Cover À l’occasion des 37 ans du célèbre whisky japonais Hibiki, Tatler explore son berceau à Yamazaki lors d’une odyssée sensorielle dédiée au “Miyabi” et à l’art des montres de luxe. (Photo : Suntory)

Alors que le prestigieux whisky japonais “Hibiki” célèbre son 37e anniversaire, nous avons exploré ses racines à Yamazaki. À travers une méditation au thé, un atelier de kimono centenaire et une immersion à la distillerie, nous redécouvrons l’esprit du “Miyabi”.

La culture japonaise compte trois arts traditionnels majeurs : la cérémonie du thé, l’art floral et l’art de l’encens. Bien que leurs formes diffèrent, tous partagent une essence commune : par le biais de rituels quotidiens, ils nous apprennent à percevoir les détails et à cultiver la pleine conscience.

Au temple Kodai-ji, dans l’arrondissement de Higashiyama à Kyoto, sont préservés deux salons de thé rustiques conçus par Sen no Rikyu, le “père de la cérémonie du thé”, aujourd’hui classés au patrimoine culturel national. Les moines zen nous ont guidés à travers une méditation pour apaiser l’esprit et aiguiser nos sens. Sous la direction d’un maître de thé, l’expérience a pris tout son sens : du battement du thé matcha créant une mousse délicate jusqu’au moment où le bol est remis entre nos mains, on ne ressent pas seulement la chaleur de l’hospitalité, mais aussi une détente profonde, une invitation à ralentir le pas.

C’est ici que réside l’esprit même du “Miyabi”, l’élégance esthétique japonaise : une subtilité, une retenue et une sensibilité aiguë à la beauté éphémère de la nature. La philosophie de “Hibiki” prend sa source dans cette quête d’harmonie (“Wa”). Le whisky “Hibiki” incarne cette résonance entre l’homme et la nature, puisant son inspiration dans l’environnement pour transformer ce lien en un artisanat d’exception.

Dans la sérénité du matin, on réalise que le whisky “Hibiki” a toujours communiqué à travers ce langage. Mais il faut d’abord savoir apaiser son esprit pour pouvoir l’entendre et le comprendre.

À lire également : Le restaurant Hakkoku de Tokyo, une adresse prisée, s’installe à Kaohsiung pour une collaboration exclusive avec Ginsho autour des spécialités du maître Hiroyuki Sato.

Tatler Asia
Above L’art de l’encens, l’un des trois piliers de l’esthétique traditionnelle japonaise. (Photo : Suntory)
Tatler Asia
Above Le temple Kodai-ji à Kyoto propose des séances de méditation zen ainsi que des cérémonies du thé. (Photo : Suntory)

Le kimono, forme incarnée du “Miyabi”

En pénétrant dans la galerie Chiso, on découvre des kimonos suspendus avec une sobriété élégante, sans artifice, incitant naturellement à la contemplation. Fondé en 1555, Chiso est l’un des ateliers de kimono les plus anciens de Kyoto, ayant servi la noblesse impériale et les temples, avant de porter l’artisanat japonais sur la scène internationale. Depuis plus de 470 ans, la maison s’exprime par des motifs inspirés de la nature : le flux de l’eau, l’épanouissement des fleurs et le changement des saisons composent son vocabulaire visuel.

Tatler Asia
Above La galerie Chiso, établie en 1555, demeure l’un des ateliers les plus historiques de Kyoto. (Photo : Suntory)

“Nous ne copions pas le passé, nous utilisons la tradition comme point de départ pour créer de la nouveauté”, explique Daisuke Shiba, directeur de la marque. La création d’un seul kimono mobilise souvent des dizaines d’artisans pour la teinture, la broderie et les finitions. Ce processus complexe fait écho au savoir-faire du “Hibiki” : les whiskies de malt provenant des distilleries de Yamazaki, Hakushu et Chita possèdent chacun une personnalité distincte, mais trouvent, entre les mains du maître assembleur, une harmonie parfaite au sein de la bouteille.

Tatler Asia
Above Hibiki dévoile sa première campagne mondiale, “The Masterpiece of Japanese Artistry”, incarnée par Anna Sawai. (Photo : Suntory)
Tatler Asia
Above Le kimono porté par Anna Sawai est une œuvre transmise créée spécialement par Chiso pour ce partenariat avec Hibiki. (Photo : Suntory)

Lorsque “Hibiki” a lancé sa campagne mondiale “The Masterpiece of Japanese Artistry” avec l’ambassadrice Anna Sawai portant ce kimono de prestige créé par Chiso, l’esprit de la marque a trouvé sa forme physique. La pièce utilise la technique traditionnelle du Yuzen, mêlant des motifs de glycine printanière, d’érables automnaux et de pruniers hivernaux, capturant les saisons en une seule composition. Un papillon semble s’y poser, insufflant la vie à cet artisanat statique et soulignant l’élégance intemporelle du whisky “Hibiki”.

Au berceau du “Hibiki”

À notre arrivée à la distillerie Yamazaki, une fine pluie tombait, ajoutant une touche de romantisme au paysage. Située au pied du mont Tennozan, au sud-ouest de Kyoto, c’est la plus ancienne distillerie de malt du Japon, fondée en 1923 par Shinjiro Torii, le père de Suntory. Le climat humide, à la confluence des rivières Katsura, Uji et Kizu, offre des conditions de maturation exceptionnelles. En franchissant la porte monumentale conçue à partir d’anciens alambics en cuivre, on ressent immédiatement le poids de l’histoire.

