La dernière série télévisée de Li Yunrui définit une nouvelle phase de sa carrière — et inaugure une nouvelle ère de premiers rôles dans les C-dramas.
Il y a un moment, dans l'univers des C-dramas, où un acteur cesse d'être “celui que l'on reconnaît” pour devenir “la raison pour laquelle on regarde la série”. Pour Li Yunrui, cette transformation s'est opérée en douceur.
Il a été omniprésent, bien que rarement en tête d'affiche. Le stratège en qui l'on avait confiance mais que l'on ne choisissait pas. Le second rôle masculin, un peu trop précis, un peu trop maître de lui pour n'être qu'accessoire. Au fil du temps, ces performances se sont accumulées, forgeant une réputation fondée non pas sur le battage médiatique, mais sur une remarquable maîtrise de son art.
À l'arrivée de Rebirth en 2026, la donne avait déjà changé. C'était une confirmation. Li Yunrui ne s'aventurait pas simplement sur le territoire des premiers rôles ; il gravitait autour depuis des années, peaufinant une présence à l'écran bâtie sur la retenue, le sens du rythme et un refus presque obstiné de surjouer. Sa filmographie ne s'apparente pas à une ascension fulgurante, mais plutôt à une série d'orientations mûrement réfléchies.
Voici les projets où cette précision a porté ses fruits — et où Li Yunrui s'est discrètement imposé comme l'une des têtes d'affiche les plus fiables du paysage actuel des C-dramas.
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1. “Love Like the Galaxy” (2022)
Above Une jeune femme délaissée navigue à travers les intrigues familiales et la vie de cour, tiraillée entre différentes visions de l'amour, dont le dévouement silencieusement bouleversant de Yuan Shen.
Dans une série définie par une romance épique et des intrigues politiques, le personnage de Yuan Shen, interprété par Li Yunrui, n'aurait pas dû se démarquer à ce point. Et pourtant, il a captivé l'audience.
La série suit Cheng Shaoshang, une jeune femme négligée qui tente de trouver sa place face aux manigances de sa famille et aux complots de la cour, hésitant entre différentes formes de sécurité et d'amour. Yuan Shen n'apparaît pas comme le choix d'une évidence immédiate, mais plutôt comme celui qui laisse une empreinte indélébile : raffiné, retenu, et émotionnellement dévastateur dans sa dévotion silencieuse.
Li Yunrui l'incarne avec une maîtrise chirurgicale. Il n'en a jamais trop fait, n'a jamais cherché à attirer l'attention à tout prix. Ainsi, Yuan Shen est devenu l'archétype mythique du “clair de lune blanc” : celui qui semble parfait, mais que l'on ne choisit jamais vraiment.
Bien qu'il ne s'agisse pas du rôle principal, sa prestation s'est révélée d'une puissance redoutable — redéfinissant les attentes du public et forçant les directeurs de casting à lui accorder toute leur attention.
2. “The Last Immortal” (2023)
Above Dans un univers de dieux et de réincarnations, le destin d'une jeune divinité se déploie à travers plusieurs vies, sublimé par le double rôle de Li Yunrui qui incarne avec brio le détachement divin et la vulnérabilité humaine.
Si Love Like the Galaxy l'a révélé au grand public, The Last Immortal a mis à l'épreuve sa capacité à s'imposer dans un genre fondé sur le grand spectacle.
Plongée dans un univers xianxia peuplé de divinités, de réincarnations et d'enjeux cosmiques, la série suit une jeune divinité jonglant entre amour, perte et destin à travers différentes existences. Li Yunrui y endosse un double rôle, celui de Hong Yi et de Ajiu, ce qui lui a offert une opportunité rare : jouer sur les contrastes.
L'un est tranchant, posé, presque intouchable. L'autre est plus chaleureux, plus humain et profondément vulnérable. Li Yunrui exploite cette dualité sans jamais la transformer en artifice, ancrant ses deux personnages dans une véritable logique émotionnelle plutôt que de se reposer sur de simples différences visuelles.
Il a prouvé, à travers cette œuvre, qu'il était bien plus que “l'éternel second rôle”. Il a démontré la vaste étendue de son répertoire.
3. “Parallel World” (2023)
Above Un mystère se déroulant dans le désert brouille la frontière entre réalité et illusion, alors qu'un groupe met au jour des secrets enfouis sous des sables mouvants et des identités fracturées.
