

“Avez-vous déjà vu du verre fluide ou du marbre qui respire ?”

Au cœur de la “Milan Design Week”, dans le flagship Valextra de la Via Manzoni, l'exposition “Soft & Tender Topographies” signée Objects of Common Interest (OoCI) réinvente le concept de luxe tranquille. Nous avons pu rencontrer Eleni Petaloti, co-fondatrice du studio, pour explorer ce paysage sensoriel qui allie technologie moderne et artisanat grec.

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Above Les designers Leonidas Trampoukis (à gauche) et Eleni Petaloti (à droite) (Crédit : Valextra).
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Above OoCI utilise des structures 3D pour mettre en valeur la précision architecturale de Valextra (Crédit : Valextra).

 

L'hommage au “Costa” et à la pureté du marbre

Q : Comment avez-vous traduit le vocabulaire de Valextra dans vos installations ?

Eleni Petaloti : “Tout est parti de l'âme de Valextra. Les sculptures en marbre blanc symbolisent la pureté, tandis que les lignes noires, qui parcourent les espaces, sont un hommage direct à la peinture artisanale ‘Costa’ qui borde traditionnellement les sacs de la marque. Nous avons amplifié ces détails pour créer une ossature spatiale.”

Contraste entre apparence et toucher

Q : Votre installation joue sur le contraste entre la rigidité du marbre et la fluidité de l'air. Comment équilibrez-vous ces forces ?

Eleni Petaloti : “C'est l'essence même de notre travail. En créant ‘Agora’, notre installation, nous voulions que le public découvre que ce qui semble froid et dur peut devenir doux et élastique. C'est une réflexion sur la dualité du sac Valextra : une architecture rigide à l'extérieur, mais une texture de cuir incroyablement douce et protectrice à l'intérieur. Nous voulions que le spectateur touche, explore et entre en dialogue avec l'espace, comme on interagit avec un bel objet.”