Après une année 2025 mouvementée, la LVMH Watch Week s'installe à Milan pour 2026. Au cœur de la capitale de la mode, neuf marques dont Bulgari, Louis Vuitton et TAG Heuer dévoilent leurs pièces LVMH d'exception, redéfinissant la haute horlogerie face aux défis économiques.
Souvenez-vous de l'événement initialement prévu à Los Angeles l'année dernière, annulé en raison des incendies de forêt soudains et transformé à la dernière minute en expositions dispersées entre New York et Paris. Après cette période chaotique, le groupe LVMH a choisi de déplacer cet événement inaugural de 2026 à Milan. Située au cœur de l'Europe, Milan est non seulement proche des centres horlogers suisses, mais constitue également une source d'inspiration majeure pour de nombreuses marques du groupe. Cette décision marque un retour géographique autant qu'un ancrage stratégique.
Face à un environnement macroéconomique marqué par les tensions tarifaires mondiales et la pression économique, la stratégie horlogère du groupe LVMH est claire et déterminée : “Percée vers le haut, refonte des classiques”. Cette fois, les pièces présentées incarnent une quête absolue de la Haute Horlogerie. De Louis Vuitton qui investit massivement les complications, à Hublot qui pousse l'art des matériaux à son paroxysme, en passant par la renaissance de Daniel Roth et Gérald Genta, le groupe renforce son positionnement haut de gamme pour cibler les grands collectionneurs moins affectés par les fluctuations économiques. La réponse aux temps incertains est évidente : seuls un savoir-faire ultime et un héritage de marque irremplaçable constituent une valeur refuge à travers les cycles économiques.
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Bulgari : L'ode à la gloire romaine
Si Milan incarne la mode italienne, Rome en est l'âme éternelle. Cette année, Bulgari réinterprète ses quatre piliers classiques — Monete, Tubogas, Serpenti et Lvcea — sous le thème “Art of Gold”. La pièce la plus éblouissante est sans doute la montre à secret Maglia Milanese Monete. Cette création associe pour la première fois l'élément emblématique de la pièce de monnaie antique au savoir-faire traditionnel du bracelet milanais. Le couvercle est orné d'une pièce en argent de l'empereur Caracalla (198-217 après J.-C.), monté sur un bracelet souple en or rose tressé, et abrite le mouvement miniature manufacture Piccolissimo BVP100. Avec un diamètre de seulement 13,5 mm et une épaisseur de 2,5 mm, ce mouvement permet à la montre d'épouser le poignet comme une seconde peau, affirmant la stature incomparable du “Joaillier du Temps” au sein de la galaxie LVMH.

Above La montre à secret Maglia Milanese Monete dévoile son mécanisme caché. (Photo: Bulgari)
Un autre point fort est la montre manchette Tubogas ornée de pierres de couleur et de diamants, inspirée de l'esthétique géométrique des années 1970. Ce large bracelet en or jaune utilise une structure modulaire innovante, sertissant des pierres comme la citrine, la rubellite et le péridot dans des formes géométriques soulignées par des diamants. Plus qu'une montre, c'est un véritable festin de couleurs.

Above Montre Tubogas Manchette sertie de pierres précieuses colorées et diamants. (Photo: Bulgari)
La très appréciée Serpenti Seduttori évolue également cette année, intégrant le mouvement automatique Lady Solotempo. Qu'il s'agisse de la mystérieuse version à cadran en malachite ou du modèle au luxe ultime avec bracelet entièrement pavé de diamants, Bulgari confirme une fois de plus sa suprématie dans le domaine des montres-bijoux.

Above Montre Serpenti Seduttori avec son envoûtant cadran en malachite verte. (Photo: Bulgari)

Above Montre Serpenti Seduttori dans sa version bracelet entièrement serti de diamants. (Photo: Bulgari)
Enfin, la Lvcea Notte di Luce collabore avec le maître laqueur japonais Yasuhiro Asai, superposant nacre et laque (Urushi) sur le cadran pour dépeindre des jeux d'ombre et de lumière. Une rencontre inoubliable entre les esthétiques orientale et occidentale.

