Dans le premier salon de Schiaparelli en Asie, on comprend vite que la plus grande force du créateur n'est pas la pure fantaisie, mais la discipline qui rend cette fantaisie intelligible
Le premier salon de Schiaparelli en Asie est niché à l'intérieur du Landmark Prince's Building et n'est accessible que sur rendez-vous. C'est un espace commercial à Hong Kong qui résiste au bruit visuel accompagnant souvent les ouvertures de luxe. Au lieu de cela, il se dévoile calmement — plus appartement privé que boutique de vente — se révélant selon ses propres conditions.
Cette retenue est frappante pour une maison synonyme de surréalisme. Mais elle touche aussi au cœur de ce qui définit Schiaparelli aujourd'hui : la tension entre fantaisie et discipline. L'esprit, l'humour et l'imagination ont toujours été au centre de la maison. Ce qui a évolué sous la direction créative de Daniel Roseberry, c'est la façon dont ces impulsions sont dotées d'un sens de la discipline et de l'intention.

Above Une ambiance boudoir illustrant comment les clientes de Schiaparelli se préparent dans la vie réelle
Conçu avec le studio d'architecture Halleroed, le salon puise dans l'esprit de l'adresse parisienne historique de Schiaparelli, place Vendôme, traduit à travers une lentille intime et domestique. L'espace est agencé pour ressembler à une suite de pièces plutôt qu'à un seul plateau ouvert : un salon devient un dressing. Les bijoux apparaissent là où l'on s'attendrait à trouver quelque chose de privé, voire personnel. Détails en trompe-l'œil, motifs célestes et références anatomiques font surface subtilement, récompensant l'attention au lieu de l'exiger. Au plafond, des illustrations dessinées à la main par Roseberry tissent le langage visuel de la maison dans l'architecture elle-même.
Lire plus : Une vie choquante ? 10 choses à savoir sur la créatrice de mode surréaliste Elsa Schiaparelli

Above Touche surréaliste : ces talons en forme de poignée de porte arborent le trou de serrure signature de Schiaparelli
Cette approche mesurée reflète la direction plus large de Roseberry pour la maison. Depuis 2019, il a affiné le langage de Schiaparelli plutôt que de l'étendre. Les références aux collaborations d'Elsa Schiaparelli avec des artistes comme Salvador Dalí et Jean Cocteau demeurent, mais elles sont éditées — intellectuelles, précises et intentionnelles. Le résultat est un surréalisme structuré.
La curation du salon renforce cette idée. Aux côtés du prêt-à-porter printemps-été 2026, l'espace présente les signatures de Schiaparelli : coupes sculpturales, tricots en trompe-l'œil, bijoux anatomiques, ainsi que les sacs Face et Secret.

Above La baignoire remplie de bijoux et de visages ; les objets sont intelligemment intégrés dans des espaces de rangement pleins d'esprit

Above Uniquement sur rendez-vous. Le salon offre un espace dédié pour que les clientes fassent leur sélection en toute intimité
Cette confiance tranquille explique pourquoi Hong Kong a été choisi pour le premier salon asiatique de Schiaparelli. C'est une ville qui maîtrise le luxe codé : la discrétion signale la profondeur, et la connaissance compte plus que l'étalage. Ce que Schiaparelli offre ici n'est pas une immersion pour le plaisir de l'immersion. C'est quelque chose de plus retenu : un lieu où la fantaisie est maîtrisée par la rigueur, et où l'imagination semble plus affûtée car elle n'est pas surexpliquée.




