Découvrez 10 chefs-d'œuvre artistiques incontournables au Grand Musée égyptien (GEM), véritable porte d'entrée vers la gloire millénaire des pharaons.
Au pied du plateau de Gizeh, autrefois passage des anciennes caravanes, s'élève désormais le nouveau royaume du monde de l'art : le Grand Musée égyptien (GEM). Ce méga-projet muséal, attendu par les historiens, les conservateurs et les collectionneurs du monde entier, abrite plus de 100 000 pièces, allant des rouleaux de papyrus de l'époque des pharaons aux sculptures légendaires. Le GEM est sans conteste le musée le plus puissant de ce nouveau siècle.
Pénétrer dans le GEM donne l'impression de franchir une “porte du temps”, accueillant les visiteurs avec une architecture en grès doré pâle. La lumière du soleil du désert se reflète sur les murs de pierre tel l'éclat de bijoux anciens. Que vous soyez un touriste, un collectionneur d'art ou un passionné de beauté intemporelle, le GEM est le lieu prêt à révéler les secrets et la splendeur de l'une des plus grandes civilisations de l'humanité. Voici 10 chefs-d'œuvre à ne pas manquer, sélectionnés par l'expert en égyptologie Nathapol Dejkajon, fondateur de l'Iyakoop Society et auteur de plus de 10 livres sur l'Égypte antique. Selon lui, ces pièces maîtresses ne sont pas importantes uniquement pour leur beauté ou leur valeur artistique, mais parce que chacune d'elles représente une conversation millénaire attendant d'être écoutée avec silence et profondeur par les visiteurs.
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Above Cérémonie d'ouverture officielle du Grand Musée égyptien (GEM) le 1er novembre 2025.
1. L’obélisque suspendu

Above L’obélisque suspendu présente le mot “Égypte” gravé en “thaï” sur sa base massive. (Photo : Gehad Hamdy/Getty Images)
La première pièce qui attend les visiteurs à l'“extérieur du bâtiment” est l'obélisque qui se dresse majestueusement sur une base noire. Érigé par le pharaon Ramsès II, cet obélisque en granit mesure environ 16 mètres de haut et pèse 87 tonnes. Il se trouvait à l'origine dans la ville de Tanis, dans le delta du Nil.
Les quatre côtés de l'obélisque portent des inscriptions mentionnant le nom de Ramsès II. La base noire massive est particulièrement intéressante car elle comporte le mot “Égypte” gravé en plusieurs langues, y compris en “thaï”. Le point fort à ne pas manquer est de passer “sous” l'obélisque. En effet, ce pilier a été “soulevé” au-dessus du sol, ce qui lui vaut le nom d'“obélisque suspendu” (Hanging Obelisk). Cette présentation unique permet aux visiteurs de voir le cartouche de Ramsès II gravé à la base de l'obélisque, une vue qui était auparavant inaccessible.
2. Statue colossale de Ramsès II

Above La sculpture massive du pharaon Ramsès II accueille les visiteurs dans le grand hall du GEM. (Photo : Ahmad Hasaballah/Getty Images)
Le deuxième artefact incontournable est la statue géante du pharaon Ramsès II, exposée dans le Grand Hall. Cette sculpture est le “premier” objet antique à avoir été introduit au GEM, recevant ainsi le numéro GEM No.1. Sculptée dans le granit et mesurant environ 11 mètres de haut, elle reflète la puissance du pharaon. Elle se trouvait à l'origine près du temple du dieu Ptah à Memphis. Sa particularité réside dans les petites sculptures de son fils et de sa fille gravées près des jambes du pharaon. Découverte en 1882, elle a été exposée sur la place devant la gare Ramsès au Caire avant d'être transférée au GEM en 2018 lors d'un cortège spectaculaire.
3. Pyramidion de l’obélisque de la reine Hatchepsout