Above Le maître laqueur Yasuhiro Asai et Fabrizio Buonamassa Stigliani, directeur du design Bulgari. (Photo: Bulgari)

Above Détail artistique du cadran de la montre Bulgari Lvcea Notte di Luce. (Photo: Bulgari)
Tiffany & Co. : L'ambition horlogère du roi du diamant
Pour sa deuxième participation à la LVMH Watch Week, Tiffany & Co. crée la surprise au même titre que les maisons horlogères traditionnelles. Pour célébrer le 160e anniversaire de son premier chronographe, la marque lance la nouvelle collection Tiffany Timer Chronograph. Cette édition limitée à 60 pièces en platine est propulsée par un mouvement El Primero personnalisé. Le détail le plus charmant se cache au dos : la masse oscillante est ornée d'un “Bird on a Rock” en or 18 carats. Au gré des mouvements du poignet, cet oiseau légendaire semble danser sur le mécanisme, une touche d'humour joaillier délicieusement intégrée à l'horlogerie sérieuse.

Above Montre Tiffany Timer Chronograph en platine, édition limitée à 60 pièces monde. (Photo: Tiffany & Co.)

Above Le dos révèle la masse oscillante ornée du célèbre Bird on a Rock. (Photo: Tiffany & Co.)
Par ailleurs, la collection Eternity Baguette affiche l'audace du “Roi du Diamant”. C'est la première fois que cette série adopte une lunette sertie de pierres taille baguette et intègre un mouvement automatique. Qu'il s'agisse de la version en dégradé de bleu avec topazes, émeraudes et saphirs, ou de la version purement diamant, les 12 index utilisent 12 formes de taille différentes, transformant chaque heure en une exposition de l'art lapidaire.

Above Montre Tiffany & Co. Eternity Baguette ornée de topazes bleues éblouissantes. (Photo: Tiffany & Co.)
Above Détail des tailles de pierres sur la montre Tiffany & Co. Eternity Baguette. (Photo: Tiffany & Co.)
Enfin, la montre Sixteen Stone, hommage au légendaire designer Jean Schlumberger, présente autour de son cadran en nacre de 36 mm une lunette extérieure rotative ornée de motifs “points de croix” en diamants, traduisant parfaitement la fluidité de la joaillerie en un garde-temps.

Above Montre Tiffany & Co. Sixteen Stone rendant hommage à Jean Schlumberger. (Photo: Tiffany & Co.)
Louis Vuitton : La renaissance de la haute horlogerie
Si Louis Vuitton testait les eaux de la haute horlogerie ces dernières années, 2026 marque une accélération fulgurante. Sous la direction de Jean Arnault, la collection Escale connaît une évolution majeure avec quatre nouveaux mouvements manufacture. Le retour de l'Escale Worldtime est particulièrement excitant : ce classique adopte pour la première fois le platine et le nouveau calibre LFT VO 12.01. Chaque drapeau représentant une ville est peint à la main, nécessitant une semaine de travail par cadran, preuve de l'obsession du détail de la marque. Plus audacieuse encore, l'Escale Worldtime Tourbillon place un tourbillon volant au centre du cadran, entouré de drapeaux en émail Grand Feu, un défi technique et esthétique majeur pour le groupe LVMH.

Above Montre Louis Vuitton Escale Worldtime Tourbillon avec tourbillon central volant. (Photo: Louis Vuitton)
De plus, la nouvelle Escale Twin Zone, avec sa structure innovante à double aiguille coaxiale, résout le problème d'affichage des fuseaux horaires non entiers (comme l'Inde ou le Népal), alliant utilité et élégance. Quant à l'Escale Minute Repeater, elle dissimule astucieusement le curseur d'activation de la sonnerie dans les cornes pour préserver la ligne parfaite du boîtier. C'est l'interprétation ultime de l'“Art du Voyage” par Louis Vuitton : une fonctionnalité puissante sans jamais compromettre l'élégance.

Above Montre Louis Vuitton Escale Twin Zone pour les voyageurs sophistiqués. (Photo: Louis Vuitton)

Above Montre Louis Vuitton Escale Minute Repeater à répétition minutes discrète. (Photo: Louis Vuitton)
La Tambour Convergence, qui avait ébloui l'an dernier, revient en édition limitée Tambour Convergence Guilloché. Entièrement réalisée par la Fabrique du Temps à Genève, elle embarque le premier mouvement automatique manufacture LFT MA01.01. Le boîtier en or rose de 37 mm se distingue par un sublime guillochage main. Les artisans ont utilisé des tours anciens restaurés, passant 16 heures à graver des ondes concentriques et des rayons sur le boîtier et le cadran, offrant au métal froid une richesse de lumière et de texture.
Autre pièce maîtresse : l'Escale Tiger’s Eye, limitée à 30 exemplaires. Cette œuvre utilise pour la première fois l'or jaune pour le boîtier Escale et relève un défi artisanal de taille en sculptant la carrure et le cadran dans un seul bloc d'œil-de-tigre, révélant les reflets mordorés naturels de la pierre. Le boîtier de 40 mm abrite le calibre certifié chronomètre LFT023, monté sur un bracelet en cuir Saffiano brun savane, fusionnant la splendeur de la nature et la précision horlogère.

