CANNES, FRANCE - MAY 12: Park Chan-wook on stage during the opening ceremony of the 79th annual Cannes Film Festival at Palais des Festivals on May 12, 2026 in Cannes, France. (Photo by Stephane Cardinale - Corbis/Corbis via Getty Images)
Cover Découvrez les films emblématiques de Park Chan-wook, le cinéaste sud-coréen qui préside le jury du Festival de Cannes cette année (Photo: Stephane Cardinale - Corbis/Getty Images)
CANNES, FRANCE - MAY 12: Park Chan-wook on stage during the opening ceremony of the 79th annual Cannes Film Festival at Palais des Festivals on May 12, 2026 in Cannes, France. (Photo by Stephane Cardinale - Corbis/Corbis via Getty Images)

Qui est Park Chan-wook? Découvrez les chefs-d'œuvre du réalisateur visionnaire qui préside le jury du Festival de Cannes cette année

Le célèbre cinéaste sud-coréen Park Chan-wook—particulièrement reconnu pour ses œuvres saisissantes visuellement et dévastatrices sur le plan psychologique, telles qu'“Oldboy” et “Mademoiselle”—préside le jury du Festival de Cannes cette année. Il est accompagné par d'illustres figures du cinéma telles que Demi Moore, Chloé Zhao, Stellan Skarsgård, Ruth Negga, Laura Wandel, Diego Céspedes, Paul Laverty et Isaach De Bankolé.

Récompensé par le Grand Prix pour “Oldboy” en 2004, le Prix de la mise en scène en 2022 pour “Decision to Leave” et le Prix du jury en 2009 pour “Thirst, ceci est mon sang”, Park Chan-wook est depuis longtemps une figure emblématique du Festival de Cannes. Si vous souhaitez approfondir votre connaissance de ce célèbre auteur, voici les films essentiels de Park Chan-wook que tout cinéphile averti se doit de visionner.

Au cas où vous l'auriez manqué: le réalisateur Park Chan-wook se confie sur son amour pour le cinéma hongkongais, la K-pop et l'impact du soulèvement de Gwangju sur sa vision

“Oldboy” (2003)

Above “Oldboy” de Park Chan-wook figure en bonne place dans la plupart des listes des meilleurs films de tous les temps, et ce n'est pas sans raison.

“Oldboy”, le deuxième volet de la “Trilogie de la vengeance” de Park Chan-wook, est largement considéré comme l'un des plus grands chefs-d'œuvre du cinéma. Ce thriller vengeur est réputé pour son hyperviolence et sa brutalité psychologique inouïe. Le film ne se contente pas d'effleurer la douleur et la torture—il s'y plonge corps et âme jusqu'à l'embrasement.

Ce classique culte met en scène Choi Min-sik dans le rôle d'Oh Dae-su, un ivrogne invétéré. La nuit où un ami le fait libérer de prison pour trouble à l'ordre public, il est enlevé et séquestré dans une pièce sordide pendant quinze ans, avec une simple télévision pour seule compagnie. Isolé, torturé psychologiquement et régulièrement drogué, Dae-su—tout comme le public—mesure le temps qui passe à travers les actualités télévisées. L'identité de son ravisseur et les raisons de son emprisonnement demeurent un mystère insondable.

Lorsqu'il est enfin relâché, son unique dessein est de découvrir l'identité du coupable et de lui infliger un châtiment aux proportions bibliques. À son insu, cette libération n'est que la nouvelle étape du jeu machiavélique imaginé par son tortionnaire.

L'œuvre est conçue pour susciter des réactions profondément viscérales. Qu'il s'agisse de la célèbre hallucination aux fourmis, de la scène où il dévore un poulpe vivant ou de l'iconique combat au marteau dans le couloir—filmé en un impressionnant plan-séquence—la violence y est si crue qu'elle vous coupe le souffle. Pourtant, rien ne prépare véritablement les spectateurs au rebondissement psychosexuel troublant qui vient clore le récit.

À sa sortie, “Oldboy” a stupéfié la critique et remporté le prestigieux Grand Prix au Festival de Cannes. Spike Lee en réalisera plus tard un remake américain, avec Josh Brolin dans le rôle principal.

