It's Okay to Not Be Okay
Cover Ces looks beauté perdurent car ils sont ancrés dans le personnage, l'ambiance et le moment. (Photo : tvN)
It's Okay to Not Be Okay

La beauté dans les K-dramas ne se résume pas à la peau de verre. Des sourcils arqués au rouge à lèvres sang, ces looks beauté montrent que le maquillage en Corée est désormais un outil de développement des personnages

Les K-dramas ont toujours compris que la beauté est narrative, pas décorative. Une nuance de rouge à lèvres peut signaler une classe sociale ; l'eye-liner peut se durcir à mesure que le pouvoir se consolide ; une peau nue peut être lue comme de l'innocence ou de l'épuisement selon la scène. Alors que beaucoup d'attention a été portée à l'esthétique épurée et lumineuse de la Corée, le média a aussi produit des moments d'excès, d'abrasion, d'innocence et d'étrangeté totale—des choix qui persistent plus longtemps que les rebondissements de l'intrigue. Voici une sélection de looks beauté qui n'ont pas seulement flatté l'acteur mais façonné le personnage, l'ambiance et, parfois, les tendances mondiales. Certains ont été copiés obsessionnellement ; d'autres ont fonctionné précisément parce qu'ils résistaient à l'imitation.

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1. Jun Ji-hyun dans “My Love From the Star” (2013)

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My Love From a Star
Above Une actrice célèbre tombe amoureuse d'un extraterrestre qui vit discrètement sur Terre depuis des siècles (Photo : IMDB)
My Love From a Star

La beauté de Jun Ji-hyun dans ce drame a été conçue pour la répétition : lèvres corail floutées, joues doucement sculptées et des cheveux qui ne semblaient jamais coiffés mais soigneusement entretenus. En tant que Cheon Song-yi, une actrice de premier plan dont la vie se déroule en gros plan, son maquillage privilégie la reconnaissance instantanée à la réinvention. Les dégradés de lèvres—souvent associés à des manteaux surdimensionnés et des cols exposés—sont devenus une liste de courses du jour au lendemain, particulièrement en Chine et en Asie du Sud-Est. Ce qui est frappant, c'est le peu de maquillage des yeux qu'elle porte pour quelqu'un jouant une superstar ; l'accent reste sur la peau et la bouche, gardant son visage lisible même dans les extrêmes émotionnels. Face à la retenue visuelle de Do Min-joon (Kim Soo-hyun), son look souligne comment la célébrité dans le drame opère par la visibilité plutôt que par la transformation.

2. IU dans “Hotel Del Luna” (2019)

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Hotel del Luna
Above La propriétaire immortelle d'un hôtel pour fantômes traverse les siècles, tout comme sa garde-robe (Photo : IMDB)
Hotel del Luna

C'est ici que la beauté des K-dramas devient opératique. Le maquillage d'IU change non seulement par épisode mais par température émotionnelle : lèvres tachées de vin pour l'amertume, yeux bronze fumés pour la séduction, ombre rouge laquée lorsque la vengeance s'aiguise. Ses sourcils sont souvent plus forts que prévu, ancrant des looks autrement théâtraux pour qu'ils ne s'envolent pas dans la fantaisie. Le drame traite le maquillage comme un costume d'époque—rouges Joseon, prune des années 1930, brillant moderne—sans jamais l'adoucir pour le rendre accessible. Ce sont des looks beauté conçus pour être regardés, pas portés, et c'est exactement pour cela qu'ils ont fonctionné.

3. Kim Tae-ri dans “Revenant” (2023)

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Revenant
Above Dans “Revenant”, Kim Tae-ri a opté pour l'audace plutôt que la beauté, créant un look saisissant (Photo : IMDB)
Revenant

Dans Revenant, la beauté de Kim Tae-ri est délibérément troublée. Sa peau est souvent pâle, ses yeux cernés de fatigue, ses cheveux laissés lâches de manière incontrôlée plutôt que romantique. Les choix de maquillage penchent vers l'épuisement et la peur plutôt que l'amélioration—dessous des yeux assombris, couleur aplatie, un sentiment d'épuisement physique. Le look résiste à la désirabilité et souligne plutôt l'érosion psychologique. Il est rare qu'un K-drama laisse un rôle principal féminin paraître vraiment hanté, et encore plus rare que ce soit le but.

4. Seo Ye-ji dans “It’s Okay to Not Be Okay” (2020)

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It's Okay to Not Be Okay
Above Une auteure de livres pour enfants aux tendances antisociales rencontre un soignant en psychiatrie (Photo : tvN)
It's Okay to Not Be Okay

Ce drame nous a offert l'une des silhouettes beauté les plus pointues de mémoire récente. Les sourcils arqués de Seo Ye-ji et ses lèvres mates et redessinées s'adoucissent rarement, même dans les moments de vulnérabilité. Son eye-liner pointe vers le haut, son blush reste contrôlé et ses cheveux paraissent coûteux plutôt que romantiques. Ces looks beauté iconiques n'invitent pas à l'empathie ; ils imposent une distance. Dans un genre qui rachète souvent les personnages féminins par la douceur visuelle, ce refus semblait délibéré—et discrètement subversif.

5. Song Hye-kyo dans “The Glory” (2022)

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The Glory
Above Une femme revient des années plus tard pour démanteler la vie de ceux qui l'ont brutalisée (Photo : IMDB)
The Glory

Ce n'est pas une histoire de transformation classique. Le maquillage de Song Hye-kyo est drainé, exigeant et parfois troublant—peau cendrée, lèvres pressées jusqu'à l'invisibilité quasi totale, yeux juste assez cernés pour suggérer l'insomnie plutôt que le chagrin. Lorsque la couleur apparaît, elle atterrit avec une précision chirurgicale. La beauté ici refuse la catharsis ; elle reflète un personnage qui a effacé l'émotion de son visage. C'est l'une des utilisations les plus disciplinées du maquillage dans l'histoire récente des K-dramas.