Above Montre Tambour Convergence Guilloché édition limitée au savoir-faire exceptionnel. (Photo: Louis Vuitton)

Above Montre Escale Tiger’s Eye limitée à 30 exemplaires avec cadran en pierre. (Photo: Louis Vuitton)
Enfin, impossible de ne pas mentionner l'horloge de table Camionnette. Inspirée des légendaires véhicules de livraison de la marque qui, au début du XXe siècle, reliaient les ateliers d'Asnières aux clients, cette horloge loge son mouvement et l'affichage de l'heure sous le capot moteur. Un mariage d'espièglerie et d'artisanat. Louis Vuitton propose également une version ultra-exclusive limitée à 15 pièces monde, ornée d'un diamant taille étoile LV Monogram de 0,5 carat sur le moteur et de diamants sertis neige sur la calandre, accompagnés d'un logo plaqué or.

Above Horloge Louis Vuitton Camionnette version rare ornée d'un diamant étoile. (Photo: Louis Vuitton)

Above Une clé miniature LV dans le coffre permet de régler l'heure. (Photo: Louis Vuitton)
Hublot : La rhapsodie de la fusion des matériaux
Fidèle à son habitude, Hublot fonce cette année sur l'audace et les matériaux. D'abord avec la Big Bang Tourbillon Novak Djokovic GOAT Edition, hommage à la légende du tennis. Cette série de 101 montres se décline en bleu, orange et vert, correspondant aux victoires de Djokovic sur dur, terre battue et gazon. Le plus fou réside dans le matériau du boîtier, qui fusionne physiquement des polos Lacoste portés par Djokovic et ses raquettes Head ! Une injection d'“ADN de champion” typiquement Hublot. Le mouvement n'est pas en reste : les ponts du calibre tourbillon automatique MHUB6035 adoptent la structure grillagée du cordage de raquette, racontant l'histoire du GOAT dans chaque détail.

Above Novak Djokovic, la légende du tennis et ambassadeur Hublot. (Photo: Hublot)

Above Montre Big Bang Tourbillon Novak Djokovic GOAT Edition en version bleue. (Photo: Hublot)

Above Montre Big Bang Tourbillon Novak Djokovic GOAT Edition version verte. (Photo: Hublot)

Above Montre Big Bang Tourbillon Novak Djokovic GOAT Edition version orange. (Photo: Hublot)
Pour célébrer les 20 ans de la Big Bang, la marque lance la Big Bang Original Unico, mariant le design originel au mouvement moderne Unico. Par ailleurs, la collaboration avec le designer Samuel Ross, la Big Bang Unico SR_A, utilise la céramique noire et une structure en nid d'abeille pour une esthétique architecturale industrielle forte. S'ajoutent les superbes séries Coal Blue et Sage Green, ainsi que la Spirit of Big Bang Year of the Horse, édition limitée pour l'année du Cheval de bois, utilisant la marqueterie de fibre de carbone pour dessiner un cheval au galop. Hublot prouve encore qu'elle règne sans partage sur l'“Art de la Fusion” au sein du portefeuille LVMH.

Above Montre Big Bang Unico SR_A conçue par Samuel Ross. (Photo: Hublot)

Above Spirit of Big Bang édition spéciale Année du Cheval. (Photo: Hublot)
TAG Heuer : L'évolution du maître du chronographe
Pour TAG Heuer, le mot-clé de 2026 est indubitablement “Glassbox”. La marque étend ce design très acclamé avec la Carrera Chronograph 41 mm. Cette nouveauté comble un vide en termes de taille, conservant l'absence de lunette pour une transparence totale jusqu'au bord, et embarque le mouvement manufacture TH20-01. Que ce soit en bleu classique, dans le nouveau vert sarcelle (Teal Green) ou dans le coloris noir et rouge inspiré de la course automobile, la collection Carrera affiche un charme intemporel. Le bracelet en acier à sept rangs, inspiré des maillons “grains de riz”, réinterprète la virilité avec un vocabulaire moderne.

