Coupes fluides ou autorité redoutable ? Lors de la tournée du film Le Diable s'habille en Prada 2, Anne Hathaway et Meryl Streep revisitent les personnages d'Andy et Miranda avec des tenues contrastées alliant aisance moderne et garde-robe de pouvoir iconique.
Avant même la sortie du film Le Diable s'habille en Prada 2 prévue le 1er mai, la tournée promotionnelle avait déjà pris une ampleur inédite. Nous avons assisté à un véritable récit de mode, minutieusement orchestré, prolongeant ainsi l'univers du film dans le monde réel. Sous la houlette des célèbres stylistes Erin Walsh (pour Anne Hathaway) et Micaela Erlanger (pour Meryl Streep), chaque étape de cette tournée—de Mexico à New York—a été pensée avec précision, effaçant les frontières entre l'actrice et son personnage.
Au fil des apparitions, l'évolution d'Andy Sachs s'est dévoilée en temps réel—des coupes plus franches, un raffinement accru, une assurance mesurée—tandis que le langage visuel de Miranda Priestly a conservé son inébranlable autorité. Il en résulte un prolongement fascinant : une narration portée par la garde-robe, faisant avancer l'intrigue avant même que le film ne soit projeté sur les écrans.
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Tapis rouge à Mexico : Meryl Streep en Schiaparelli bleu marine et Anne Hathaway en Stella McCartney fuchsia
La ville de Mexico a offert une fascinante inversion des rôles. Anne Hathaway a illuminé le tapis rouge du Diable s'habille en Prada 2 dans une mini-robe fuchsia entièrement brodée de sequins signée Stella McCartney—col montant, jupe évasée et manches longues—associée à des cuissardes qui rappelaient la scène culte des bottes Chanel du premier opus. De son côté, Meryl Streep a opté pour Schiaparelli : une robe-chemise bleu marine chatoyante, ornée de boutons dorés anatomiques, un sac sculptural en forme de visage et des boucles d'oreilles maximalistes en or en forme de dents, sublimées par des perles. Une véritable rencontre entre l'élégance aristocratique et une délicieuse extravagance.
Première à Tokyo : Meryl Streep en Chanel Métiers d'Art et Anne Hathaway en Valentino Haute Couture
À Tokyo, Anne Hathaway est apparue dans une création Valentino Haute Couture Printemps 2026 d'Alessandro Michele—un corsage structuré en soie noire révélant une doublure rouge emblématique, qui s'épanouissait en une jupe asymétrique à volants noirs et blancs. Les critiques ont oscillé entre l'éloge d'un savoir-faire théâtral et le constat d'un maximalisme étourdissant. Meryl Streep, quant à elle, s'est imposée en Chanel Métiers d'Art : une audacieuse veste en intarsia rouge, blanc et noir, rehaussée de boutons dorés CC, accompagnée d'une jupe noire à franges effleurant le sol. Un parfait contraste entre héritage maîtrisé et rupture avant-gardiste.
Première à Séoul : Meryl Streep en armure Celine et Anne Hathaway en cuir rouge Balenciaga
C'est lors de la première du Diable s'habille en Prada 2 à Séoul que le duo a dévoilé ses looks les plus saisissants. Anne Hathaway a succombé au rouge diabolique dans un ensemble oversize en cuir signé Balenciaga—une veste zippée volumineuse au col exagérément structuré, assortie à un pantalon ample en cuir rouge. Meryl Streep a riposté par un total look noir Celine : un haut drapé asymétrique façon cape, une large ceinture en cuir style corset marquant la taille, un pantalon opaque et des lunettes de soleil œil-de-chat. L'uniforme de pouvoir n'a jamais paru aussi discrètement redoutable.
Première à Shanghai : Meryl Streep en bleu Saint Laurent et Anne Hathaway en tulle Susan Fang
Shanghai a été le théâtre du virage le plus inattendu de cette tournée. Anne Hathaway a rendu un hommage diplomatique à la ville hôte en arborant une création éthérée de la créatrice chinoise Susan Fang—une robe longueur midi enveloppée d'un tulle transparent et vaporeux, rayée de teintes aquarelles lavande, bleu ciel et rose pâle. Les observateurs l'ont trouvée ravissante, bien que peut-être trop douce pour Andy Sachs. Meryl Streep a ancré l'instant dans une robe trench-coat en satin bleu canard métallisé de Saint Laurent—épaules structurées, broche en cristal—un clin d'œil tacite au célèbre monologue sur le bleu céruléen du premier opus.
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Avant-première mondiale à New York : Meryl Streep en rouge écarlate Givenchy et Anne Hathaway en rouge Louis Vuitton
L'avant-première mondiale du Diable s'habille en Prada 2 au David Geffen Hall du Lincoln Center a vu les deux stars (aperçues ici aux côtés d'Emily Blunt, de Lady Gaga et de Stanley Tucci) succomber pleinement au rouge diabolique. Anne Hathaway portrait une robe sur mesure en soie rouge rubis de Louis Vuitton par Nicolas Ghesquière—un corsage bustier en cœur au fini ultra-brillant et une jupe en cloche—accessoirisée de bijoux en diamants et rubis Bulgari. Meryl Streep, dans une robe-cape en cuir écarlate Givenchy pensée par la directrice de création Sarah Burton, parachevait son allure avec des gants longs et des boucles d'oreilles pendantes David Yurman.
Première à Londres : Meryl Streep en manteau de satin rouge Prada et Anne Hathaway en Atelier Versace
À Londres, Meryl Streep s'est glissée plus intensément que jamais dans la peau de Miranda Priestly avec un somptueux manteau en satin rouge Prada superposé à une base monochrome, rehaussé d'une pochette-livre Runway incrustée de cristaux sur mesure, d'élégantes lunettes de soleil et de bijoux en diamants. Anne Hathaway a répliqué par un glamour déconstruit dans une robe corset en velours violet profond signée Atelier Versace—jeux de transparence, détails architecturaux et longue queue-de-cheval stricte—fusionnant l'évolution d'Andy Sachs avec une audace résolument moderne.
Le prologue des Oscars : Anne Hathaway en Valentino et Anna Wintour en Christian Dior
Le moment le plus viral de cette campagne a surgi avant même le début de la tournée. Lors de la 98e cérémonie des Oscars en mars, Anne Hathaway et Anna Wintour—souvent citée comme l'inspiration de Miranda Priestly dans la vie réelle—ont remis un prix ensemble sur les notes de “Vogue” de Madonna. Hathaway sublimait une robe sirène en velours noir Valentino aux motifs floraux brodés main et assortie de gants longs ; Wintour revêtait une robe blanche Dior recouverte d'une veste cintrée en dentelle noire et d'un collier en cristal spectaculaire. Leur échange, culminant avec le “Merci, Emily” prononcé d'un ton impassible par Wintour, relevait du pur méta-théâtre.
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