Cover Martin Ho partage sa vision d’un luxe authentique et international lors de cet entretien exclusif.

Parti du Vietnam durant son enfance pour grandir à Vienne, Martin Ho a consacré plus de deux décennies à concevoir des restaurants, des clubs et des espaces où la gastronomie, l’art et la vie sociale se rencontrent. Aujourd’hui, avec AYVY à Hanoï, ce brillant “Ho” de la scène internationale insuffle au Vietnam une expérience européenne avec une ambition claire : créer une adresse qui transcende l’éphémère pour devenir un lieu emblématique.

Au cours d’un entretien avec Tatler Vietnam, Martin Ho évoque son “cœur vietnamien”, le plaisir de rassembler les bonnes personnes, ses échecs passés, le luxe discret et ses projets d’expansion de Vienne à Dubaï, New York et au-delà. Après vingt ans de parcours, Martin Ho estime n’en être qu’aux prémices de son aventure.

Vous avez quitté le Vietnam tout jeune pour vivre l’essentiel de votre vie à Vienne. Aujourd’hui, en revenant, avez-vous le sentiment de rentrer à la maison ou de redécouvrir un pays à aimer de nouveau ?

J’ai grandi à Vienne et j’ai eu la chance de vivre dans l’un des meilleurs environnements au monde, bénéficiant d’une éducation de premier plan.

J’aime l’Autriche et j’y réside toujours en grande partie. Mais je me suis toujours senti vietnamien, avec un cœur vietnamien.

Ma famille est originaire du Nord et j’ai été élevé dans une culture très vietnamienne. C’est pourquoi revenir ici a toujours une saveur particulière. Cette fois, j’ai l’opportunité d’apporter ce que j’ai bâti durant toutes ces années en Occident.

Je suis très heureux et curieux de voir comment les prochains mois et les prochaines années vont se dérouler pour ce projet dont Martin Ho est fier.

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Above Martin Ho pose fièrement devant les intérieurs raffinés de son nouvel établissement.

Vous avez conçu des restaurants, des clubs et des espaces artistiques. Qu’est-ce qui vous passionne le plus : l’art de vivre, le design, les rencontres humaines, ou cette connexion unique qui survient lorsque vous placez les bonnes personnes dans un même lieu ?

Je trouve un immense bonheur à créer des espaces de rassemblement.

Mes établissements ne se limitent pas au service de restauration ; ils sont le prolongement de mes passions : mes collections d’art, ma vision et mon esthétique. Martin Ho souhaite partager pourquoi il aime tel objet ou telle perspective artistique.

Je désire condenser toute ma créativité dans un lieu unique.

Je souhaite que mes hôtes savourent les mets que j’aime et admirent les œuvres qui me touchent. Je veux favoriser des rencontres propices aux échanges d’idées, qui pourraient même déboucher sur de nouvelles opportunités professionnelles.

C’est un véritable plaisir de voir les clients connecter au sein de mon restaurant ou de mon club. Il est gratifiant de savoir que des collaborations naissent de ces moments, une vision que Martin Ho chérit particulièrement.

Le Vietnam a besoin de ces espaces, alors qu’il s’intègre toujours plus intensément au monde. Je suis ravi d’y introduire des références internationales.

Lorsqu’on fait ce qu’on aime, le travail se mue en une forme de plaisir pur.

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Above L’esthétique unique d’AYVY reflète l’exigence créative de Martin Ho.

Qu’aimeriez-vous que devienne AYVY, au-delà du simple succès commercial ?

Le projet est récent, lancé il y a environ un an et demi, et nous avons bénéficié d’un accueil formidable localement.

Mon ambition pour AYVY, telle que Martin Ho l’a formulée, est d’en faire une institution emblématique.

Pour atteindre ce statut, chaque détail compte : de la liste des convives à la qualité du service personnalisé.

Une maxime que je répète souvent : si l’on prend soin de quelqu’un, il faut le faire avec une attention absolue.

C’est la somme de ces attentions qui élève un lieu au rang d’icône.

Comment éviter de devenir une simple victime des tendances, alors qu’AYVY mélange gastronomie, art et vie nocturne ?

Je ne pense pas qu’être une “victime de la mode” soit si négatif. La mode, l’art et l’élégance font partie du même monde créatif.

Le plus crucial est de préserver l’excellence, un pilier de la philosophie de Martin Ho.

Si nous maintenons un standard de qualité et une profondeur intellectuelle, nous durerons. Si AYVY devient emblématique, elle traversera les époques.

