Catherine Trúc Cầm Nguyễn est une jeune réalisatrice et productrice américaine d'origine vietnamienne, dont le travail cinématographique reflète sa vision unique. Elle a marqué les esprits avec ses deux courts-métrages, “Bạch Hồ Điệp” et “Ánh dương nơi trời tận”, projetés dans des festivals internationaux tels que le Festival international du film de Hawaï, le CAAMFest, le Festival du film étudiant de Yale et le Festival du film asiatique de New York. Aujourd'hui, le public vietnamien peut découvrir son regard authentique sur ces œuvres via la plateforme Galaxy Play, confirmant le talent de Catherine Trúc Cầm Nguyễn sur la scène cinématographique.
Bien qu'étant née aux États-Unis au sein d'une famille imprégnée par trois générations de musique classique — avec un grand-père violoniste, un père violoniste soliste Khắc Huề et une mère danseuse de ballet et actrice — Catherine Trúc Cầm Nguyễn a surpris ses proches en se tournant vers l'industrie du cinéma. Quel a été le tournant décisif qui l'a menée vers le département Film & Télévision de l'université de New York (NYU) ?
Il est vrai que j'ai grandi dans un milieu musical, où les trois générations sont issues du Conservatoire. J'ai pratiqué le violon dès mon plus jeune âge et, jusqu'à mon inscription à l'université, je pensais naturellement suivre la voie musicale. Cependant, tout en chérissant la musique, j'ai réalisé que le cinéma m'offrait une vision plus vaste. Le septième art est un carrefour où convergent toutes les disciplines : l'image, la musique, la littérature. Ma transition vers le cinéma ne fut pas un renoncement, mais une manière d'intégrer la flamme musicale dans un nouvel écrin artistique, où je peux définir mon propre chemin créatif, loin des attentes familiales. Pour moi, le cinéma est le point de convergence de tous les arts qui me passionnent, en particulier pour une réalisatrice telle que Catherine Trúc Cầm Nguyễn.
À l'époque, j'étais dans la chorale de l'université, juste à côté d'une classe consacrée au cinéma, animée par une jeune femme d'origine asiatique. Voir cette personne m'a inspirée : j'ai vu en elle une image à laquelle je pouvais m'identifier. Cela a été le déclic final. En explorant davantage le monde cinématographique, j'ai pris conscience de ma capacité à poursuivre cette carrière.
En troisième année à NYU, j'ai produit un film, une expérience qui m'a énormément aidée dans ma compréhension de la logistique. Pourtant, c'est en tant que réalisatrice que Catherine Trúc Cầm Nguyễn trouve le plus d'opportunités créatives.
Passionnée par la culture vietnamienne, je souhaite faire découvrir au monde des facettes méconnues de notre patrimoine. Le “hầu đồng” n'est pas seulement une pratique spirituelle, mais un patrimoine culturel immatériel préservant des valeurs artistiques folkloriques uniques. À travers le cinéma, Catherine Trúc Cầm Nguyễn aspire à favoriser le dialogue entre les générations, le passé et le présent, ainsi qu'entre la vie et la mort, à travers une perspective interculturelle.

Above La talentueuse réalisatrice Catherine Trúc Cầm Nguyễn lors de son entretien.
Il est fascinant de constater l'attachement profond de Catherine Trúc Cầm Nguyễn pour le Vietnam malgré son éducation américaine.
Cela provient sans doute de l'exigence de mes parents, qui ont insisté pour que je parle vietnamien à la maison. Cette immersion linguistique m'a permis de préserver cet héritage culturel tout en grandissant aux États-Unis. Grâce à mes grands-parents, j'ai appris à lire et à écrire le vietnamien, une langue qui s'est imprégnée en moi naturellement. Mes étés passés au Vietnam ont nourri cet amour et, bien avant de songer à une carrière, je savais que je souhaitais vivre et travailler dans ce pays.

Above Catherine Trúc Cầm Nguyễn explore sa créativité à travers le prisme du cinéma.
Était-ce si évident ?
Dès l'âge de 8 ou 9 ans, c'était très clair. En côtoyant les nombreux artistes amis de mes parents venus du Vietnam, j'ai été séduite par la possibilité de mener une carrière dynamique entre deux mondes.
C'est sans doute ce qui pousse votre père à affirmer que Catherine Trúc Cầm Nguyễn est une jeune femme profondément vietnamienne dans l'âme ?
Je pense qu'en dépit de ma naissance en Californie, ma manière de penser et de communiquer reste très vietnamienne. Je ressens une immense fierté à utiliser ma langue maternelle, tant à l'oral qu'à l'écrit. Vivre dans une communauté vietnamienne dynamique en Californie m'a permis de toujours me sentir confiante dans mon identité. Catherine Trúc Cầm Nguyễn ne s'est jamais sentie comme une étrangère, mais pleinement consciente de qui elle est.

