Cover Une séance de partage captivante à Hanoï concernant le livre sur les noms et prénoms

Le nouvel ouvrage du chercheur Trần Quang Đức dresse un vaste panorama de l'histoire vietnamienne en partant d'un détail apparemment anodin : les “noms et prénoms”

Après le succès de ses deux précédents ouvrages, “Ngàn năm áo mũ” (publié en 2013) et “Chuyện Trà - L'histoire d'une boisson vietnamienne ancestrale” (publié en 2021), le chercheur Trần Quang Đức vient de lancer son troisième livre intitulé “Noms et prénoms : Une histoire vue à travers l'identité vietnamienne”.

Lors d'une rencontre avec les lecteurs à Hanoï le matin du 15 janvier pour présenter ce nouveau livre, l'auteur a expliqué avoir choisi le titre “Noms et prénoms” — qui peut sembler un peu “administratif” et moins poétique que ses œuvres précédentes — car il s'agit d'une expression simple, facile à retenir et “profondément ancrée dans notre subconscient depuis longtemps”. Quant au sous-titre, “Une histoire vue à travers l'identité vietnamienne” plutôt que “L'histoire de l'identité vietnamienne”, il vise délibérément à ouvrir un horizon plus large sur la question des noms et prénoms : de la langue et de la culture à l'idéologie, des spécificités vietnamiennes aux aspects universels de l'humanité.

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Above Le chercheur Trần Quang Đức lors d'une séance de partage avec les lecteurs à Hanoï sur son livre concernant les noms et prénoms
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Above Gros plan sur la couverture du livre explorant l'identité et l'histoire à travers les noms vietnamiens

Aux temps primitifs, lorsque l'économie était sous-développée et la médecine rudimentaire, le nom était lié au désir de survie. Issus de la croyance selon laquelle les démons éviteraient de capturer les enfants aux noms laids, les petits portaient autrefois des appellations très rustiques, voire grossières, “de mauvais augure” et dénuées de sens, telles que Crapaud, Rat, Chien, Mậm, Phênh, Giấng... Ce n'est que lorsque la société s'est stabilisée et que la vie matérielle et spirituelle s'est améliorée que les gens ont commencé à se soucier de donner des noms “convenables”, “élégants”, portant l'empreinte du confucianisme, du bouddhisme ou du taoïsme, considérant alors les noms et prénoms comme une partie intégrante de leur identité.

Plus loin encore, les noms sont devenus un outil sociopolitique pour consolider et démontrer le pouvoir, alors que de nombreux rois fondateurs utilisaient les noms pour forger une identité de mandat céleste, embellissant leurs origines pour persuader les factions fragmentées et revendiquer le statut de chef. Le changement de nom et de patronyme était également un moyen pour les dynasties de “rehausser” ou “rabaisser” la valeur d'une lignée, de récompenser un sujet loyal ou de punir, et d'intégrer les différents groupes ethniques du royaume dans un système administratif unifié.

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Above Une illustration historique tirée de l'ouvrage montrant l'évolution des coutumes et traditions vietnamiennes

Par ailleurs, le nom est devenu un moyen pour l'individu d'affirmer son ego personnel. Les lettrés, érudits et révolutionnaires choisissaient souvent des “tự” (noms de courtoisie) ou des “hiệu” (pseudonymes) pour exprimer leurs idéaux, les tribulations de leur vie ou pour échapper au contrôle. Le phénomène de “Jade-ification” de l'identité, désignant la tendance à utiliser des noms comportant le radical Jade ou le nom intermédiaire Ngọc de la cour au peuple au XVIe siècle, ainsi que la popularité puis le déclin progressif du nom intermédiaire “Thị”, reflètent le besoin d'embellir l'identité et les changements dans la perception sociale liés aux noms et prénoms.

Enfin, le livre aboutit à une conclusion importante : les noms et prénoms sont une structure imaginaire collective. Nous naissons avec un nom comme un fait accompli, il indique notre appartenance, mais d'un autre côté, nous comprenons aussi que le clan est un cadre fictif maintenu pour servir la cohésion et la gouvernance. Cette compréhension ne vise pas à nier la tradition ou à détruire les liens, mais à nous permettre d'être moins lourds dans nos impositions et d'élever davantage l'esprit humain.

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Above Pages détaillées du livre présentant des documents d'archives et des recherches historiques
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Above Extraits visuels illustrant la complexité des lignées familiales et de l'histoire sociale

“Contribuant à notre génome actuel, il y a d'innombrables ancêtres — des gens dont nous ne connaissons même pas les noms, qui ne sont pas enregistrés dans la généalogie”, déclare le chercheur Trần Quang Đức. “Chaque être humain est le résultat de millions de rencontres ; nos ancêtres ne sont pas seulement les noms de la lignée patrilinéaire, mais aussi des millions d'autres âmes anonymes et silencieuses”.

Cela conduit à une prise de conscience fondamentale : personne ne porte en soi un sang pur, et on ne peut encore moins dire qu'un nom de famille suffit à définir la lignée. “Et ce n'est qu'en abandonnant l'illusion d'une lignée pure que nous pouvons véritablement rendre hommage à tout ce qui a créé la vie en nous”, écrit l'auteur en évoquant la profondeur des noms et prénoms dans son livre.

Commentant le nouvel ouvrage du chercheur Trần Quang Đức, le professeur Liam C. Kelley, fondateur du forum académique Engaging with Vietnam, écrit : “Bien que l'étude des noms et des coutumes de nomination puisse sembler à première vue un sujet étroit et spécialisé, en lisant ce livre, on se rend vite compte qu'à travers l'examen des noms, Trần Quang Đức nous a en fait offert une perspective nouvelle et profonde sur toute l'histoire du Vietnam”.

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Above L'auteur Trần Quang Đức signant des exemplaires de son livre pour les lecteurs passionnés
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Above Vue d'ensemble de la salle lors de la présentation passionnante du livre à Hanoï

“Noms et prénoms” de Trần Quang Đức est une étude culturelle et historique, basée sur un riche système de documentation allant des livres anciens, des stèles et des artefacts aux recherches académiques modernes.

Le livre est divisé en 3 parties : “Du rustique au sophistiqué”, “Intrigues de pouvoir” et “Vers la liberté”. Avec un style d'écriture riche en associations mais conservant sa rigueur académique, le livre ouvre une nouvelle perspective sur l'identité vietnamienne, à partir de noms familiers de la vie quotidienne.

L'auteur Trần Quang Đức, né en 1985, diplômé de l'Université de Pékin, est un chercheur en culture et histoire ainsi qu'un traducteur. Il a publié plusieurs livres bien accueillis par le public tels que : Ngàn năm áo mũ, Chuyện trà...