Le PDG de Jaquet Droz explique également pourquoi la marque mise sur l'interaction directe avec ses clients fortunés.
Né en Suisse en 1964, Alain Delamuraz a débuté sa carrière dans l'hôtellerie internationale, devenant l'un des plus jeunes directeurs généraux d'un établissement Leading Hotels of the World avant de rejoindre le Swatch Group en 1997. Chez Blancpain, il a joué un rôle essentiel dans son expansion internationale, défendant une approche axée sur les boutiques et ouvrant des marchés clés tels que la Chine. Il a rejoint Jaquet Droz en 2021 en tant que PDG pour diriger son renouveau.
À lire aussi : Les montres les plus propices pour le Nouvel An lunaire
La personnalisation est une stratégie majeure chez Jaquet Droz. Pourquoi ?
La pandémie nous a donné le temps de réfléchir à nos origines et à notre direction future. Nous voulions repenser ce que nous devions faire avec Jaquet Droz. Le fondateur Pierre Jaquet-Droz créait des pièces d'art horloger et des montres automates pour des têtes couronnées telles que le roi d'Espagne, le roi de France et même l'empereur Qianlong de Chine. Lorsque vous créez quelque chose pour un roi, vous ne feriez jamais la même montre pour un autre roi ; c'était toujours une pièce unique. C'était l'ADN de la marque et nous avons décidé de perpétuer cette philosophie en ne produisant que des pièces dignes d'un roi, et uniquement des pièces uniques. Nous voulons être respectueux du passé et nous en inspirer.

Above La montre Jaquet Droz Imperial Dragon Automaton Sapphire avec cadran en opale
Quel est l'attrait d'une montre sur mesure ?
Les gens aiment posséder quelque chose qui leur est propre ; ils veulent une œuvre d'art qu'ils peuvent revendiquer comme la leur.
À votre arrivée, vous avez pris la décision radicale de fermer tous les points de vente. Pourquoi ?
Puisque nous ne fabriquons que des pièces uniques chez Jaquet Droz, nous n'avons pas besoin de points de vente. Un roi ne va pas entrer dans une boutique pour acheter quelque chose. Je livre personnellement les montres à nos clients. Nous avons un prix moyen d'un demi-million et nous produisons environ 50 montres par an, donc oui, je suis très heureux de connaître chaque client. Ils peuvent aussi venir à la manufacture ou nous nous rendons chez eux ; le choix leur appartient.
Vous encouragez également le client à observer le processus de fabrication de sa montre à distance. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette initiative ?
Les gens ont des idées différentes de ce qu'ils veulent. Certains sont passionnés par les chevaux, d'autres par les voitures. Mais ils n'ont pas forcément idée de la manière de traduire ces passions dans une montre. Alors nous leur montrons ce que nous pouvons faire. Nous fabriquons la montre avec le client. J'aime que les gens connaissent les artistes qui fabriquent leurs montres. Je dis toujours que nous ne fabriquons pas des montres ; nous créons une œuvre d'art. Si j'achète un tableau, je préfère ne pas l'acheter dans une galerie, mais directement à l'artiste.
Voir aussi : Le PDG Raynald Aeschlimann sur la motivation derrière les mises à jour du design de l'Omega Planet Ocean

Above Le garde-temps Jaquet Droz Tourbillon Skelet en or rouge modèle Dragon Mask
Comment séduire une nouvelle génération de clients ?
Nous ciblons ceux qui s'intéressent à l'art, à un souvenir impérissable, plutôt qu'à quelque chose qu'ils cherchent à revendre avec profit dans deux ans. Lorsque vous achetez une œuvre d'art, vous ne l'achetez pas seulement pour vous-même ; vous l'achetez pour la génération suivante. Cela devient une partie d'un héritage. Ce que j'ai remarqué, en particulier en Malaisie et dans toute l'Asie, c'est que les gens réfléchissent profondément à cette idée de transmission. Ils acquièrent ces pièces Jaquet Droz non pas pour un gain financier à court terme, mais parce qu'ils imaginent déjà ce qu'ils transmettront à leurs enfants.
Le marché a également évolué vers un luxe plus discret et basé sur l'expérience. Comment Jaquet Droz s'est-il adapté à ces valeurs changeantes ?
Un garde-temps Jaquet Droz est toujours la création de deux artistes : l'artiste qui fabrique le produit et le client. Notre attention se porte sur la création.
Vos clients vous inspirent-ils ?
Absolument. Parfois, ils ne savent pas ce qu'ils veulent, alors nous les guidons. Parfois, leurs idées semblent un peu folles, mais nous essayons quand même. Parfois ça marche, parfois non. L'essentiel est qu'il y ait toujours une véritable interaction bidirectionnelle.
Topics