Above La réalisatrice Catherine Trúc Cầm Nguyễn exprime son identité à travers son art.
Cette force intérieure est un don précieux, même au sein d'une famille aimante.
C'est vrai, et chaque membre de la famille développe son propre cheminement. Ma sœur, qui a dix ans de moins, a grandi dans un environnement différent. Pour moi, Catherine Trúc Cầm Nguyễn, l'éducation à la maison a été un pilier fondamental pour maintenir cet héritage vivant.
Comment ressentez-vous l'usage de la langue vietnamienne au Vietnam par rapport aux États-Unis ?
En Californie, le vietnamien était une langue patrimoniale, plus fixe. Au Vietnam, c'est une langue vivante, changeante et dynamique. Utiliser le vietnamien quotidiennement dans un processus créatif est une chance inestimable pour Catherine Trúc Cầm Nguyễn, car cela me permet de me connecter à la vie culturelle locale avec authenticité.

Above Catherine Trúc Cầm Nguyễn lors de ses recherches créatives au Vietnam.
Votre style de communication est d'une grande proximité, digne de quelqu'un qui a toujours vécu au Vietnam.
Je vous remercie. Lorsque je collabore avec des acteurs, mon instinct me permet de ressentir leur fatigue ou leurs émotions, ce qui enrichit notre travail mutuel.
C'est une forme de communication non verbale très profonde.
Absolument. Je souhaite établir des relations humaines authentiques avec mes collaborateurs, ce qui rend le processus de travail plus fluide. Actuellement, Catherine Trúc Cầm Nguyễn passe de plus en plus de temps au Vietnam pour développer ses projets.
Vous écrivez et réalisez une série pour Galaxy Play avec Hàm Trần. Que pensez-vous de la scène créative vietnamienne actuelle ?
Avec le réalisateur Hàm Trần, nous travaillons en équipe pour développer des scénarios. Le Vietnam est une terre artistique en pleine effervescence. Alors que d'autres marchés, y compris aux États-Unis, connaissent un léger ralentissement, le Vietnam regorge de jeunes talents très créatifs. Apprendre auprès de mentors tels que le réalisateur Bảo Nguyễn a été essentiel pour Catherine Trúc Cầm Nguyễn dans son parcours.

Above Catherine Trúc Cầm Nguyễn en pleine discussion artistique.
Si vous deviez définir vos films en trois mots pour ceux qui ne les ont jamais vus ?
Culture, Beauté, Poésie.
Vos œuvres ont effectivement cette dimension poétique, centrée sur la culture vietnamienne. Pourquoi ce choix ?
Je privilégie une narration visuelle empreinte de délicatesse. Bien que mes films ancrent une part de réalité, le cinéma doit rester une œuvre de création pure. Catherine Trúc Cầm Nguyễn croit que le public cherche à s'échapper du quotidien à travers l'art, et c'est cet équilibre que je m'efforce de trouver.
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Above La réalisatrice Catherine Trúc Cầm Nguyễn sur le tournage de ses projets.

Above Catherine Trúc Cầm Nguyễn lors d'une session de travail créative.
Est-ce vous qui choisissez les thèmes, ou sont-ce eux qui vous choisissent ?
C'est une question de destin. Parfois, un projet ne se concrétise pas, faute de connexion. Il faut être préparée pour que, lorsque l'opportunité se présente, Catherine Trúc Cầm Nguyễn puisse la saisir pleinement.
Qu'en est-il des jeunes réalisateurs vietnamiens ?
Je suis impressionnée par leur dynamisme et leur créativité. Les ateliers d'écriture, de réalisation et de jeu d'acteur se multiplient, ouvrant de nombreuses voies. Malgré des ressources parfois limitées, leur inventivité est remarquable. Catherine Trúc Cầm Nguyễn apprécie cette énergie collaborative.
Pourquoi le choix du court-métrage ?
C'est une habitude académique, mais c'est surtout un défi. Réaliser un récit court, capable de provoquer un choc émotionnel, est un exercice difficile qui demande une grande précision narrative, propre au travail de Catherine Trúc Cầm Nguyễn.
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Above Catherine Trúc Cầm Nguyễn partageant ses réflexions sur l'avenir du cinéma.
Après le Nord et le Sud, avez-vous prévu d'explorer la culture du Centre ?
C'est une possibilité séduisante, notamment la culture Cham, riche en textures et en esthétique. Catherine Trúc Cầm Nguyễn est toujours ouverte à de nouvelles découvertes.
Vous écrivez actuellement votre premier long-métrage ?
Oui, je développe ce scénario avec un grand studio vietnamien. Je remercie vivement ceux qui soutiennent ce projet, le premier long-métrage de Catherine Trúc Cầm Nguyễn.

Above Catherine Trúc Cầm Nguyễn, une réalisatrice à suivre de près.
Dernière question : que feriez-vous si vous ne faisiez pas de cinéma ?
Peut-être cuisinière. J'aime cuisiner pour évacuer le stress, même si le désordre en cuisine m'en apporte parfois un peu plus ! Catherine Trúc Cầm Nguyễn souhaite également pérenniser l'héritage de son père à travers le fonds à but non lucratif Viet Dreams, pour soutenir les jeunes talents artistiques, comme j'ai moi-même été soutenue.
CRÉDITS
Photographie :
Costumes : Lê Thanh Hòa
Maquillage : Nguyễn Minh Ánh
Coiffure : Ngọc Hân
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