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“Mademoiselle” (2016)

Above “Mademoiselle” est un film à la narration riche et complexe qui exige toute l'attention de ses spectateurs.

“Mademoiselle” de Park Chan-wook est une brillante adaptation sud-coréenne du roman “Du bout des doigts” de Sarah Waters. S'il peut assurément être qualifié de thriller psychologique érotique, la critique et le public célèbrent avant tout cette œuvre comme une histoire d'amour LGBTQ+ profondément subversive.

Kim Tae-ri (“Twenty-Five Twenty-One”, “Mr. Sunshine”) y incarne Sook-hee, une voleuse qui se fait engager comme servante auprès de la riche et recluse Lady Hideko, interprétée par Kim Min-hee (“Seule sur la plage la nuit”, “By the Stream”). En secret, elle est de mèche avec le soi-disant comte Fujiwara—Ha Jung-woo (“Narco-Saints”, “The Yellow Sea”)—pour pousser sa maîtresse dans les bras de ce dernier et ainsi la délester de son héritage.

La situation se complique sérieusement lorsqu'une romance naît entre la servante et sa maîtresse, donnant lieu à une contre-machination particulièrement sophistiquée. La structure du récit est si riche qu'elle s'apparente à un véritable jeu de dupes. Le film exige une attention soutenue et une véritable gymnastique mentale—un effort grandement facilité par l'esthétique somptueuse de l'œuvre dont il est presque impossible de détourner le regard.

Au-delà de son intrigue, “Mademoiselle” est salué pour son exploration judicieuse des relations coloniales nippo-coréennes, des thématiques LGBTQ+ et des clivages sociaux, le tout avec une rare finesse qui ne vient jamais alourdir le propos narratif.

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“No Other Choice” (2025)

Above “No Other Choice” de Park Chan-wook s'impose comme une satire poignante du capitalisme tardif. Ce long-métrage met en vedette les stars de la vague Hallyu, Lee Byung-hun et Son Ye-jin.

Réalisé par Park Chan-wook, “No Other Choice” est une comédie noire magistralement adaptée du roman “Le Couperet” de Donald E. Westlake. Le film étrille le capitalisme moderne, l'avidité des grandes entreprises et les structures du pouvoir patriarcal avec ce mélange si caractéristique au réalisateur: une satire acerbe, une violence magnifiquement chorégraphiée et un humour résolument noir.

Une œuvre particulièrement ancrée dans l'air du temps. Quiconque a déjà fait les frais d'une restructuration—surtout à notre époque—sait que le chômage n'a rien de risible et que le marché du travail peut se révéler d'une brutalité inouïe. L'histoire se concentre sur Yoo Man-su, brillamment incarné par Lee Byung-hun (“Squid Game”, “Le Bon, la Brute et le Cinglé”). Père de famille comblé, doté d'une superbe maison, d'une épouse aimante, de deux enfants et de deux golden retrievers, il a véritablement tout pour être heureux.

Pourtant, son existence bascule lorsqu'il perd l'emploi qu'il occupait depuis plus de vingt ans. Son épouse Mi-ri, interprétée par Son Ye-jin (“Crash Landing on You”, “Something in the Rain”), le soutient indéfectiblement, même s'ils se voient contraints de réduire drastiquement leur train de vie. Rapidement, la pression inhérente à son statut de chef de famille et le désespoir le poussent à se lancer dans une série de meurtres maladroits afin d'éliminer la concurrence.

Salué par une note de 97 % sur Rotten Tomatoes, le film fait l'unanimité: la critique s'accorde à dire que Park Chan-wook est ici au sommet de son art, offrant aux spectateurs sa vision exquise, des images sublimes, un rythme implacable et un humour merveilleusement macabre.

Le long-métrage a raflé de multiples récompenses aux Blue Dragon Film Awards, notamment celles du Meilleur film et du Meilleur réalisateur, ainsi que le titre de Meilleur film aux Baeksang Arts Awards. Il a par ailleurs été nommé dans les catégories Meilleur film musical ou comédie, Meilleur film en langue étrangère et Meilleur acteur dans un film musical ou une comédie lors de la dernière cérémonie des Golden Globes.