Peut-être cette distillerie, nichée au cœur de la forêt, attend-elle patiemment ceux qui savent apprécier ses trésors.

arrow left arrow left
arrow right arrow right
Photo 1 of 4 La distillerie Yamazaki, située au pied du mont Tennozan à Kyoto. (Photo : Suntory)
Photo 2 of 4 La salle des alambics de la célèbre distillerie Yamazaki. (Photo : Suntory)
Photo 3 of 4 Le spectacle impressionnant des fûts de chêne dans les caves de Yamazaki. (Photo : Suntory)
Photo 4 of 4 L’espace d’exposition dédié aux whiskies de la distillerie Yamazaki. (Photo : Suntory)

Chaque étape de l’élaboration du “Hibiki” se déploie ici : saccharification, fermentation, distillation et maturation. La philosophie “Tsukuriwake” de Suntory est omniprésente, utilisant une variété de procédés pour créer des whiskies de caractères différents. Comment les différentes formes d’alambics et types de bois contribuent-ils à l’harmonie du “Hibiki” ?

La séance de dégustation nous apporte les réponses. Plusieurs verres révèlent des whiskies de Yamazaki, Hakushu et Chita, chacun exprimant une identité forte, presque surprenante, contrastant avec l’équilibre final du “Hibiki”. “Le travail de l’assembleur consiste à comprendre les spécificités de chaque distillerie, le terroir, l’eau et le climat, pour définir le rôle que chaque whisky doit jouer”, explique le maître assembleur Shinji Fukuyo. Il compare son métier à celui d’un peintre : “Il faut connaître les nuances de chaque couleur pour créer un chef-d’œuvre. Parfois, le whisky le plus intense permet d’apporter une clarté nouvelle à l’ensemble.”

Tatler Asia
Above Le maître assembleur Shinji Fukuyo compare son art à celui d’un peintre devant sa palette. (Photo : Suntory)
Tatler Asia
Above La dégustation permet de découvrir les whiskies de Yamazaki, Hakushu et Chita qui composent le “Hibiki”. (Photo : Suntory)

Les 24 facettes de la bouteille “Hibiki” correspondent aux 24 termes solaires du calendrier traditionnel japonais. Chaque angle réfracte la lumière différemment, tout comme le whisky “Hibiki” qui, par son assemblage complexe, révèle une finale florale et élégante. Shinji Fukuyo souligne que le but n’est pas de représenter une saison précise, mais de capturer une sensation de fluidité, une ouverture propre au whisky “Hibiki”.

L’artisanat derrière l’étiquette

Tatler Asia
Above L’étiquette du “Hibiki” est réalisée sur un papier Washi spécial conçu par Eriko Horiki. (Photo : Suntory)

En observant l’étiquette du “Hibiki”, on remarque que chacune est unique. C’est le fruit d’une collaboration avec l’artiste papetière Eriko Horiki. Utilisant le papier Washi traditionnel d’Echizen, elle a superposé trois couches pour offrir une profondeur visuelle exceptionnelle lorsque la lumière traverse la bouteille. “Au Japon, le papier et les dieux partagent la même prononciation ; le papier Washi est ainsi chargé d’un esprit de pureté et de respect”, explique-t-elle. Elle espère que cette connexion tactile et visuelle avec le “Hibiki” permette de ressentir la dévotion japonaise envers la nature.

Tatler Asia
Above La galerie d’art de papier Washi tenue par Eriko Horiki. (Photo : Suntory)

Visiter la galerie d’Eriko à Kyoto permet de mieux appréhender cette philosophie. Les œuvres exposées, certaines monumentales, d’autres légères comme des ailes de cigale, explorent la manière dont la lumière sculpte l’espace. “Mon travail ne consiste pas seulement à fabriquer du papier, mais à façonner la lumière. Le Washi adoucit la lumière pour créer une atmosphère.” Même l’or est inséré entre les couches de papier pour une brillance subtile.

Au toucher, l’étiquette du “Hibiki” ne révèle plus seulement une texture, mais une interprétation intime de l’esthétique “Miyabi”, unissant le temps, la nature et l’artisanat.

Une œuvre d’art à déguster

Tatler Asia
Above De l’artisanat séculaire au savoir-faire de la distillerie Yamazaki, tout converge dans le whisky “Hibiki”, véritable œuvre d’art. (Photo : Suntory)

La soirée de clôture au Mitsui Kyoto a marqué la fin de ce voyage. Qu’il soit dégusté pur, en Highball ou en Mizuwari, le whisky “Hibiki” exprime toujours la même essence du “Miyabi”. Chaque étape du voyage, de l’art du kimono au papier Washi, s’est concentrée dans cette œuvre d’art liquide. En savourant ce moment, on se remémore les mots de Shinji Fukuyo : “Je crois que dans un verre, on peut naturellement ressentir le poids du temps et la subtilité des saisons qui changent.”

À lire aussi

Le restaurant Hakkoku de Tokyo s’installe à Kaohsiung pour une collaboration exclusive autour des spécialités du maître Hiroyuki Sato.

Découverte du menu printemps-été du “Frassi” : le chef Iacopo s’inspire de ses voyages pour transformer les paysages de Toscane en plats raffinés.

Toy Story 5, le nouveau film de Steven Spielberg et bien d’autres : les 11 films incontournables à voir au cinéma en juin.