David Candaux est une rareté dans l'industrie, possédant toutes les compétences nécessaires pour réaliser un garde-temps de luxe de bout en bout, de la conception à la finition exquise
Opérant depuis son atelier isolé de la Vallée de Joux, David Candaux est une voix farouchement indépendante dans l'horlogerie contemporaine. Issu d'une famille d'horlogers, Candaux a passé des années à perfectionner son art avant de devenir totalement indépendant en 2017. Il a immédiatement défini sa vision singulière : le titane comme matériau clé, un tourbillon incliné et une innovation qui honore la tradition.
À 46 ans, Candaux a été demi-finaliste de l'édition 2025-2026 du Prix Louis Vuitton des Indépendants Créatifs pour sa DC6 Titanium, un garde-temps saisissant doté d'un cadran guilloché “Pointes du Risoux” flanquant deux dômes en saphir, l'un abritant le tourbillon, l'autre un sous-cadran semi-sphérique en titane argenté pour les heures et les minutes avec des aiguilles coniques et incurvées. Avec la seule aide de son père, sa pratique solitaire ne produit qu'une poignée de montres par an, leur conférant un caractère rare et exclusif.
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Above David Candaux crée de nouvelles pièces d'exception dans son atelier de la Vallée de Joux
Pourquoi avez-vous choisi cette voie de l'horlogerie indépendante ?
Pour moi, l'indépendance n'est pas une fuite vers la liberté. C'est un engagement. J'avais besoin d'un espace où je pouvais assumer pleinement chaque décision : esthétique, mécanique, proportions, finitions, ergonomie et cohérence globale. L'indépendance m'a offert la possibilité de prendre le risque de ma propre vérité, et de la pousser jusqu'à l'excellence.
La Vallée de Joux est le cœur de l'horlogerie suisse traditionnelle. Quels aspects de cette tradition adoptez-vous et lesquels remettez-vous délibérément en question ?
La Vallée de Joux est ma fondation. J'y suis né, j'y vis, je la vois chaque matin au pied du Mont Tendre. La tradition que j'embrasse est celle de la vérité : la main, le temps, la rigueur, la logique mécanique, la beauté du détail et de la cohérence.
Mais je conteste l'idée que la tradition doive être une cage. Pour moi, la tradition n'est pas une répétition ; c'est une responsabilité. On honore l'héritage en le prolongeant. Je respecte profondément les codes, mais je refuse le déjà-vu. Je conserve donc le niveau d'exigence de la vallée tout en bousculant ses habitudes. En bref, je parle la langue de la vallée, mais avec la grammaire d'aujourd'hui.
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Above La montre DC6 Titanium présente un magnifique cadran guilloché “Pointes du Risoux”
Vos mouvements inclinés et votre ergonomie non conventionnelle sont instantanément reconnaissables. Comment décidez-vous du moment où vous devez enfreindre les règles de conception classiques ?
Je ne décide de “briser une règle” que lorsque j'ai une raison plus forte que la règle elle-même.L'inclinaison et l'ergonomie ne sont pas des effets de style ; ce sont des solutions. Je pars toujours de l'expérience réelle : comment la montre vit-elle sur le poignet, comment la lumière tombe, comment le mouvement “respire”, comment l'objet raconte son histoire mécanique.
Je modélise tout, je calcule tout, et j'imagine chaque composant au sein d'un tout cohérent. Ensuite, je reviens à la question la plus simple : cela sert-il l'émotion ? Si une règle classique empêche l'objet d'être juste, alors je la transgresse. Mais je le fais avec respect : chaque rupture doit sembler évidente, presque naturelle, comme quelque chose qui avait toujours eu besoin d'exister.
Concevez-vous vos montres pour les collectionneurs ou pour engager une conversation avec celui qui les porte ?
Je conçois pour l'être humain. Avant tout, je veux que la montre, signée Candaux, crée un dialogue intime avec la personne qui la porte. Une montre n'est pas un trophée ; c'est une présence. Elle doit accompagner, transmettre de l'énergie, de la force et de l'émotion. Je ne crée pas d'objets pour qu'ils soient rangés. Je crée des objets avec lesquels vivre, pour nous rappeler que le temps n'est pas une mesure mais une expérience.

Above La nouvelle montre DC6 Night Forest associe harmonieusement le titane noir au carbone
Quelle émotion espérez-vous que votre montre communique ?
Je veux transmettre une émotion très simple : la présence dans l'instant. La précision est le fondement, l'émotion est la raison.
Comment définiriez-vous la haute horlogerie en 2026 ?
En 2026, la haute horlogerie ne se résume plus au prix, à la complication ou aux étiquettes. C'est une convergence rare, une véritable invention ou intention mécanique, une cohérence esthétique totale, une exécution sans faille et, par-dessus tout, l'authenticité. Dans un monde saturé d'images, elle doit pouvoir émouvoir sans crier. Pour Candaux, la haute horlogerie est une excellence silencieuse.
Vous faites du parapente. Est-ce ainsi que vous vous détendez ?
Le parapente, c'est le contact total avec la nature. C'est là que je prends pleinement conscience de ce qui est simple, pur et pourtant profondément essentiel à la vie. En parapente, tous mes sens sont en éveil. Je dois être entièrement présent, concentré sur l'essentiel. Et je crois que cette exigence d'être pleinement présent avec simplicité, précision et humilité façonne directement ma façon de concevoir une montre.