Above Le sommet pyramidal en granit rouge construit par la femme pharaon Hatchepsout. (Photo : Mohamed Elshahed/Anadolu via Getty Images)
Ce pyramidion en granit rouge constituait le sommet de l'imposant obélisque érigé par la pharaonne Hatchepsout au temple du dieu Amon-Rê à Karnak. Découvert en 1861, il conserve encore une petite partie de la colonne à sa base.
À l'origine, il comportait des gravures représentant la reine agenouillée, tournant le dos au dieu Amon-Rê, qui la bénissait et posait une couronne sur sa tête. Cependant, ces images ont été modifiées par la suite, probablement par le pharaon Thoutmôsis III, qui a effacé le nom de la reine dans les deux premières colonnes et remplacé son image par deux autels.
De plus, la posture du dieu Amon-Rê a été changée pour qu'il tienne le sceptre “Ouais” (symbolisant la prospérité) et le symbole “Ankh” (symbolisant la vie). Ces altérations sont des témoins précieux des luttes de pouvoir et de la réécriture de l'histoire dans l'Égypte antique.
4. Statue du scribe Mitri

Above La statue en bois du scribe “Mitri” montre la posture assise traditionnelle des scribes égyptiens antiques. (Photo : Mohamed Elshahed/Anadolu via Getty Images)
Cette importante statue en bois peint représente un scribe nommé “Mitri”, qui a occupé plusieurs postes clés sous la Ve dynastie. La sculpture montre la posture assise traditionnelle des scribes égyptiens, jambes croisées avec un rouleau de papyrus déployé sur les genoux. Il porte un vêtement semblable à une jupe courte et un large collier. Son visage pensif est encadré par des cheveux courts. Ce qui est fascinant, ce sont ses “yeux” incrustés de pierres avec une précision exquise.
Le nom et les titres de Mitri sont inscrits sur la base de la statue, nous apprenant qu'il a servi en tant qu'“Administrateur de Nome”, “Prêtre de la déesse Maât”, et également comme “Superviseur des Scribes”.
5. Statue assise de Sésostris Ier

Above Dix statues assises du pharaon Sésostris Ier en tenue royale complète sur son trône. (Photo : Sayed Hassan/Getty Images)
Ces dix statues assises du pharaon Sésostris Ier ont été découvertes en 1894 lors de fouilles dans son temple funéraire à El-Lisht. Toutes les statues le représentent assis sur un trône en tenue de pharaon complète, orné de la coiffe Némès et du pagne royal.
Les côtés du trône sont décorés du symbole “Sema-Taouy”, un emblème sacré représentant l'unification de la Haute et de la Basse-Égypte. Cinq des statues montrent deux dieux Hâpy unifiant les deux terres, tandis que les cinq autres sont ornées d'images de l'unification réalisée par les dieux Horus et Seth, reflétant clairement l'essence de l'unité de l'Égypte antique sous la XIIe dynastie.
6. Les chars de Toutânkhamon

Above Le char à six rayons du jeune pharaon Toutânkhamon, décoré de motifs en or exquis, symbolisant son pouvoir et sa victoire sur tous ses ennemis. (Photo : Mohamed Elshahed/Anadolu via Getty Images)
Ce char est l'un des six découverts démontés dans l'antichambre du tombeau du jeune pharaon Toutânkhamon. La structure du char est en bois, ornée de spirales en or et surmontée du cartouche royal du pharaon.
Le sol de la cabine est en cuir animal. L'intérieur est décoré de manière complexe, notamment avec des images d'ennemis agenouillés et liés par le cou. L'arrière du char présente une sculpture remarquable du dieu nain “Bès”, tirant une langue en ivoire pour chasser les mauvais esprits.
Ce char à six rayons a été construit pour les processions cérémonielles. Il met en valeur des décorations en or exquises représentant le pharaon sous la forme d'un sphinx conquérant des ennemis nubiens et asiatiques, illustrant le grand pouvoir et la victoire du jeune roi sur tous ses adversaires.
7. Trône d’or de Toutânkhamon

