Daniel Wong prouve que seule une maîtrise absolue de son corps et de sa vie permet de rester au “sommet de sa forme” dans le marathon de l'existence.
Pour définir Daniel Wong, “sauvage” est peut-être le premier mot qui vient à l'esprit. En tant que designer principal des imprimés chez Versace, ses motifs ont conquis les Fashion Weeks de Milan et Paris ; il a créé les stupéfiantes chaussures tatou pour le clip Bad Romance de Lady Gaga et a supervisé les costumes de sa tournée mondiale. On imagine volontiers sa vie immergée dans des soirées scintillantes.
Pourtant, ce designer d'origine chinoise troque la haute couture pour une combinaison de triathlon moulante, se plaçant dans le “groupe de la mort” le plus compétitif du triathlon à Taïwan. Consacrant 16 à 18 heures par semaine à un entraînement de haute intensité, il lutte contre les meilleurs athlètes amateurs, se défiant constamment dans le marathon de la vie !

Above L'autodiscipline extrême n'est pas une punition, mais un rituel pour “redémarrer le cerveau”. (Photo : James Lin)
D'emblée, pour Daniel Wong, l'autodiscipline extrême n'est pas une ascèse, mais un rituel pour “redémarrer le cerveau”, voire une bouée de sauvetage dans l'océan de la vie. L'entendre prononcer “Si tu sors jouer, tu dois payer”, une philosophie proche du karma, est saisissant.
On peut faire la fête plus fort que n'importe qui, mais l'entraînement doit commencer à l'heure. Il transforme la douleur et le dialogue intérieur des 113 kilomètres de course en carburant pour son travail, menant son entreprise à résoudre des problèmes par le design. Des créations les plus sauvages à l'entraînement le plus discipliné, Daniel Wong prouve que seule une maîtrise absolue de son corps et de sa vie permet de rester éternellement au “sommet de sa forme”.
Tout a commencé il y a sept ou huit ans. Alors qu'il approchait la trentaine, poussé par des amis, il est entré par hasard dans le monde du triathlon. Se remémorant le choc de sa première ascension du mont Yangming à vélo, Daniel admet avec un sourire amer : “Souvent, je ne pensais qu'à rentrer chez moi !” Mais après la douleur est venue la découverte de la beauté de la nature et le sentiment d'accomplissement, l'incitant à remonter en selle et à courir encore et encore.
Le temps se crée

Above En pleine saison, il doit trouver 16 à 18 heures pour s'entraîner chaque semaine. (Photo : Daniel Wong)

Above Le sport n'est pas une vie d'ascète ennuyeuse, mais une façon d'équilibrer la vie et de débattre avec soi-même. (Photo : Daniel Wong)
Pour Daniel Wong, le sport n'est certainement pas une vie monacale ennuyeuse, mais plutôt un mode de vie équilibré. Beaucoup utilisent le manque de temps comme excuse, mais il déclare sans détour : “Le temps, c'est vous qui le créez.”
En pleine saison, il doit trouver 16 à 18 heures d'entraînement par semaine, ce qui signifie chercher chaque opportunité dans les interstices de la vie. Il a essayé de sacrifier son sommeil, sans succès, et a donc ajusté son emploi du temps, préférant dormir un peu plus avant de s'entraîner : “Je peux organiser ma journée pour dormir sept heures et m'entraîner trois heures. Tout dépend de votre organisation, l'essentiel est d'avoir la volonté de tout accomplir.” Cette persévérance lui a permis de rejoindre le “groupe de la mort” du triathlon taïwanais, la catégorie des 35-40 ans : “C'est le groupe le plus fort et le plus féroce du triathlon à Taïwan.”
Même face à ces adversaires quasi-professionnels, il a décroché la troisième place de sa catégorie lors d'une compétition ; l'année suivante, bien que sixième, il a réalisé son meilleur temps personnel. Ces résultats ne sont pas que des médailles, ils sont la meilleure preuve pour briser le stéréotype du designer qui “fait la fête toute la nuit et ne fait pas de sport”.
La dialectique de la douleur : l'effort n'est pas le contraire du bonheur

Above Cette capacité à transformer la douleur en joie influence également son état d'esprit au travail. (Photo : Daniel Wong)

