Le nouveau stade de Kai Tak à Hong Kong accueillera le Hong Kong Football Fest, avec des équipes de Premier League et de Serie A, illustrant le succès du site de Kai Tak.
J’étais présent dans la salle lorsque les quatre noms ont été annoncés : Manchester City, Inter Milan, Chelsea, Juventus. Ces quatre équipes de renommée internationale étaient attendues à Hong Kong fin juillet pour participer à la seconde édition du Hong Kong Football Fest au stade de Kai Tak. Assis là, après des années à couvrir de telles annonces, j’ai senti quelque chose changer. Les rumeurs nous avaient préparés à leur venue, mais c’est le lieu qui a soudainement pris tout son sens : le stade de Kai Tak. Dix-huit mois auparavant, rien de tout cela n’existait — ni la salle, ni le terrain, ni les 50 000 sièges, ni le toit rétractable qui redessine désormais la skyline de Kowloon Bay, ce qui fait aujourd’hui la force de Kai Tak.
Je me suis rendu à Kai Tak à plusieurs reprises depuis son inauguration : pour le Rugby Sevens, pour Coldplay, et maintenant pour cet événement sportif majeur. Chaque visite me surprend : c’est le même terrain au-dessus duquel les avions frôlaient autrefois les toits lors de leur approche vers l’ancien aéroport. Aujourd’hui, le site de l’une des trajectoires de vol les plus célèbres au monde accueille quatre des plus grands noms du football européen en une seule semaine.
L’idée d’un stade aux normes olympiques sur le site de Kai Tak avait été évoquée par le gouvernement dès les années 2000, bien avant la pose de la première poutre. La construction n’a débuté qu’en 2019, puis la pandémie a repoussé la date d’achèvement, de 2023 à 2024, pour finalement aboutir à mars 2025, lors de l’ouverture au public. Six ans entre le début des travaux et l’inauguration peuvent paraître longs, mais pour une ville qui en parlait depuis deux décennies, cette attente est devenue une partie intégrante de l’histoire de Kai Tak.
Lire aussi : Erling Haaland : 9 choses à savoir sur le ‘cyborg’ de la Coupe du Monde qui raffole des sacs Birkin
Une ville qui a su se relever
Ce qui rend l’ascension de Kai Tak si particulière, c’est le contexte. Hong Kong a passé la majeure partie de la dernière décennie comme une ville peinant à conserver ses grands événements sportifs. La Formule E a couru le long du front de mer de Central pendant trois saisons, de 2016 à 2019 — un véritable rendez-vous mondial — avant de disparaître du calendrier. Quiconque a vécu cette période se souvient de ce cycle : un événement s’installe, crée une communauté, puis le calendrier se déplace vers Marrakech ou Jakarta. C’est ce qui rend le Hong Kong Football Fest si important, car il prouve que Kai Tak peut durablement ancrer ces rendez-vous.
L’édition inaugurale de l’an dernier, avec Liverpool, Tottenham, Arsenal et l’AC Milan, a attiré plus de 100 000 fans, un record absolu pour le football dans cette ville. Une seconde édition complète confirmerait que Kai Tak est devenu un pilier incontournable du calendrier sportif de Hong Kong.
Cette année, Manchester City affronte l’Inter Milan pour l’Asahi Super Dry Trophy le 1er août, et Chelsea rencontre la Juventus pour l’Herbalgy Trophy le 5 août ; les événements encadrent une semaine de séances d’entraînement ouvertes et d’animations, créant une effervescence à Kowloon digne d’une finale de coupe. Le succès de Kai Tak est manifeste.
Lire aussi : Pourquoi Hong Kong est devenue l’une des meilleures villes au monde pour la course à pied
Les réservations du stade de Kai Tak s’étendent jusqu’en 2027. En un peu plus d’un an, le site a accueilli un tournoi de rugby historique, le World Snooker Grand Prix, des artistes mondiaux comme Blackpink ou Coldplay, les Mama Awards, et maintenant quatre institutions du football européen. Peu de lieux peuvent se targuer d’une telle polyvalence dans un laps de temps aussi court. Le stade de Kai Tak prouve que Hong Kong a désormais les capacités techniques pour tout accueillir : football, rugby, tournées mondiales. Si l’année écoulée est un indicateur, ce n’est que le début pour Kai Tak.