Above Le trône d’or portant le nom de naissance du pharaon, “Toutânkhaton”, inscrit dans un cartouche. (Photo : Mohamed Elshahed/Anadolu via Getty Images)
Ce trône en or est un autre chef-d'œuvre découvert enveloppé de lin dans l'antichambre du tombeau de Toutânkhamon. Le trône est en bois recouvert de feuilles d'or finement travaillées, incrusté de pierres colorées, de faïence et de pierres précieuses. Les panneaux latéraux sont élégamment décorés d'images de l'Uræus ailé.
Le point culminant est la scène sur le dossier, montrant le pharaon et la reine sous les rayons du disque solaire du dieu Aton. La reine oint le jeune pharaon de parfum, symbolisant un amour profond. Une autre particularité qui rend ce trône inestimable est la présence du nom original du pharaon dans un cartouche : “Toutânkhaton”. Cela indique que ce trône d'or a probablement été créé et utilisé au cours des premières années de son règne, avant qu'il ne revienne au culte d'Amon et ne change son nom en “Toutânkhamon”.
8. Cercueil intérieur en or de Toutânkhamon

Above Le cercueil le plus interne (troisième couche) du jeune pharaon Toutânkhamon, fait de plus de 110 kg d’or pur. (Photo : Mohamed Elshahed/Anadolu via Getty Images)
Le cercueil intérieur du pharaon Toutânkhamon est une œuvre magistrale en or massif pesant plus de 110 kilogrammes. Il s'agit du troisième et dernier cercueil de la série de trois sarcophages emboîtés.
Ce cercueil en or a la forme du dieu Osiris, seigneur de l'au-delà, tenant le sceptre et le fléau, symboles de la royauté sacrée. Les détails intérieurs et extérieurs sont couverts de gravures du nom du pharaon, incrustés de pierres précieuses et de pâtes de verre colorées. Il est gravé de formules magiques de protection destinées à préserver le corps du jeune pharaon pour l'éternité.
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9. Le masque d’or de Toutânkhamon

Above Le masque funéraire en or du jeune pharaon Toutânkhamon, l’une des antiquités les plus célèbres au monde. (Photo : Mohamed Elshahed/Anadolu via Getty Images)
Un artefact crucial à ne manquer sous aucun prétexte est le célèbre “masque d'or” du jeune pharaon Toutânkhamon, l'une des antiquités les plus renommées au monde. Ce masque, fait de plus de 10 kilogrammes d'or pur, a été découvert sur la tête et les épaules de la momie, reproduisant l'apparence du dieu Osiris, souverain du monde souterrain.
Ce masque d'or reflète le concept du dieu soleil Râ, dont le corps est en or et les cheveux en lapis-lazuli, tout en représentant parfaitement le visage du jeune roi. Il est essentiel d'observer l'“arrière” du masque, qui porte une magnifique inscription hiéroglyphique tirée du Livre des Morts. Celle-ci vise à renforcer la protection en associant les différentes parties du masque à plusieurs divinités, comme la mention “Ton front est celui du dieu Anubis”, illustrant la croyance en la divinisation après la mort.
10. Barque solaire de Khéops

Above La barque solaire de Khéops, véhicule pour le voyage du pharaon avec le dieu soleil Râ dans l'au-delà. (Photo : Mohamed Elshahed/Anadolu via Getty Images)
Une fois au GEM, n'oubliez surtout pas de visiter ce navire, qui n'est pas exposé dans le bâtiment principal mais dans une structure séparée.
Cette “barque solaire” est l'une des deux découvertes dans une fosse scellée au sud de la Grande Pyramide de Khéops à Gizeh. La première fosse contenait 1 224 pièces de bois démontées qui, une fois assemblées, formaient un navire complet de 42 mètres de long. L'assemblage a pris plus de 10 ans.
Après avoir été conservée près de la Grande Pyramide pendant des décennies, cette barque a fait l'objet d'un transfert historique vers le GEM en août 2021. De plus, la seconde barque solaire a également été transportée au GEM pour y être restaurée et exposée. Bien que la fonction exacte de ces barques solaires soit encore débattue, on pense qu'elles représentaient la “barque du jour” et la “barque de la nuit”, utilisées comme véhicules pour le voyage du pharaon Khéops afin de rejoindre le dieu soleil Râ dans l'au-delà.