“Decision to Leave” (2022)

Above Avec “Decision to Leave”, Park Chan-wook change de registre sans pour autant se départir de la signature si singulière de son cinéma.

Dans “Decision to Leave”, le réalisateur sud-coréen porte son regard sur la romance. Bien que le film s'inscrive toujours dans le courant néo-noir, il se révèle plus tendre et sentimental que ses œuvres précédentes. On y retrouve Park Hae-il (“War of the Arrows”, “Memories of Murder”) dans le rôle de Hae-joon, un inspecteur enquêtant sur la mort d'un homme tombé d'une falaise dans des circonstances nébuleuses, et Tang Wei (“Lust, Caution”, “Wonderland”) sous les traits de Seo-rae, l'épouse du défunt et principale suspecte.

Alors que Hae-joon entame une surveillance obsessionnelle de Seo-rae, il tombe irrémédiablement sous son charme, brouillant ainsi les frontières entre le devoir, le désir et, inévitablement, la vérité. Dans d'autres productions, ce simple postulat suffirait, mais il ne s'agit là que de la première partie du film. La seconde moitié fait la part belle à des rebondissements d'autant plus sinueux et équivoques. Après tout, c'est du Park Chan-wook.

“Decision to Leave” marque une rupture évidente avec ce que le public avait l'habitude d'attendre de Park Chan-wook, mais cette romance policière n'en explore pas moins des thématiques familières telles que la vengeance, la trahison et la violence. L'œuvre porte également l'empreinte indélébile du génie de son auteur: une narration visuelle incisive, un travail de caméra d'une rare inventivité et une tension émotionnelle latente. Il n'est donc pas surprenant que Park Chan-wook ait décroché le Prix de la mise en scène lors du 75e Festival de Cannes.

“Lady Vengeance” (2005)

Above Choi Min-sik fait son grand retour dans un autre film de vengeance signé Park Chan-wook, en se glissant cette fois dans la peau de l'antagoniste face à Lee Young-ae, célèbre pour son rôle dans “Dae Jang Geum”.

Ultime volet de la “Trilogie de la vengeance” de Park Chan-wook, “Lady Vengeance” met en lumière Lee Young-ae (“Dae Jang Geum”, “Saimdang, Memoir of Colors”) dans le rôle de Lee Geum-ja, victime d'un chantage qui la contraint à assumer la responsabilité d'un crime abominable qu'elle n'a pas commis. Choi Min-sik—qui incarnait le justicier dans “Oldboy”—change ici de camp pour camper le personnage de M. Baek, un tueur en série s'en prenant aux enfants.

Geum-ja tente de faire croire à tous qu'elle a passé treize longues années en prison à tisser des liens avec ses codétenues, érigée en modèle de bonne conduite et réhabilitée par la foi. Mais la réalité est bien différente: elle a consacré tout ce temps et toute son énergie à fomenter sa vengeance contre M. Baek.

Véritable festin visuel, le film est fréquemment salué pour son utilisation magistrale de la couleur et de la lumière, ainsi que pour son travail de caméra des plus élégants. Au-delà de cette beauté stylisée—et au cœur de sa violence viscérale si caractéristique—Park Chan-wook aborde avec délicatesse les thèmes de la maternité, de la culpabilité, de la justice et de l'incertitude quant à la paix qu'apporte réellement la vengeance.

“Thirst, ceci est mon sang” (2009)

Above Avec “Thirst, ceci est mon sang”, Park Chan-wook apporte une contribution exceptionnelle au genre des vampires, particulièrement en vogue au milieu des années 2000.

Avec “Thirst, ceci est mon sang”, récompensé par le Prix du jury au Festival de Cannes en 2009, Park Chan-wook s'aventure sur le territoire des vampires. À l'époque, la culture pop et l'industrie du divertissement étaient en proie à une véritable fascination pour ces créatures nocturnes, portée par des œuvres comme “Twilight”, “Vampire Diaries”, “True Blood” ou encore “Morse”.

