Le musée M+ a signé ce mois-ci un partenariat avec le prestigieux Centre Pompidou de Paris, comprenant des projets de recherche et d'expositions collaboratifs prévus pour 2027.
Le musée de la culture visuelle de Hong Kong, le M+, a signé ce mois-ci un partenariat stratégique pluriannuel avec le Centre Pompidou à Paris. Cette alliance se concentre sur quatre axes majeurs : la recherche curatoriale conjointe, le développement et le partage d'expositions, les co-commandes et la présentation d'œuvres d'art, ainsi que l'échange de collections.
S'étendant sur une période de quatre ans, le programme débutera en 2027, tout d'abord à la M+ Focus Gallery, un espace dédié aux expositions thématiques pointues. Suivra en 2028 une exposition de grande envergure co-organisée avec le Centre Pompidou ; présentée à la fois à Hong Kong et à Paris, elle mettra en lumière des œuvres issues des deux institutions. En 2028 et 2029, une exposition dédiée à la recherche prendra ses quartiers dans les galeries Cissy Pui-Lai Pao et Shinichiro Watari du M+.
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Above De gauche à droite : Christile Drulhe, Consule générale de France à Hong Kong et Macao ; Laurent Le Bon ; Paulo Pong, président du conseil d'administration du M+ ; et Suhanya Raffel (Photo : avec l'aimable autorisation de Winnie Yeung de Visual Voices et du M+)
“Il s'agit d'accomplir ensemble ce que nous n'aurions pas pu réaliser séparément, et de bâtir un projet qui met en valeur nos accomplissements hongkongais dans le contexte international parisien, et inversement”, déclare Suhanya Raffel, directrice du musée M+.
De plus amples détails seront annoncés en septembre. Pour l'heure, elle précise que les expositions aborderont des thématiques telles que la diaspora asiatique en France, les NFT, l'intelligence artificielle et l'architecture. L'une des pièces de la collection du M+ dont la présentation à Paris est d'ores et déjà confirmée est une capsule Nakagin datant du Tokyo des années 1970 et 1980. Construite en 1972, la Nakagin Capsule Tower se composait de 140 unités d'habitation modulables fixées sur deux tours en béton, destinées aux banlieusards nécessitant de courts séjours en ville. Utilisées et remplacées au fil du temps pour prolonger la durée de vie globale du bâtiment, ces unités s'inscrivaient dans le mouvement architectural japonais des années 1960 connu sous le nom de Métabolisme. L'édifice a été démantelé en 2022 ; seules 23 capsules ont été sauvées et conservées par quatre musées à travers le monde, le M+ ayant fait l'acquisition de l'unité A806.
“Lorsque Laurent [Le Bon, président du Centre Pompidou] nous a rendu visite l'année dernière, il a découvert la capsule Nakagin et a estimé qu'il s'agissait d'une pièce architecturale majeure méritant d'être également admirée à Paris”, explique Suhanya Raffel. “Le Centre Pompidou et le M+ partagent un vif intérêt pour le design et l'architecture ; c'est une synergie que nous souhaitons pleinement exploiter.”

Above La majestueuse architecture du musée M+ (Photo : avec l'aimable autorisation de Kevin Mak et Herzog & de Meuron)
Par ailleurs, cette collaboration s'étendra à la façade du M+ et au toit-terrasse du Centre Pompidou Francilien à Massy, en France — un nouvel espace Pompidou dont l'ouverture est prévue l'année prochaine. À partir de mars 2027, le public pourra découvrir des œuvres numériques et des images en mouvement co-commandées par le M+ et le Centre Pompidou. Ce projet célèbre à la fois le 50e anniversaire du Centre Pompidou Paris et rend hommage à son histoire architecturale. Laurent Le Bon explique qu'en 1971, lorsque Renzo Piano et Richard Rogers, les architectes du Centre Pompidou, ont soumis leurs premières esquisses, ils imaginaient la façade comme un écran. “Cinquante ans plus tard, un bâtiment a réussi ce pari : le M+, qui est bien sûr mondialement reconnu pour sa fantastique façade écran”, souligne-t-il.
Les discussions autour de ce partenariat ont débuté il y a quelques années, lorsque Suhanya Raffel a ressenti le besoin pour le M+ d'étendre son rayonnement. “Nous sommes le musée mondial de la culture visuelle contemporaine en Asie, il est donc de notre devoir de tisser des liens [avec des institutions internationales partageant notre vision]”, affirme-t-elle. Les deux musées partagent la même vocation : représenter les XXe et XXIe siècles à travers une approche vaste et interdisciplinaire englobant les arts visuels, le design, l'architecture et l'image en mouvement.

