Trilobe, la marque horlogère française indépendante, vient de dévoiler un mouvement produit entièrement dans son atelier parisien
L'horloger indépendant français Trilobe consolide sa place dans le monde de l'horlogerie contemporaine avec son affichage de l'heure non conventionnel et sans aiguilles. Lors des Geneva Watch Days 2025, Trilobe a dévoilé la Trente-Deux (le nombre “32” en français), son premier garde-temps animé par un mouvement entièrement produit dans sa nouvelle manufacture à Paris—une étape importante sept ans après les débuts de la marque. D'ailleurs, la montre tire son nom du numéro de l'adresse parisienne. Le CEO Gautier Massonneau en dit plus à Tatler GMT.
Pourquoi la sortie de la Trente-Deux est-elle particulièrement significative ?
Elle abrite notre premier mouvement (le calibre X-Nihilo), entièrement conçu, développé, décoré et assemblé par nos soins. C'est vraiment une montre qui reflète ce qu'est Trilobe aujourd'hui—une petite manufacture entièrement intégrée. C'est la première fois qu'une telle installation existe à Paris depuis Breguet.
Avez-vous toujours eu l'intention d'avoir une manufacture intégrée ?
Cela a toujours fait partie de notre vision à long terme pour la marque. Notre ambition était d'avoir une maison française de haute horlogerie. Ce qui importait le plus durant ce processus, c'était de recruter les meilleurs talents. Nous avons eu beaucoup de chance car, étant la seule manufacture à Paris, nous avons attiré des gens très talentueux. Ce qui les a poussés à nous rejoindre, c'est que nous sommes un projet passionné ; ils veulent construire quelque chose à partir de zéro.
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Above La montre Trente-Deux de Trilobe a été lancée lors des Geneva Watch Days 2025
Vous n'êtes pas horloger de formation. Comment trouvez-vous vos idées et surmontez-vous les défis techniques ?
Je suis entré dans l'horlogerie sans aucun préjugé. Je ne me suis fixé aucune limite ni frontière. Je voulais faire quelque chose de différent. Quant à l'aspect technique, je l'ai appris avec le temps. Je ne suis peut-être pas capable d'assembler une montre, mais je sais comment chaque composant fonctionne.
Vous aviez la vingtaine lorsque vous avez lancé la marque. Qu'est-ce qui vous a poussé à entrer dans le monde de l'horlogerie indépendante ?
Cela a commencé comme un parcours très personnel. Je voulais construire une montre que j'aurais plaisir à porter moi-même, car je suis du genre à aimer construire des choses. Il n'y avait aucune intention d'en faire une entreprise. Mais rapidement, j'ai compris qu'il s'agissait d'une opportunité inexplorée. Construire un objet était cool, mais construire une “maison” autour était encore plus cool.

Above Le fond de boîtier de la Trente-Deux révèle le calibre X-Nihilo, le premier mouvement manufacture de Trilobe
“Building an object was cool, but building a ‘house’ around it was even cooler.” - Gautier Massonneau, CEO of Trilobe
En tant que propriétaire de marque, quelles lacunes voyez-vous sur le marché et comment Trilobe les comble-t-elle ?
Dès le début, nous voulions construire quelque chose d'identifiable à 10 mètres. Quelque chose de bien fait, fait avec cœur, et à un prix cohérent. Aujourd'hui, les gens recherchent de la valeur. Les gens cherchent quelque chose qui a du sens, quelque chose de plus personnel et émotionnel. Je ne dis pas que nous comblons ce vide, mais nous sommes en position de le faire.
Vous vouliez apporter une nouvelle énergie à l'horlogerie. Dans quelle mesure pensez-vous y être parvenu ?
Je dirais qu'il reste encore un long chemin à parcourir. La créativité est toujours notre principal moteur. Nous aimons surprendre—nous aventurer là où personne ne nous attend, pas même notre équipe. À notre petite échelle, nous essayons d'apporter quelque chose de différent.
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