6. Bae Suzy dans “Anna” (2022)

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Anna
Above Une femme se forge une autre vie par le mensonge et continue sur cette lancée (Photo : IMDB)
Anna

La transformation de Bae Suzy pour Anna repose sur le raffinement. Les premières scènes privilégient une translucidité juvénile—lèvres brillantes, cheveux lâchés, définition minimale des yeux. À mesure que ses mensonges s'empilent, la structure aussi : contouring plus net, tons de lèvres plus froids, cheveux tirés en arrière avec une autorité silencieuse. Rien n'est tape-à-l'œil, mais tout se resserre. L'effet est cumulatif, montrant comment la beauté peut fonctionner comme une armure sociale plutôt que comme une expression de soi.

7. Shin Min-a dans “Hometown Cha-Cha-Cha” (2021)

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Hometown Cha Cha Cha
Above Une dentiste de Séoul s'installe dans un village balnéaire et recalibre sa vie (Photo : IMDB)
Hometown Cha Cha Cha

À première vue, cela ressemble à une autre entrée dans la tendance “clean-girl”—mais faites attention. Le maquillage de Shin Min-a penche vers le touché par le soleil plutôt que vers l'humide : taches de rousseur visibles, teintes corail qui s'estompent inégalement, cheveux qui bougent avec le temps plutôt que de lui résister. La beauté n'esthétise pas la vie rurale ; elle s'y adapte. Au fil du temps, son look se relâche, non pour signaler la romance, mais le confort. C'est un rare exemple où le maquillage reflète autant la géographie que l'émotion.

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8. Kim So-yeon dans “The Penthouse” (2020-2021)

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Penthouse
Above Une diva de l'opéra se hisse au sommet du complexe résidentiel d'élite le plus impitoyable de Séoul (Photo : IMDB)
Penthouse

Le visage de Cheon Seo-jin (Kim So-yeon) est construit comme un panneau d'avertissement. L'eye-liner est lourd et imperturbable, les sourcils nettement relevés en accusation permanente, les lèvres saturées de rouges et de vins qui ne s'effacent jamais—même lorsque le personnage s'effondre. Ce qui est frappant, c'est son refus de s'adoucir. Dans les scènes de chute ou d'humiliation, son maquillage reste intact, presque provocant, comme si le glamour lui-même était une forme de contrôle qu'elle refuse d'abandonner. Le look reflète l'excès de la série : opératique, implacable et artificiel sans excuse. Ce n'est pas une beauté destinée à humaniser ; elle est destinée à dominer le cadre. Dans The Penthouse, le maquillage ne suit pas la vulnérabilité—il suit le pouvoir, et Kim So-yeon le porte comme une couronne.

9. Go Min-si dans “The Frog” (2024)

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The Frog
Above Une femme piégée dans un environnement émotionnellement étouffant où rien n'est tout à fait ce qu'il semble être (Photo : IMDB)
The Frog

La beauté de Go Min-si est ici définie par la soustraction. Sa peau est laissée pâle et légèrement inégale, les lèvres vidées de pigment, les yeux nus au point de l'inconfort. Il n'y a pas d'éclat, pas de polissage correctif. Seulement l'exposition. Les cheveux sont portés simplement, souvent tirés en arrière ou laissés sans coiffure, renforçant le sentiment que le personnage existe dans un état de vigilance constante. L'effet est discrètement déstabilisant. Ce n'est pas un maquillage “naturel” au sens Instagram ; c'est un maquillage conçu pour refuser le soulagement. Le drame utilise son visage comme une surface psychologique—chaque ombre sous l'œil se lit comme de l'épuisement plutôt que du glamour. C'est l'un des rares looks de K-drama qui refuse d'esthétiser le traumatisme, optant plutôt pour quelque chose de plus proche de l'abrasion émotionnelle.

10. Kim Tae-ri dans “Mr Sunshine” (2018)

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Mr Sunshine
Above Une noble devenue tireuse d'élite navigue dans la Corée de l'époque coloniale sous couvert de raffinement (Photo : IMDB)
Mr Sunshine

La beauté de Kim Tae-ri dans Mr Sunshine est faussement retenue. À première vue, son maquillage semble minimal—sourcils doux, lèvres atténuées, yeux à peine maquillés—mais cette retenue est stratégique. Alors que Go Ae-shin oscille entre décorum public et rébellion privée, le maquillage reste stable, laissant ses expressions faire le travail. Le contraste devient le point central : le visage propre et composé associé à des mains stables sur un fusil. L'approfondissement occasionnel de la couleur des lèvres ou l'aiguisement du regard coïncide avec des moments de résolution plutôt que de romance. Le look ne romantise jamais l'époque ; il l'ancre. La beauté ici est une question de discipline, pas de douceur ; un écho visuel d'un personnage qui survit en maîtrisant la retenue dans un monde qui ne lui en offre aucune.

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Sasha Mariposa
Rédacteur collaborateur, Tatler Asia
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Sasha Lim-Uy Mariposa est une journaliste spécialisée dans l'art de vivre, reconnue pour ses articles sur la gastronomie. Basée à Manille, elle couvre également l'actualité culturelle et gastronomique, ainsi qu'un large éventail de sujets. Ancienne rédactrice numérique chez Esquire Philippines et directrice de la rédaction numérique chez Spot.ph, elle collabore désormais avec les différentes éditions asiatiques de Tatler en tant que collaboratrice pour T-Labs.