Above Qu'il s'agisse d'un semi-ironman de 113 km ou d'un grand projet de design, tout repose sur une “planification” précise. (Photo : Daniel Wong)
Beaucoup associent le triathlon à la souffrance. Mais avec l'accumulation de l'entraînement, Daniel Wong a une toute nouvelle interprétation de cette “douleur” que la plupart des gens évitent : “Je pense que le mot 'fatigué' a une connotation très négative. C'est certes fatiguant et dur, mais l'effort est-il le contraire du bonheur ? Non !” Sur la piste, quand l'acide lactique envahit les cuisses et que l'énergie s'épuise, là où la plupart ressentent une torture, Daniel extrait de la joie : “L'effort peut aussi être joyeux ! Vous me demandez si je ne suis pas fatigué ? Je ne suis pas un dieu, je suis épuisé, mes jambes font mal, mais je suis heureux, super heureux.” Cette capacité à transformer la douleur en joie influence aussi son travail. Il compare un grand défilé de mode à un triathlon : les deux nécessitent des mois de préparation et une équipe immense, des coachs et masseurs aux éclairagistes et mannequins. “Comme en compétition, chaque jour quelqu'un vous aide. Tout le monde est là pour vous aider à réaliser une belle performance le jour J.”
Qu'il s'agisse d'un semi-ironman de 113 km ou d'un vaste projet de design, ce n'est pas seulement le physique qui compte, mais une “planification” précise. Daniel analyse : “Le triathlon est un sport fortement lié au cerveau et à la planification.” En course, il faut calculer calmement quand se ravitailler et quand s'économiser. “Rattraper quelqu'un maintenant ne signifie pas qu'il ne vous rattrapera pas plus tard. Vous devez penser à votre propre condition et à ce que vous pouvez donner.” Cela correspond à la philosophie de son agence de design, Jollify : clarifier les problèmes par le design et planifier des stratégies pour résoudre les difficultés des clients, “We fix things with design”.
Chacun devrait poursuivre son “meilleur état”

Above Lorsque vous êtes confiant dans votre condition physique, cette énergie influence naturellement vos performances professionnelles et vos relations, vous illuminant de l'intérieur. (Photo : James Lin)
Pourquoi s'infliger une telle fatigue ? Pourquoi chercher la limite ? Pour Daniel Wong, la réponse est séduisante : pour vivre cet état de pic nommé “Euphoria” (euphorie) !
À 38 ans, grâce à un régime strict et un entraînement rigoureux, il a réduit sa graisse corporelle à environ 11% et pouvait courir à une allure de quatre minutes par kilomètre sans effort. “À cette époque, j'étais fort, pas juste fort normalement, je pouvais courir à 4'15” facilement.” Il se souvient de cette période comme du moment le plus “Fit” de sa vie, surpassant même sa forme de basketteur plus jeune. “Je pense que chacun devrait ressentir cet état au moins une fois dans sa vie.” Ce conseil sérieux de Daniel suggère que, que l'on ait 25 ou 30 ans, chacun devrait se fixer un objectif : “C'est un sentiment très valorisant (Empowering), on se sent bien, dans un état d'Euphoria.” Lorsque vous avez confiance en votre état, cette énergie affecte naturellement votre travail et vos relations, vous faisant rayonner.
Le courage d'une coupe de champagne pour se fixer un objectif

Above Désormais, **Daniel Wong** ne se bat plus seulement pour le classement, mais surtout pour “profiter” du processus et de l'expérience. (Photo : Daniel Wong)
Avec l'investissement de Daniel Wong, nous étions curieux de savoir si cette passion était contagieuse. Au début, seul un bon ami partageait son engouement ; ils formaient une “minuscule” équipe cycliste, se motivant l'un l'autre pendant trois ans. Petit à petit, cette atmosphère a gagné l'entreprise et les amis alentour. “Maintenant, toute l'entreprise court aussi, mais je n'ai forcé personne, j'ai juste proposé le choix.” Pour ceux qui hésitent encore, la méthode de Daniel pour les convaincre est pleine d'humour et d'action : “On va dîner avec des amis, on boit quelques coupes de champagne, et je les inscris !” Il partage son secret en riant : “Il faut un peu de courage liquide (Liquid Courage), quand on est un peu éméché, on s'inscrit courageusement. Une fois inscrit, la vie s'améliore, on a un objectif.”
Aujourd'hui, Daniel ne se bat plus seulement pour le classement, mais pour “profiter” du processus, un point qu'il a souvent mentionné lors de l'entretien. Avec ses amis cyclistes, il prévoit même d'aller au célèbre Mont Ventoux en France pour une “Coffee ride”. De novice sans vélo à triathlète aguerri, Daniel Wong prouve par sa sueur qu'il n'y a pas de limites dans la vie, seulement le premier pas que l'on accepte de faire.
Comme il le dit : “Ce sera certainement fatiguant et dur, mais je garantis qu'après chaque course, vous serez heureux.” C'est la philosophie de vie de Daniel Wong : l'autodiscipline dans la folie, le bonheur dans la douleur. Chaque défi est pour une meilleure version de soi. Cela sonne comme une motivation générée par IA ? Essayez par vous-même !
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