Mystère aride aux accents de science-fiction, Parallel World explore l'identité, la mémoire et la survie dans un environnement qui semble à la fois réel et subtilement altéré.
Le personnage de Gao Shen, incarné par Li Yunrui, évolue en marge de l'intrigue, mais l'acteur occupe cet espace de manière stratégique. Sa prestation se teinte ici d'une grande fluidité, d'une volonté de laisser respirer les scènes, offrant un contraste saisissant avec ses rôles plus stricts.
C'est le genre de rôle qui ne crée pas nécessairement l'événement, mais qui asseoit discrètement une légitimité. L'industrie remarque inévitablement lorsqu'un acteur parvient à se fondre dans une histoire sans éprouver le besoin de la dominer.
4. “Blossom” (2024)
Above Un noble calculateur et une héroïne résiliente naviguent entre pouvoir, loyauté et romance au cœur d'un drame historique intense, tout en stratégie et en maîtrise émotionnelle.
Le drame tourne autour de Song Mo, un personnage calculateur aux multiples facettes émotionnelles qui navigue entre pouvoir, loyauté et romance au sein d'une fresque historique d'une grande intensité. C'est un rôle qui exige un équilibre subtil : une grande intelligence dénuée de froideur, et une profonde affection sans l'ombre d'une faiblesse.
Li Yunrui relève le défi avec brio. Son Song Mo est mesuré mais jamais distant, fin stratège mais profondément investi. Plus important encore, il porte la série sur ses épaules — il ne gravite plus autour de l'histoire d'un autre, il s'ancre résolument dans la sienne. Chaque acteur connaît ce projet décisif qui change la donne. Pour Li Yunrui, ce fut incontestablement Blossom, le moment précis où l'industrie a cessé de le qualifier de “prometteur” pour le considérer comme une véritable “valeur sûre”.
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5. “Yummy Yummy Yummy” (2025)
Above Une romance moderne se dévoile à travers la gastronomie et les relations humaines, mettant en scène un chef charismatique qui trouve l'amour dans les rythmes et les saveurs du quotidien.
Après avoir fait ses preuves dans les drames historiques, Li Yunrui opère une transition — des plus judicieuses — vers la romance contemporaine.
Yummy Yummy Yummy est une “romance gourmande”, un genre dont le succès repose presque entièrement sur le charme de ses interprètes. Sous les traits de Lin Yan, il troque les robes d'époque pour une aisance résolument moderne, incarnant un personnage dont la force émotionnelle s'enracine dans la chaleur humaine plutôt que dans la retenue.
C'est une démarche savamment calculée — et couronnée de succès. Le triomphe de la série démontre sa capacité à séduire tous les publics, bien au-delà de l'univers des drames en costumes.
Dans le jargon de l'industrie, c'est l'exemple parfait de la manière dont on bâtit une carrière pérenne : en refusant de se laisser enfermer dans une case.
6. “Reopen My Journals” (2025)
Above Un homme revisite son passé à travers d'anciens journaux intimes, se confrontant à son premier amour, à ses regrets et aux blessures silencieuses inhérentes au passage à l'âge adulte.
Si Yummy Yummy Yummy a mis en lumière son immense charme, Reopen My Journals a révélé sa profonde vulnérabilité.
Sur fond de douce nostalgie, le drame suit Xiao Han alors qu'il explore son passé : ses premiers amours, ses occasions manquées et les chagrins étouffés de la jeunesse. C'est un récit plus intime et davantage introspectif que ses précédentes réalisations.
Li Yunrui se met à nu. Pas de grands gestes théâtraux, pas de fioritures dramatiques — seulement une interprétation ancrée, presque effacée, d'un naturel saisissant.
Une belle manière de rappeler que sa force ne réside pas uniquement dans l'intensité, mais aussi dans l'équilibre.
7. “Rebirth” (2026)
Above Dans un monde ravagé par la guerre, marqué par l'héritage et la trahison, un guerrier-stratège fait son retour pour protéger ce qu'il en reste.
Il y a les étapes clés d'une carrière, et puis il y a les moments fondateurs. Rebirth appartient incontestablement à cette seconde catégorie.