Above Laurent Le Bon, président du Centre Pompidou, qui a signé un partenariat avec le M+ ce mois-ci (Photo : avec l'aimable autorisation de Winnie Yeung de Visual Voices et du M+)
“De plus, les ressources diminuent”, ajoute-t-elle. “Nous ne pouvons pas continuer à acquérir indéfiniment. Nous devons commencer à partager nos acquisitions de manière intelligente et créative. Un partenariat stratégique pluriannuel de cette nature permet précisément [d'atteindre cet objectif] avec des résultats très concrets.”
En observant le paysage mondial des musées d'art contemporain, le Centre Pompidou s'est imposé comme une véritable référence pour le M+. Depuis son émergence au milieu du XXe siècle, l'institution parisienne a fondamentalement redéfini la conception d'un pôle culturel moderne et multidisciplinaire. Pour la jeune équipe du M+, le Centre Pompidou a joué un rôle essentiel de mentor lors de sa phase de conception initiale, contribuant à orienter les principes fondateurs qui ont permis d'ériger le musée mondial de la culture visuelle en Asie.
“Ce qui me plaît au M+, c'est qu'il réinvente le concept multidisciplinaire du musée”, déclare Laurent Le Bon. “Je ne connais pas beaucoup d'institutions en Asie, ni même dans le monde, qui opèrent à une telle échelle et offrent un panorama d'activités aussi vaste.”

Above Suhanya Raffel, la directrice du musée M+ (Photo : avec l'aimable autorisation de Winnie Yeung de Visual Voices et du M+)
Au-delà des galeries ouvertes au public, le partenariat instaure un cadre immersif pour l'échange de professionnels et le développement intellectuel partagé. Cette initiative est soutenue par la nouvelle bourse de recherche postdoctorale de quatre ans financée par la Huo Family Foundation, créée par Yan Huo, financier et cofondateur de Capula Investment Management. Intégré au département de conservation du M+, le chercheur boursier Huo contribuera à la recherche et à la rédaction des expositions développées dans le cadre de cette collaboration, avec une attention particulière portée à l'art occidental et asiatique des XXe et XXIe siècles.
Cette alliance intervient à un moment charnière de transformation pour le Centre Pompidou. Alors que son siège historique parisien fait l'objet d'une fermeture structurelle temporaire, l'institution veille à ce que sa vaste collection nationale demeure accessible de manière dynamique à travers le monde. Au cours des 25 dernières années, le Centre Pompidou a stratégiquement étendu sa présence internationale, développant une constellation de sites allant de Málaga à de nouvelles antennes régionales majeures, notamment à Massy en Île-de-France et au Centre Pompidou Hanwha à Séoul, dont l'ouverture est prévue en juin.
Pour Suhanya Raffel, participer à cette expansion mondiale représente une étape institutionnelle majeure. “Faire partie [d'un partenariat mondial] au moment de la réouverture du Centre Pompidou est un immense honneur. Il s'agit de voir comment nos deux institutions peuvent progresser ensemble”, souligne-t-elle. “En tant que musées, nous construisons des savoirs autour des environnements vécus, des histoires, des géographies et des complexités d'un monde actuel très complexe. Les musées sont des lieux de refuge, de répit et de bien-être. J'espère que nous apprendrons les uns des autres ; la seule façon d'être productif et d'aller de l'avant est de partager et de collaborer.”
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