PARIS - JANUARY 23: Valentino and Natalia Vodianova walk with models on the catwalk for final at the Valentino Fashion show, during Paris Fashion Week (Haute Couture) Spring-Summer 2008 on January 23, 2008 at Musee Rodin in Paris, France. (Photo by Michel Dufour/WireImage)
Cover Valentino Garavani a bâti un empire de la mode qui a défini l'élégance italienne pendant près de cinq décennies (Photo : Michel Dufour/WireImage/ Getty Images)
PARIS - JANUARY 23: Valentino and Natalia Vodianova walk with models on the catwalk for final at the Valentino Fashion show, during Paris Fashion Week (Haute Couture) Spring-Summer 2008 on January 23, 2008 at Musee Rodin in Paris, France. (Photo by Michel Dufour/WireImage)

Le cofondateur de Valentino s'est éteint à Rome, marquant la fin de l'ère de la Dolce Vita dans la haute couture

Le décès de Valentino Clemente Ludovico Garavani signale bien plus que la disparition d'un créateur de 93 ans—il marque la fin discrète de l'âge d'or de la mode. S'éteignant paisiblement dans sa résidence de Rome, entouré de son partenaire de toujours Giancarlo Giammetti et de sa famille élargie, Valentino laisse un vide irremplaçable dans la mode de luxe. Il était le dernier couturier à opérer non pas comme un directeur artistique d'entreprise, mais comme un monarque souverain de son propre univers esthétique, vivant avec une grandeur qui rivalisait avec celle de la royauté et des icônes qu'il habillait.

Ce qui a été perdu ne devient clair que rétrospectivement, dans les moments et les signatures qui portaient son nom. Ce sont les jalons qui ont façonné son règne.

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Le début de l'empire romain

Après s'être formé auprès des maîtres parisiens Jean Dessès et Guy Laroche, Valentino est retourné en Italie en 1959, choisissant Rome plutôt que Milan comme quartier général. Ouvrant son atelier sur la prestigieuse Via dei Condotti avec le capital de son père, il a failli mettre la maison en faillite en quelques mois à cause de choix de tissus somptueux. Le salut est arrivé en juillet 1960, lorsqu'il a rencontré Giancarlo Giammetti au Café de Paris—un partenariat qui allait devenir l'union la plus réussie de la mode.

Le dernier des souverains

Pendant 48 années extraordinaires, de 1960 à 2008, Valentino a dirigé sa maison avec une autorité créative absolue. Contrairement à l'industrie d'aujourd'hui, où les designers changent de marque à une vitesse alarmante, il incarnait le rôle de monarque de la mode. Le documentaire de 2008 Valentino: The Last Emperor a parfaitement capturé cette réalité, montrant un homme capable de déclarer ses carlins plus importants qu'une collection sans conséquence, protégé par le sens des affaires de Giammetti.

L'invention de la “couture italienne” (la percée de 1962)

Avant la présentation révolutionnaire de Valentino en 1962 au Palais Pitti de Florence, Paris monopolisait le trône de la mode. Défilant en dernier le jour final, il a néanmoins captivé les acheteurs restés pour voir la couture italienne sortir de l'ombre de Paris. Son siège romain ultérieur a déplacé le regard mondial de façon permanente, inventant effectivement le phénomène du luxe “Made in Italy” et incarnant l'esthétique glamour de la Dolce Vita qui a défini une époque.

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De l'entreprise familiale au conglomérat

Fondée avec le capital de son père Mauro et stabilisée par le génie de gestion de Giammetti, la maison de Valentino illustre l'évolution du luxe. La vente en 1998 à Holding di Partecipazioni Industriali (HdP) pour environ 300 millions de dollars US a amorcé la transformation. La marque a ensuite connu des acquisitions successives par la société de capital-investissement Permira, le véhicule d'investissement qatari Mayhoola et enfin Kering—la preuve que l'art et le commerce pouvaient coexister.

Un titan parmi les fantômes (le lien avec Armani)

La mort de Valentino suit le décès de son grand contemporain Giorgio Armani en septembre 2025, éteignant la génération qui a construit l'empire de la mode italienne d'après-guerre. Ces titans—parfois rivaux, se respectant toujours mutuellement—ont transformé l'Italie, passant d'une nation déchirée par la guerre à une superpuissance du style. Avec la disparition des deux, la mode a perdu son dernier lien avec l'époque où les créateurs étaient des ambassadeurs culturels, et non des employés d'entreprise naviguant selon les résultats trimestriels.

La lourde couronne d'Alessandro Michele

L'héritage formidable repose désormais sur Alessandro Michele, l'actuel directeur créatif de Valentino et ancien visionnaire de Gucci. Son émouvant hommage sur Instagram décrivait le créateur comme repoussant les limites du possible avec son amour infini de la beauté. Michele fait face au défi délicat de traduire le romantisme “Rosso” et le perfectionnisme couture du fondateur pour le public contemporain tout en naviguant dans les attentes commerciales—les exigences mêmes auxquelles Valentino a résisté tout au long de son règne souverain.

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