Pensé comme le successeur réinventé de Princess Agents (2017), ce drame nous replonge dans un monde façonné par la guerre, les loyautés brisées et les quêtes émotionnelles inachevées. En reprenant un rôle abandonné dans un lac gelé il y a près de dix ans, Li Yunrui ne se contente pas d'incarner un personnage ; il accomplit une véritable résurrection culturelle. Son Zhuge Yue est un stratège qui a troqué la fougue de sa jeunesse contre une intensité romantique qui semble amplement méritée.
Son interprétation de Zhuge Yue tient moins du froid détachement que de l'intensité contenue. Le jeu est intériorisé : des expressions plus resserrées, de longs silences, et la sensation que chaque décision est savamment calculée mais émotionnellement douloureuse. Ce n'est pas spectaculaire au premier abord, mais cela gagne prodigieusement en puissance au fil des épisodes.
Le secret de cette réussite réside dans la maîtrise. Li Yunrui résiste à la tentation de surjouer les enjeux émotionnels de son personnage, préférant laisser la tension mijoter plutôt que d'exploser. L'impact est immédiat. Rebirth n'a pas seulement brillé par ses audiences ; la série a redéfini la place de Li Yunrui dans la hiérarchie de l'industrie. Il n'est plus celui qui vole la vedette le temps d'une scène. Il est devenu le pilier de l'œuvre.
8. “Generation to Generation” (2026)
Above Un vaste récit wuxia explore les identités et l'héritage à travers les époques, avec des doubles rôles illustrant la tension permanente entre le destin et le libre arbitre.
Dans un genre qui fait la part belle à la lignée, au patrimoine et à l'identité, Generation to Generation traite autant d'héritage que de conflits. Traversant les époques et les factions, l'histoire retrace la manière dont les choix résonnent d'une génération à l'autre. Bien que Li Yunrui ne soit qu'un invité spécial, il y endosse un double rôle : celui de Mu Zhengming et de Mu Zhengyang.
Dans les récits de cape et d'épée, les doubles rôles ne sont pas de simples artifices narratifs : ce sont de véritables défis d'interprétation. Le risque est immuable : forcer le trait sur la différenciation au point de perdre toute cohérence émotionnelle, ou à l'inverse, les jouer de manière trop similaire et en atténuer l'impact.
Li Yunrui avance sur cette corde raide avec une immense prudence. L'un des personnages est plus affirmé en apparence, tandis que l'autre est davantage porté sur la réflexion. La distinction n'est pas tapageuse, mais elle est d'une précision chirurgicale, façonnée par la posture, la cadence et le rythme émotionnel plutôt que par des marqueurs évidents.
Même en tant qu'invité, sa prestation s'impose comme une évidence. Elle n'est pas là pour dominer l'intrigue, mais pour lui insuffler de la texture, soulignant ainsi les thèmes centraux de la dualité et de l'héritage abordés par le drame.
À ce stade de sa carrière, voici la véritable leçon à en tirer : Li Yunrui ne choisit plus ses rôles pour la seule visibilité. Il les sélectionne pour démontrer sa remarquable maîtrise.
9. “My Idol” (2018)

Above De jeunes artistes naviguent entre ambition et quête d'identité dans l'industrie du divertissement, où les rêves sont aussi fragiles que les personnages qu'ils façonnent de toutes pièces (Photo : iQIYI)
Toute carrière a un point de départ. My Idol fut celui de Li Yunrui.
Plongé dans l'univers glamour et impitoyable du divertissement, le drame suit des artistes en devenir, naviguant entre ambition, compétition et la frontière floue entre image publique et réalité. Sous les traits de Du Wang, Li Yunrui incarne un personnage encore à la recherche de lui-même. C'est un jeune homme tiraillé entre assurance et incertitude, entre jeu scénique et authenticité.
Avec le recul, ce rôle fait presque figure de prototype.
Tous les ingrédients bruts sont déjà réunis : la présence à l'écran, le sens du rythme, une aisance innée face à la caméra. Mais le talent n'est pas encore totalement poli. La prestation atteint parfois des sommets émotionnels là où ses rôles ultérieurs feraient preuve de plus de retenue, privilégiant l'éclat de l'émotion à son intériorisation. Et c'est précisément ce qui fait le charme de cette époque.
Car même ici, à travers ce rôle de jeunesse, on décèle déjà les prémices de ce qui finira par le définir. My Idol n'est pas le projet qui a propulsé Li Yunrui au rang de star. Mais c'est celui qui prouve qu'il n'a cessé de s'y préparer au fil des années.




