Padel is rapidly carving out a space in land-scarce Hong Kong, using its compact court design to turn underused urban locations into popular sports hubs. (Photo: Getty Images)
Cover Le padel s'implante rapidement dans le paysage urbain de Hong Kong, utilisant ses courts compacts pour transformer les espaces inutilisés en véritables hubs de padel. (Photo : Getty Images)
Padel is rapidly carving out a space in land-scarce Hong Kong, using its compact court design to turn underused urban locations into popular sports hubs. (Photo: Getty Images)

Porté par une empreinte au sol optimisée et une rentabilité élevée, le padel s'installe sur les places de bureaux et les toits-terrasses de Hong Kong sans pour autant éclipser le tennis, en plein essor.

À Hong Kong, l’arrivée de nouveaux sites sportifs répond souvent à une question récurrente : où jouer ? Compte tenu du prix du foncier, il faut une proposition de valeur unique et inattendue pour justifier l’investissement dans un nouvel équipement. Le padel répond parfaitement à cette exigence.

En novembre 2025, le UBS Padel Central a inauguré ses courts vitrés sur le front de mer de Central, et leur succès a déjà conduit à la prolongation de deux saisons. Ce qui pourrait n’être qu’une simple activation lifestyle est en réalité une étude de cas révélatrice sur les choix d’aménagement de cette ville.

De tous les sports convoitant les rares ressources foncières de Hong Kong, le padel affiche les meilleurs rendements économiques. Non pas que le tennis ait perdu de sa superbe, bien au contraire, mais dans un marché où chaque mètre carré est disputé, la géométrie et le rendement sont des facteurs décisifs.

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L'équation économique du padel à Hong Kong

Né au Mexique en 1968, le padel se joue généralement en double. Il partage le système de score du tennis, mais avec des règles et un équipement différents. Les raquettes sont pleines, non cordées ; les balles sont légèrement plus petites et moins vives, et les courts sont fermés par des parois, rappelant le squash.

Vient ensuite la question de l'espace. Un court de padel mesure 20 m par 10 m, soit 200 m², contre environ 260 m² pour un court de double de tennis. Mais le tennis exige une surface généreuse de “dégagement” autour du terrain. Pour un court de club, la recommandation de la Fédération Internationale de Tennis atteint environ 670 m². Le design clos du padel ne nécessite qu’une fraction de cet espace, puisque les parois font partie intégrante du jeu. Arithmétiquement, on peut loger deux, voire trois courts de padel dans l’espace nécessaire à un seul court de tennis.

Enfin, la rentabilité est un atout majeur. Des études menées au Royaume-Uni projettent des revenus annuels nettement supérieurs pour le padel par rapport au tennis sur une même surface, permettant un amortissement rapide. Selon les estimations du secteur, le padel génère trois à six fois plus de revenus par mètre carré qu’un court de tennis, selon l’emplacement. Si ces chiffres ne sont pas spécifiques à Hong Kong, ils expliquent pourquoi investisseurs, organismes publics et clubs privés pourraient intégrer le padel à leur offre.

Où se développe la croissance

Ce développement ne signifie pas pour autant la disparition des courts de tennis. Au contraire, de nouveaux espaces sportifs voient le jour dans des recoins de la ville qui ne se prêtaient à rien d’autre. Padel+, premier club hongkongais dédié à ce sport, s’est étendu de Sai Kung vers un site éphémère à Taikoo Place, niché entre des tours de bureaux. Go Park Sai Sha, à Ma On Shan, a construit sept courts en partenariat avec l’association de padel locale pour former les débutants. Les réseaux sociaux du UBS Padel Central, eux, sont inondés de demandes pour une quatrième saison.

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En avril 2026, le tournoi Grand Slam Platinum de l’Asia Pacific Padel Tour s’est tenu au Kai Tak Sports Park, en marge du tournoi de rugby à sept de Hong Kong. La ville a également accueilli son premier tournoi FIP Bronze cette année, et compte désormais des joueurs classés sur le circuit régional. Il ne s’agit pas de supprimer le tennis, mais de transformer des places de bureaux et des toits sous-utilisés où le tennis n’a jamais pu s’installer.

Cette tendance est mondiale : selon Playtomic, le nombre de courts de padel a sextuplé depuis 2016 pour dépasser les 58 000 unités. L’Asie, bien qu’elle n’en possède qu’une fraction, devrait connaître la croissance la plus rapide ; Hong Kong, dense et en pénurie chronique de terrains, est un terrain d’essai idéal pour le padel.

Le tennis, imperturbable

Les amateurs de tennis de Hong Kong n’ont aucune raison de s’inquiéter ; la discipline vit l’une de ses meilleures années. Coleman Wong, le joueur le mieux classé de la ville, a multiplié les exploits en 2026 : il est le premier Hongkongais à intégrer le top 100 ATP et à remporter un match en Masters 1000. Son parcours au troisième tour de l’US Open l’an dernier était une première pour un Hongkongais à l’ère Open, ce qui lui a valu d’être nommé parmi les leaders de demain par Gen.T de Tatler.

Curieusement, l’apprentissage du tennis par Coleman Wong n’a pas eu lieu dans un club privé, mais sur un court public à Victoria Park, où il a commencé par hasard à cinq ans. Les clubs privés comme le Hong Kong Football Club ou le Hong Kong Country Club continuent de proposer des programmes complets. Ces infrastructures ne seront nullement affectées par la popularité grandissante du padel.

Il ne s’agit pas d’une compétition entre une pratique établie et un nouveau venu, mais d’une ville qui repense son offre de loisirs. Le padel offre simplement une alternative qui s’intègre parfaitement dans notre ville limitée par l’espace.