J’ai à Vienne des lieux qui opèrent depuis vingt ans. Le secret est de rester fidèle à son esprit originel tout en continuant à surprendre ses hôtes. Avec ce standard, Martin Ho est convaincu que le succès durera.

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Above L’atmosphère sophistiquée d’AYVY invite à la convivialité de luxe selon Martin Ho.

Les espaces de luxe sont souvent trop parfaits. Quelle place accordez-vous à la spontanéité et à l’imperfection ?

Chaque concept doit avoir la liberté d’évoluer. Ce sont les personnes qui fréquentent AYVY qui apportent la touche finale.

Est-ce dû à votre influence, Martin Ho ?

Non, certainement pas. Je ne fournis que la fondation.

Les clients et les échanges définissent l’identité du lieu. Nous prévoyons des expositions et des dialogues ; ce sont ces histoires qui forgent le caractère d’AYVY.

D’ailleurs, je ne recherche pas la perfection, je suis loin de l’être parfait. Je commets des erreurs chaque jour et j’ai eu des projets qui furent des échecs cuisants. Martin Ho assume ces imperfections.

AYVY peut paraître architecturalement abouti, mais notre approche du service est chaleureuse. Nous voulons que ce soit une maison pour nos amis et nos clients. Nous les servons comme notre famille, ce qui brise immédiatement le carcan de la perfection froide.

Le Vietnam est différent, sa culture est riche. En alliant humilité et luxe discret, nous espérons apporter beaucoup de joie à Hanoï.

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Above Un détail architectural qui incarne la vision artistique de Martin Ho.

Si tout s’achète, où réside la différence aujourd’hui ?

L’argent permet beaucoup, mais la créativité, elle, ne s’achète pas. C’est ce que Martin Ho cherche à démontrer.

Nous voulons offrir une nouvelle perspective. Si le Vietnam adopte cette créativité, nous créerons un espace que l’argent ne peut tout simplement pas acheter.

C’est donc la connexion humaine qui prime ?

Absolument.

Martin Ho, qui vous intrigue davantage aujourd’hui : la personne la plus en vue de la salle ou celle que personne ne connaît encore ?

La discrétion m’a toujours semblé plus fascinante.

J’ai accueilli des personnalités très puissantes qui préféraient rester silencieuses dans un coin. Ces gens-là m’intriguent davantage que ceux qui cherchent l’attention à tout prix.

De Hanoï à New York, AYVY s’esquisse comme un réseau mondial. Quels sont vos projets pour ce label ?

Nous sélectionnons les emplacements. Après Hanoï, Vienne et Dubaï, Martin Ho projette de conclure une implantation à New York avant Noël.

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Above La vision de Martin Ho s’étend à travers le monde, reliant les cultures.

Quand saurez-vous que vous en avez fait assez ?

Je suis perpétuellement en mouvement. Je ne peux rester dans une ville plus de deux mois. J’ai besoin de découvrir.

Il ne sera “assez” que lorsque ces lieux toucheront un grand nombre de personnes. Pour l’heure, Martin Ho n’en est qu’aux prémices.

Il m’a fallu vingt ans pour apprendre ce métier et comprendre où je voulais aller. Les défis ont été immenses, notamment le financement. Tout est très coûteux lorsqu’on opère dans plusieurs pays avec des réglementations différentes.

Je commence seulement à maîtriser pleinement le fonctionnement de ces opérations mondiales.

Dans vingt ans, Martin Ho, voulez-vous qu’AYVY soit une marque mondiale ou un acteur ayant transformé la culture sociale ?

J’aspire à la fusion des deux, mais AYVY doit assurément devenir une marque mondiale.

C’est le moment idéal pour se concentrer sur l’Asie : Hong Kong, Bangkok, Hô Chi Minh-Ville, Da Nang, Nha Trang… et même Tokyo.

C’est votre feuille de route actuelle ?

Oui. Après avoir solidifié nos bases aux États-Unis et en Europe, l’Asie est au cœur de la stratégie de Martin Ho.

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Above Martin Ho devant l’Opéra de Hanoï, symbole du patrimoine et de la culture.

Quelle est l’origine du nom AYVY ?

C’est la combinaison des prénoms de mes trois filles : Ivy, Eve et Isa.

Un nom magnifique. Nous souhaitons le meilleur à AYVY et à Martin Ho dans cet emplacement emblématique près de l’Opéra de Hanoï.

Merci infiniment.

En unissant nos forces, nous irons encore plus loin.

Credits

Photography: Lê Lai