Above Montre Carrera Chronograph 41 mm en version noire et rouge. (Photo: Tag Heuer)

Above Montre Carrera Chronograph 41 mm en version vert sarcelle. (Photo: Tag Heuer)
Pour les passionnés, le retour de la Carrera Seafarer est un moment fort. Inspirée de la montre à marée de 1949, elle place l'indicateur de marée à 6 heures et conserve les couleurs vintage “Intrepid Teal” et jaune profond, ressuscitant l'esprit d'aventure de l'époque Abercrombie & Fitch. Pour les techniciens, la Carrera Split-Seconds Chronograph à rattrapante prouve la force horlogère de la marque. Avec son boîtier en titane grade 5 et son mouvement TH81-01 développé avec Vaucher, son mécanisme complexe est visible à travers le cadran saphir, un vibrant hommage aux 160 ans d'histoire du chronographe chez TAG Heuer.

Above Montre Carrera Split-Seconds Chronograph à rattrapante en titane. (Photo: Tag Heuer)
Zenith : La ligne d'horizon architecturale
Zenith braque cette année les projecteurs sur la collection DEFY, comparant la montre à une architecture urbaine miniature. La nouvelle DEFY Skyline Chronograph arrive en version entièrement céramique noire. Rompant avec le bleu habituel, le boîtier et le bracelet noirs confèrent à ce chronographe haute fréquence une allure urbaine, froide et moderne. La DEFY Skyline Skeleton joue quant à elle sur le contraste noir et or, associant céramique noire et mouvement squelette doré, évoquant les gratte-ciel illuminés à la tombée de la nuit.

Above Montre DEFY Skyline Chronograph en version céramique noire intégrale. (Photo: Zenith)
À noter également, la DEFY Skyline Tourbillon Skeleton, qui intègre pour la première fois un tourbillon squelette dans la collection, présenté dans un habillage entièrement en or rose. Sans cadran traditionnel pour le masquer, l'architecture du calibre El Primero 3630 SK se dévoile totalement. Les ponts traités PVD bleu contrastent avec l'or rose, tandis que le tourbillon étoilé capte le regard. Enfin, la réédition du classique de 1969, la DEFY Revival A3643, avec son cadran argenté et son boîtier octogonal “coffre-fort”, réveille l'âge d'or du design audacieux.

Above Montre DEFY Skyline Tourbillon Skeleton en or rose. (Photo: Zenith)

Above Montre DEFY Revival A3643 au design octogonal historique. (Photo: Zenith)
L’Epée 1839, Daniel Roth et Gérald Genta : La magie des indépendants
Au-delà des grandes maisons du groupe, trois marques indépendantes révèlent la beauté pure de la mécanique et de l'art. L’Epée 1839, célèbre pour ses horloges, lance La Regatta. Cette horloge verticale inspirée de l'aviron présente une silhouette élancée recouverte d'émail Grand Feu. Disponible en versions émail cloisonné imitant les vagues ou émail translucide, elle confère à l'objet statique le dynamisme de la navigation.

Above Horloge verticale La Regatta inspirée par l'univers de l'aviron. (Photo: L’Epée 1839)

Above Détail de l'émail sur l'horloge La Regatta. (Photo: L’Epée 1839)
Daniel Roth, ressuscité avec le soutien de La Fabrique du Temps, présente l'Extra Plat Rose Gold Skeleton. Cette montre emblématique à double ellipse embarque le calibre DR002SR conçu pour le squelettage. Les ponts et la platine en or massif, révélés par une structure transparente, affichent des finitions ultimes, illustrant parfaitement l'adage “la montre est un art”.

Above Montre Daniel Roth Extra Plat Rose Gold Skeleton. (Photo: Daniel Roth)
Enfin, Gérald Genta poursuit sur sa lancée avec la Geneva Time Only. Nommée d'après la ville natale du maître Gérald Genta, cette pièce adopte le boîtier “Cushion” unique mêlant octogone et cercle. Disponible en or rose (Marrone) et or blanc (Grafite), elle embarque le calibre GG-005P. Son apparence distinctive rappelle une fois de plus le génie géométrique du maître Genta, enrichissant la diversité créative de la nébuleuse LVMH.

Above Montre Geneva Time Only, versions or rose (gauche) et or blanc (droite). (Photo: Gérald Genta)