Above Nathapol Dejkajon, fondateur de l'Iyakoop Society et expert du GEM, explique que ces chefs-d'œuvre ne sont pas importants seulement pour leur art, mais pour leur histoire millénaire. (Photo : Worapon Teerawatvijit)
GEM ช่วยนำเสนออารยธรรมอียิปต์ในมุมที่เป็น ‘มนุษย์’ มากขึ้น - ณัฐพล เดชขจร
Le Grand Musée égyptien (GEM) est un phénomène culturel qui n'est pas seulement un lieu de conservation d'antiquités, mais une vision audacieuse reliant la gloire du passé à la modernité du présent, s'imposant comme l'un des plus grands centres d'études égyptologiques au monde.
Le concept du GEM est né à la fin du XXe siècle car le Musée égyptien de la place Tahrir au Caire était trop encombré et ne pouvait exposer efficacement sa vaste collection, en particulier l'intégralité des trésors du tombeau de Toutânkhamon, qui compte plus de 5 000 pièces. Le gouvernement égyptien a donc décidé de construire un nouveau musée de 312 rais (environ 50 hectares) au bord du plateau désertique, à seulement deux kilomètres des pyramides de Gizeh, avec une cérémonie d'ouverture grandiose début novembre dernier.
Le GEM est considéré comme le plus grand musée archéologique au monde consacré à une seule civilisation, avec une surface d'exposition principale de 32 000 mètres carrés pouvant accueillir jusqu'à 100 000 artefacts.
“La grandeur que tout le monde doit voir est la collection complète des trésors du pharaon Toutânkhamon, ainsi que la mise en avant d'un musée intégrant de nouvelles technologies comme la réalité virtuelle et le multimédia pour créer une expérience réaliste et vivante”, déclare Nathapol Dejkajon, expert en égyptologie qui a visité le GEM au moins trois fois depuis son ouverture partielle en 2023.

Above Spectacle de drones au-dessus du musée lors de la cérémonie d'ouverture officielle le 1er novembre 2025. (Photo : Mohamed Elshahed/Anadolu via Getty Images)
Comment le GEM expose-t-il ses œuvres ?
Le GEM ne classe pas le contenu uniquement par ordre chronologique, mais met l'accent sur une présentation thématique et contextuelle pour permettre aux visiteurs de comprendre les histoires plus profondément et plus facilement.
La visite commence par le Grand Hall qui accueille les touristes avec la statue colossale de Ramsès II. Le Grand Escalier (Grand Staircase) expose de grands artefacts sur ses marches, divisés en quatre thèmes : l'image royale, les éléments de temple, la relation entre les dieux et le pharaon, et le voyage vers l'éternité. En montant jusqu'au sommet, on peut voir clairement les Grandes Pyramides de Gizeh.
Les galeries principales sont divisées en 12 salles, organisées selon les thèmes de la société, de la royauté et des croyances, et classées par périodes historiques, permettant aux visiteurs de choisir selon leurs intérêts.

Above Des ouvriers déplacent des planches de bois de la barque de Khéops (la deuxième) vers le lieu d'exposition au GEM. Ces barques solaires ont été enterrées aux côtés du pharaon Khéops il y a 4500 ans. (Photo : Sayed Hassan/Getty Images)
Conseils pour une visite optimale au GEM
La meilleure période pour visiter se situe entre octobre et avril, lorsque le climat est le plus agréable, bien que cela s'accompagne d'un grand nombre de touristes et de coûts plus élevés.
Pour ceux qui sont véritablement passionnés par l'Égypte antique et veulent apprécier l'art dans sa totalité, il est recommandé de passer au moins 2 à 3 jours au GEM, et de combiner la visite avec le Musée du Caire et le Musée national de la civilisation égyptienne (NMEC).
Si vous avez peu de temps, peut-être une journée ou une demi-journée, concentrez-vous sur les galeries de Toutânkhamon. Essayez de choisir un mercredi ou un samedi, jours où le GEM est ouvert de 08h30 à 22h00, avec les salles d'exposition ouvertes de 09h00 à 21h00 (les autres jours, ouverture de 08h30 à 19h00, expositions de 09h00 à 18h00). Ne vous inquiétez pas pour la nourriture, car il y a des restaurants et des cafés à l'intérieur, ainsi que des zones de repos qui permettent de rester immergé dans le GEM toute la journée.





