Si vous l'avez manqué : Vice Ganda et Nadine Lustre reviennent au Metro Manila Film Festival dans un film qui va au-delà de la simple maternité pour explorer ce que signifie être mère. “Call Me Mother” de Jun Lana examine l'ambition, le prix de la célébrité et bien plus
Arrivant au milieu du tumulte annuel du Metro Manila Film Festival (MMFF), Call Me Mother s'éloigne de la formule habituelle de Vice Ganda. Depuis plus d'une décennie, le festival compte sur l'humoriste pour offrir un mélange bruyant et chaotique de parodies de la culture pop et de comédie burlesque. Pourtant, pour cette entrée au MMFF, la production abandonne la course aux tendances des sorties précédentes en faveur d'un récit cohérent et véritablement déchirant. Réalisé par Jun Lana, le film s'ouvre en terrain connu—des rivalités de concours de beauté à l'esprit de spectacle—avant de se diriger vers un drame sérieux investi dans les complexités de la maternité.
Vice Ganda, reconnu comme le Meilleur Acteur du MMFF pour cette saison, incarne Twinkle, une coach de concours redoutée qui choisit de renoncer aux projecteurs pour adopter un enfant. Lorsque la mère biologique, Mara (Nadine Lustre), revient des années plus tard, Twinkle est forcée de naviguer dans un choix impossible entre possession et sacrifice. Le personnage conscient, sarcastique et drôle de l'animateur de It’s Showtime disparaît une fois de plus pour ce film, permettant au comédien vétéran de se fondre dans le rôle. Ce qui sont habituellement des larmes de rire se transforment en larmes de chagrin brut et accablant alors que le public est forcé d'être témoin, de plein fouet, de la véritable définition d'être mère.

Above Vice Ganda, Nadine Lustre et Lucas Andalio dans le film “Call Me Mother” de Jun Lana (Photo : Star Cinema)
Lustre fournit la force stabilisatrice du film, agissant comme une ancre brillante face aux enjeux émotionnels élevés de l'histoire. Sa performance résiste à la sympathie facile, permettant à la frustration et à l'intérêt personnel de faire surface sans excuses. Elle ancre chaque scène avec une force qui prouve pourquoi elle reste l'une des actrices les plus décorées de l'industrie. Ensemble, le duo évite le chaos (amusant) typique des collaborations précédentes de Vice Ganda ; bien que l'humour reste présent, il naît naturellement des situations plutôt que d'être forcé.
Le casting de soutien—comprenant John Lapus, Iyah Mina et MC Muah, parmi tant d'autres—ajoute de la saveur sans surcharger l'ensemble, permettant au trio central de briller. L'alchimie de l'ensemble du casting est mémorable.

Above Vice Ganda dans le rôle de Twinkle dans “Call Me Mother” de Jun Lana (Photo : Star Cinema)

Above Nadine Lustre dans le rôle de Mara dans “Call Me Mother” de Jun Lana (Photo : Star Cinema)
Le cœur du film, cependant, réside dans le lien entre Twinkle et son fils, Angelo, joué par le remarquable Lucas Andalio. Contrairement à de nombreux enfants acteurs qui récitent simplement des lignes, Andalio écoute et réagit avec des micro-expressions nuancées qui rendent la relation réelle et authentique. La réalisation de Lana reflète son expérience dans le cinéma, traitant le sujet de l'adoption LGBTQ+ avec une tendresse et une sincérité qui évitent de transformer la situation en une simple blague.

Above Vice Ganda, Nadine Lustre et Lucas Andalio dans une scène clé de “Call Me Mother” (Photo : Star Cinema)
Le film atteint son zénith émotionnel lors de la confrontation où Twinkle doit faire face à la réalité de perdre Angelo. Une séquence lourde impliquant une assistante sociale et un trajet en voiture dévastateur sert de cœur et d'âme au film, dépeignant l'agonie du lâcher-prise. Ces scènes sont attendues mais restent finalement bouleversantes, perçant le cœur d'une manière qui semble brute et profondément personnelle. Cela force le spectateur à poser des questions difficiles : qu'est-ce qui définit une mère ? Est-ce ancré dans la biologie, ou est-ce quelque chose de bien plus profond, forgé par le sacrifice et le choix inconditionnel ?
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Above Vice Ganda, Nadine Lustre et Lucas Andalio avec le casting de “Call Me Mother” de Jun Lana (Photo : Star Cinema)
Bien que le film esquisse parfois une réassurance qu'il n'a pas tout à fait méritée, il réussit grâce à la tension entre ses protagonistes et sa volonté de recalibrer les attentes. Call Me Mother est sans doute le plus beau film de la filmographie de Vice Ganda et une preuve indéniable de la réalisation audacieuse de Jun Lana. Il fait suffisamment confiance à son public pour abandonner les artifices faciles, résultant en une expérience cinématographique à la fois artistiquement réussie et profondément émouvante. C'est un rappel que parfois, le plus grand acte d'amour d'une mère est celui qui brise le cœur.
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