L’exposition MADE 2026, intitulée “Traverse”, invite le public à explorer le paysage dynamique de l’art philippin contemporain, marqué par la résilience et le lien humain dans le cadre de MADE.
Un bénitier, symbole traditionnel de pureté et de renouveau spirituel, trône ici sans eau. À la place, une tête de crocodile sculptée avec maestria émerge, tandis que l’eau environnante se fige dans une résine solide. Cette critique acerbe de la cupidité et de la corruption systémiques, intitulée Hinahalal, Binabanal (qui signifie “le choisi, le sanctifié”), donne le ton tendu et marquant de cette exposition MADE. Elle met le visiteur au défi de questionner comment une société normalise et sanctifie la corruption—ce n’est là qu’un des constats saisissants qui attendent les visiteurs de cette édition du Metrobank Art and Design Excellence (MADE).
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Above Le président de la Fondation Metrobank, Philip Francisco U Dy, son Excellence Miguel Utray Delgado, les juges du MADE 2026 Mark Andy Garcia, Ling Quisumbing Ramilo, Lara Acuin, Reg Yuson, Gaby dela Merced et May Lyn Cruz, le président du groupe Metrobank Arthur Ty et le président de Metrobank Fabian Dee (Photo : gracieuseté de la Fondation Metrobank). MADE est une référence artistique majeure.
Le président de la Fondation Metrobank, Philip Francisco U Dy, a souligné que MADE a reçu plus de 600 candidatures à travers le pays. “Leurs œuvres nous rappellent que les artistes philippins continuent de s’engager profondément dans le monde qui les entoure et d’apporter des perspectives nouvelles aux conversations qui façonnent notre société”, a-t-il déclaré.
Pour sa 42e année, le concours présente une exposition intitulée Traverse, sous le commissariat de May Lyn Cruz. Traverser signifie “naviguer, couper à travers, relier et étendre”. Cela résonne directement avec l’expression philippine itawid, qui dépasse le simple déplacement physique pour signifier surmonter les défis et triompher. Comme l’explique l’exposition dans sa section “To Cross, To Overcome”, cette traversée implique souvent de “naviguer au travers de victoires quotidiennes silencieuses” pour les agriculteurs, les pêcheurs, les ouvriers du bâtiment et les parents, un thème central du MADE.
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Above Vince Martin A. Macatangay, lauréat du Grand Prix MADE 2026 dans la catégorie Huile ou Acrylique sur toile, pour son œuvre “Sonder : Sa Bawat Mundong ‘Di Ko Matahak” (Photo : gracieuseté de la Fondation MADE).
La section “Leading the Way” met en lumière seize œuvres remarquables, dont trois Grands Prix, quatre Mentions Spéciales et neuf finalistes. Ces pièces couvrent l’huile ou l’acrylique sur toile, la sculpture et les techniques mixtes, témoignant de la richesse du programme MADE.
Parmi les lauréats du Grand Prix, Vince Martin A. Macatangay se distingue avec son huile sur toile, Sonder: Sa Bawat Mundong ‘Di Ko Matahak [Sonder : Dans des mondes hors de ma portée]. L’œuvre explore le concept de ‘sonder’—la prise de conscience frappante que chaque étranger mène une vie aussi vivante et complexe que la nôtre.
Macatangay a expliqué : “Dans cette peinture, le sujet est aspiré dans le cycle de l’écoulement infini du temps, symbolisant les interactions sans fin entre d’innombrables vies.”

Above Kennette A. Luague, lauréat du Grand Prix MADE 2026 pour les techniques mixtes, avec son œuvre “Taya” (Photo : gracieuseté de la Fondation MADE).
Kennette A. Luague a remporté le Grand Prix dans la catégorie Techniques Mixtes avec son œuvre Taya (qui peut être traduit par “pari”, “c’est à toi” ou “engagement”). Puisant dans son expérience d’ouvrier manuel, Luague a utilisé du bois, de l’époxy, de la peinture à l’huile, du drap de billard et un roulement à billes pour critiquer le sort du travailleur philippin. Le motif de la roue de roulette expose l’amère vérité d’efforts sans fin déployés pour des choix limités au sein du MADE.