“Thirst”, brillante réinterprétation de “Thérèse Raquin” d'Émile Zola à la sauce vampirique, met en vedette Song Kang-ho (“Parasite”, “Snowpiercer”, “Les Bonnes Étoiles”) dans le rôle de Sang-hyun, un jeune prêtre qui se porte noblement volontaire pour une expérience médicale dont l'issue malencontreuse le transforme en une créature profondément impie. Si sa morale inébranlable l'empêche de traquer de malheureuses victimes pour s'abreuver de leur sang (il préfère se désaltérer à même les perfusions lors de ses visites pastorales à l'hôpital), elle ne l'empêche nullement de succomber au charme envoûtant de Tae-ju (Kim Ok-vin), l'épouse de son ami d'enfance.

“Thirst” place le dilemme moral auquel Sang-hyun est confronté au cœur du récit, s'immisçant habilement dans les méandres des pulsions obscures, des désirs charnels, de la fragilité humaine, de la culpabilité, et même de la foi. À travers ce chef-d'œuvre, Park Chan-wook enrichit le panthéon des films de vampires de l'époque d'une œuvre à la fois drôle, sensuelle et profondément tragique.

“Stoker” (2013)

Above Pour son premier long-métrage en langue anglaise, Park Chan-wook réunit un casting prestigieux comprenant Nicole Kidman, Mia Wasikowska et Matthew Goode.

“Stoker” signe les débuts hollywoodiens et la première incursion en langue anglaise de Park Chan-wook. Écrit par Wentworth Miller (oui, le célèbre acteur de “Prison Break”), ce drame d'épouvante gothique contemporain réunit Nicole Kidman, lauréate d'un Oscar (“Moulin Rouge”, “The Hours”, “Les Autres”), Mia Wasikowska (“Alice au pays des merveilles”, “Jane Eyre”) et Matthew Goode (“Imitation Game”, “A Single Man”). Il s'agit d'un thriller initiatique glaçant, porté par la troublante évolution psychologique d'une jeune sociopathe.

À la mort de son père tant aimé, India Stoker (Wasikowska) voit débarquer son mystérieux oncle Charlie (Goode), venu semer le trouble dans son existence. Fascinée par cette noirceur familière qu'elle perçoit également en elle-même, la jeune India se sent irrésistiblement attirée par lui. Esprit tordu et pervers, Charlie s'emploie à détruire la fragile relation qu'entretient India avec sa mère Evelyn (Kidman), une femme froide et distante, dans le seul but de pousser sa nièce à s'abandonner à ses propres instincts meurtriers.

Les performances magistrales des acteurs principaux et la narration visuelle captivante du film ont été conçues pour déstabiliser, un pari réussi avec la précision chirurgicale d'un orfèvre. Chaque scène est imprégnée d'un suspense hitchcockien, suscitant régulièrement des comparaisons avec le célèbre “L'Ombre d'un doute” d'Alfred Hitchcock.

Si la brutalité de “Stoker” s'avère plus sourde que dans les autres réalisations de l'auteur, elle n'en demeure pas moins dévastatrice, semant dans son sillage une véritable traînée de cadavres.

De la violence opératique d'“Oldboy” à la romance mélancolique de “Decision to Leave”, Park Chan-wook s'est imposé comme l'un des réalisateurs les plus visionnaires du cinéma contemporain. Son statut de président du jury à Cannes cette année offre l'occasion rêvée de redécouvrir les films les plus acclamés de l'auteur sud-coréen, et de comprendre pourquoi son œuvre ne cesse d'influencer le septième art moderne.

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Maggie Adan est rédactrice, éditrice et stratège de contenu, forte d'une vaste expérience dans les médias imprimés, numériques et sociaux. Ancienne rédactrice en chef de K-Zone Philippines, Summit Books et Content Lab, elle a écrit des articles lifestyle couvrant des sujets aussi variés que le divertissement, les voyages, la beauté et le bien-être. Passionnée par le récit et dotée d'un sens aigu de l'écriture, elle collabore à diverses publications et accompagne les marques dans la création et la gestion de contenu pour leurs réseaux sociaux.