Des circuits automobiles aux vagues, en passant par les tatamis de jiu-jitsu, Putera Adam, Zara Azlan et Lucas Santiago Wehle incarnent une nouvelle génération qui redéfinit le sport en Malaisie.
C’est un samedi matin paisible au studio. Entre les ajustements d’éclairage et les portants de vêtements, Zara Azlan, Putera Adam et Lucas Santiago Wehle patientent, échangeant des sourires polis et quelques mots doux entre deux prises. Au premier abord, ils semblent légèrement réservés, s’habituant progressivement à l’attention qui leur est portée.
Ce n’est que plus tard, au fil de la conversation, que l’ampleur de leur engagement se révèle.
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L’une consacre ses journées à la préparation de compétitions internationales de jiu-jitsu avec la rigueur d’une professionnelle chevronnée. Un autre pilote des voitures GT valant plusieurs millions de ringgits sur des circuits internationaux tout en conciliant ses études à Londres. Le troisième s’entraîne entre le Portugal et Bali, domptant les vagues à travers les continents avec l’objectif de représenter la Malaisie sur la scène mondiale du sport.

Above Zara, Putera et Lucas hissent le sport malaisien vers de nouveaux sommets et arènes internationales.
Longtemps, l’image du sport en Malaisie a été façonnée par des disciplines familières — courts de badminton, stades de football et espoirs olympiques portant les attentes nationales. Mais des athlètes comme Zara, Putera et Lucas incarnent une nouvelle ère : une génération émergente qui redéfinit le potentiel du sport malaisien.
Fille de l’ancien joueur de squash national Azlan Iskandar, Zara a toujours baigné dans cet univers. Son parcours en jiu-jitsu a débuté par inspiration auprès de sa sœur, avant de se transformer en une véritable passion. “Ce qui m’a poussée à persévérer, c’est le plaisir de l’entraînement et l’esprit de camaraderie avec mes amis”, confie-t-elle. Des années plus tard, ce plaisir a évolué vers des exigences bien plus élevées : séances intenses, compétitions mondiales et la pression inhérente au statut d’athlète de combat prometteuse.

Above Zara représente brillamment la Malaisie, ayant récemment remporté l’or à l’Asia Jiu Jitsu Cup 2026.
Pourtant, au-delà des médailles, c’est une jeune femme pleine de sérénité qui évoque sa discipline. “Le jiu-jitsu est un puzzle en perpétuel mouvement”, explique-t-elle, décrivant la nature technique et stratégique d’un sport qui exige autant d’intelligence que d’instinct.
Son ascension n’a pas été exempte d’obstacles. “Le chemin n’a pas toujours été facile”, avoue-t-elle. “Je pense que toutes mes défaites m’ont forcée à repenser ma stratégie et à prendre mon entraînement encore plus au sérieux.”
Cette capacité à grandir dans l’épreuve est devenue centrale dans le développement de Zara, autant comme athlète que comme compétitrice apprenant à dompter la pression. Sa mère, l’entrepreneuse Yiulin, a été le témoin privilégié de cette transformation. “C’est un entraînement quotidien, durant des heures, mais elle aime cela”, explique-t-elle. “Elle a véritablement tracé la voie pour de nombreux sportifs malaisiens.”
D’une certaine manière, le succès de Zara reflète l’émergence discrète de sports de niche en Malaisie, où les jeunes athlètes construisent leurs carrières en dehors des systèmes traditionnels. Malgré ses accomplissements, elle privilégie l’esprit communautaire. “Je souhaite que davantage d’amis connaissent la victoire”, dit-elle. Selon Yiulin, cet état d’ésprit a toujours caractérisé sa fille : “Elle aspire à ce que ses camarades deviennent eux aussi des champions du monde.”
Représenter son pays est une source d’énorme fierté. “Porter ce drapeau malaisien et ramener l’or… c’est très inspirant”, réfléchit Zara. Un sentiment qui transcende le sport : la visibilité est tout aussi cruciale que la victoire pour cette génération.
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Above Putera est entré dans l’histoire en devenant le premier Malaisien et Asiatique à remporter le championnat Lamborghini Super Trofeo Europe Pro.
Pour Putera Adam, le sport automobile n’a jamais été une simple question de vitesse. C’était une obsession. “Dès le premier jour, je suis tombé amoureux de ce sport”, raconte-t-il, se remémorant son introduction à la course par son père. Aujourd’hui, il concourt à l’échelle internationale en GT, pilotant des machines haute performance tout en équilibrant les pressions de ses études à l’étranger.
Le glamour associé au sport automobile s’estompe vite face à la réalité décrite par Putera. “C’est un domaine qui exige des investissements considérables”, explique-t-il. “Les coûts liés à une seule journée sur circuit sont immenses.”
La marge d’erreur est inexistante. “Une seule erreur et c’est l’accident total”, dit-il sobrement. En course, l’instinct est une question de survie. “C’est presque tout ce qui compte.”
Avant chaque course, il observe un rituel presque religieux. “Quarante minutes avant le départ, je bois toujours un espresso”, dit-il en riant. “Juste avant d’entrer dans la voiture, je visualise mon pilotage. Enfin, je fais une prière. Cela calme les nerfs.”
Malgré les circuits internationaux, Putera reste profondément attaché à ses racines. “Je suis très patriotique, et où que j’aille, je suis fier de dire que je suis Malaisien”, confie-t-il. “Parfois, les gens ignorent où se trouve la Malaisie, mais c’est une fierté immense.”
Cette responsabilité dépasse sa propre carrière. Putera est conscient des obstacles rencontrés par les jeunes talents locaux dans un sport exigeant un soutien financier massif. “Beaucoup de talents malaisiens restent dans l’ombre”, déplore-t-il. “Avec une structure et une formation adéquates, nous serions capables de rivaliser avec les meilleurs mondiaux.”