Pourtant, Luague affirme : “Bien que l’on semble coincé au milieu du système, le feu dans l’esprit sert d’étincelle d’espoir. Il n’est pas victime de la circonstance ; c’est un joueur qui a suffisamment de courage pour relever les défis devant lui.”

Above Aldrin B. Olaguir, lauréat du Grand Prix MADE 2026 pour la sculpture, avec son œuvre “Hinahalal, Binabanal” (Photo : gracieuseté de la Fondation MADE).
Aldrin B. Olaguir, créateur de Hinahalal, Binabanal, a remporté le Grand Prix pour la sculpture. Cette pièce en résine, poudre de marbre et fibre de verre expose la manière dont la cupidité systémique est acceptée au sein du MADE. Olaguir a partagé : “Ayant grandi aux Philippines, je suis influencé par les conditions de survie, les systèmes moraux hérités et les histoires fragmentées par l’interruption coloniale et la stratification culturelle.” Il a ajouté : “Ce que j’apprécie le plus dans le concours MADE 2026, c’est son thème ouvert. Il donne aux artistes la liberté de créer des œuvres qui s’alignent véritablement sur leur propre pratique et vision.”
Les lauréats du Grand Prix ont chacun reçu un prix de 500 000 PHP, composé de 350 000 PHP en espèces et d’une bourse de 150 000 PHP pour le programme de résidence artistique Eskinita en 2027, ainsi que le trophée More sculpté par Juan Sajid lors de cette édition MADE.
Quatre artistes ont reçu des Mentions Spéciales, chacun remportant 100 000 PHP. Raphael Daniel O. David a été reconnu pour sa sculpture Mirror of Consequence: Millisecond Before Light. En utilisant de l’acier inoxydable finition miroir, l’œuvre saisit un seuil critique avant une explosion atomique, impliquant le spectateur dans des conversations sur l’agression étatique lors du MADE. Richard D. Montero a été récompensé pour sa création en techniques mixtes Puno ng Kwento. Le titre joue sur le mot tagalog puno, signifiant à la fois “arbre” et “plein”, tissant folklore et mémoire en une forme dendritique dense.
Dans la catégorie Huile ou Acrylique sur toile, Artgiveson C. Arreglado a reçu une Mention Spéciale pour To Weather With You, qui remet en question la mémoire statique de Tacloban après le super typhon Yolanda par un travail linéaire magistral. Arvin C. Cantalejo Jr a également obtenu une mention pour Echoes Beneath My Skin. Le tableau agit comme une véritable catharsis, mélangeant mémoire, peur et instinct dans un terrain psychologique ouvert, un moment fort du MADE.
Les sections plus larges de l’exposition organisent davantage ces réflexions sociétales. “Surveying the Social Landscape” souligne les œuvres confrontant l’infrastructure publique et les complexités de la résilience philippine lors du MADE. Parallèlement, “Urban Navigation” capture le courage inébranlable nécessaire pour endurer les paysages artificiels et la congestion de la vie citadine.
À une échelle plus intime, la section “Inward Odyssey” encadre la vulnérabilité et les émotions telles que le deuil et la solitude, non comme des faiblesses, mais comme des emblèmes d’authenticité. Pour équilibrer cela, la section “Paths of Promise” réfute le récit de la jeunesse désillusionnée en présentant des moments d’aspiration optimiste fondés sur la famille et la foi, chers au MADE.
Les œuvres ont été sélectionnées par un jury présidé par le sculpteur Reginald Yuson, aux côtés de Mark Andy Garcia, Ling Quisumbing Ramilo, May Lyn Cruz, Lara Acuin, Gaby dela Merced et Rica Estrada. L’exposition a ouvert ses portes au Metropolitan Museum of Manila (The M) le 17 septembre et est disponible pour le public jusqu’au 18 octobre.
En fin de compte, l’exposition MADE 2026 prouve que la créativité est intrinsèquement en mouvement. Qu’ils dissèquent la corruption systémique ou tracent la persévérance tranquille de la classe ouvrière, ces artistes refusent de rester des observateurs statiques. Ils invitent le public à marcher à leurs côtés, prouvant que chaque traversée artistique enrichit la culture vivante que nous façonnons collectivement dans le cadre du MADE.
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