Above Lucas porte un pull vert HUGO, une veste texturée A|X et un jean SANDRO. Putera porte une chemise bleue à imprimé floral, une veste rayée A|X et un pantalon de jogging gris. Zara porte un ensemble en jean bleu et des bottines noires de chez SANDRO.
C’est pourquoi il envisage déjà l’après-carrière. “Plus tard, je veux créer une voie structurée pour le développement des jeunes pilotes.” Une vision portée par l’ambition et le désir de léguer un héritage à la prochaine génération de sportifs.
Pour Lucas Santiago Wehle, le surf a d’abord été synonyme de liberté. “Au début, c’était juste pour le plaisir”, admet-il. “Je n’avais pas de but précis avant de découvrir ce sport.”
Désormais, sa vie gravite autour des vagues, des compétitions et de voyages vers les destinations de surf les plus renommées. Malgré les exigences de la compétition, Lucas parle de sa passion avec émerveillement. “Ce que je préfère, c’est que chaque session offre une expérience inédite. Les vagues ne sont jamais identiques deux fois.”
Cette imprévisibilité rend le surf extrêmement exigeant mentalement. “Les conditions changent sans cesse”, explique-t-il. “Être fort mentalement et tactiquement vous mènera souvent plus loin qu’un simple talent naturel.”
Le surf compétitif repose sur la patience et l’audace. “C’est un sport où la chance joue un rôle clé. Il faut être prêt à performer à l’instant T car les opportunités sont rares.”
La pression est une sensation qu’il a appris à apprécier. “J’aime cette attente. Une fois dans ma série, je bascule dans un état de fluidité où l’adrénaline prend le dessus. Je ne réfléchis plus, je me fie uniquement à mon instinct.”

Above Lucas représentera la Malaisie lors des Jeux asiatiques de 2026.
L’un des moments forts de sa jeune carrière fut sa qualification pour les Jeux asiatiques. “Obtenir ce ticket pour mon pays a été un rêve devenu réalité”, dit-il. “Regarder le drapeau sur ma planche m’inspire profondément.”
Comme Zara et Putera, Lucas considère ses succès comme une victoire collective. “J’aimerais voir un système en place, un soutien concret pour tous les jeunes surfeurs malaisiens, offrant des chances égales à chacun.”
Pour ces athlètes, l’avenir du sport malaisien ne suivra peut-être pas les voies traditionnelles, mais s’écrira plutôt sur les vagues, les circuits et dans les salles d’arts martiaux, où ils tracent leurs propres chemins. Ensemble, ils redéfinissent l’identité du sport malaisien sur la scène mondiale.
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Credits
Photography: Tommi @ Blink Studio
Styling: Sarah Saw
Make-Up: Ling Chong
Hair: Nicole Ng




