Pour l'architecte Ed Calma, le design de cette demeure est un acte d'équilibre, une réconciliation avec le contrôle
Il règne un calme calibré qui définit cette résidence, où chaque décision suit une logique de design et de retenue. Son architecte, Ed Calma, la décrit comme une superposition de zones “visibles depuis des points d'observation uniques dans différentes positions, tel un panoptique exerçant un contrôle”. Ici, la transparence devient un système, une idée qui s'unit à l'expérience. La façade poursuit cette discipline, composée “d'éléments linéaires en enduit bronze et de plans en pierre naturelle et à la chaux”, chaque finition étant précisément alignée sur son rôle au sein d'un rythme mesuré.
La cohérence ne naît pas de l'ornement mais de la constance de l'intention. “Chaque geste architectural est testé pour voir s'il est cohérent avec l'idée”, explique-t-il. “Si ce n'est pas le cas, il n'y aurait aucune cohérence.” La maison est une réinitialisation sensorielle ; dès l'entrée, un parfum doux remplit les pièces, transmettant l'attachement de la famille à la propreté, dans ses manifestations tangibles et intangibles. Pour Calma, la configuration fonctionne à la fois comme grammaire et contour, traduisant l'abstraction en perception. “L'architecture se lit dans l'esprit comme la convergence de géométries”, réfléchit-il. “Le corps fait l'expérience du volume, de la texture, de la température, de l'éclairage et de l'odeur des matériaux au fur et à mesure qu'on se déplace.” Le résultat n'est pas simplement un abri mais un acte de pensée, rigoureux mais sensoriel, intellectuel mais intime.
Plus de Tatler : Enraciné dans la beauté : explorez la maison et le sanctuaire de Pia Wurtzbach Jauncey
Une arrivée tout en composition

Above La théorie du rouge en action : les couleurs des supercars sont reflétées par la grande sculpture en relief suspendue dans le hall d'entrée d'une maison conçue par Ed Calma
Comme mentionné précédemment, la première impression que l'on a dans cette demeure est son utilisation magnifique de la lumière naturelle. Elle glisse sur une dalle noire brillante définissant l'entrée, révélant densité et éclat. Contre cette immobilité, une sculpture cramoisie de Jinggoy Buensuceso se froisse vers l'avant et l'arrière en plans angulaires, son énergie maintenue en suspension par la tranquillité qui l'entoure.
Fait intéressant, la pièce s'étend en consoles suspendues, servant une fonction pratique de table. Au-dessus, un volume de verre en porte-à-faux se projette vers l'extérieur, son soffite en bois apportant de la chaleur à un poli autrement monolithique. Le design de la composition semble chorégraphié plutôt que construit. Visiblement derrière se trouve le garage, où des supercars aux teintes assorties font écho à l'œuvre de Buensuceso dans leurs contours et leur schéma chromatique.
Calma raconte cette séquence comme une conversation entre mouvement et discipline. Les hauteurs sous plafond changent de manière presque imperceptible, une compression et une expansion à l'unisson. “Varier les hauteurs, largeurs et longueurs des espaces qui se chevauchent crée des transitions étranges et inattendues”, note-t-il. Chaque changement contribue à un tempo spatial presque musical. Ce qui aurait pu être un simple seuil devient un essai sur l'équilibre, les composants et l'atmosphère.
Mouvement et mesure

Above L'escalier est une symphonie visuelle de lignes en zigzag qui apaisent le regard du spectateur dans cette maison conçue par Ed Calma
L'escalier est le lieu où le mouvement et la constitution se rencontrent pleinement. Le bois posé sur des feuilles de verre alterne entre poids et suspension. Chaque ascension reconfigure la vue, révélant de nouvelles relations entre les niveaux, les lignes, l'ombre et la luminosité. La maison se déploie par fragments, jamais d'un seul coup.
Calma expose : “Le veinage diagonal de la pierre et le caractère aléatoire des lumières procurent du mouvement ; toute l'énergie semble émaner de cette zone.” Le résultat est formel mais fluide, quelque chose saisi à mi-souffle alors que l'entrée s'ouvre sans obstruction sur le salon. Le salon principal fonctionne comme un champ d'harmonie plutôt que d'exposition. Une vaste peinture d'Arce, tourbillon d'or et de tons neutres, ancre la pièce, faisant écho à la cadence de l'intérieur.
Le mobilier et l'art sont disposés avec une exactitude silencieuse : assises basses, tables en marbre, accents en métal bruni. Chaque pièce semble intégrale mais discrète. La pièce devient un acte d'écoute, une relation spatiale tournée vers l'équilibre plutôt que l'ornement. Un petit coin salon aux notes d'avoine et de crème éclaire un recoin autrement sombre, niché sous l'escalier. Dans ce coin se dresse l'une des sculptures de Calma, une feuille de métal blanc pliée pour imiter un avion en papier, allusion à l'industrie du papier dans laquelle évoluent les propriétaires.
Au cas où vous l'auriez manqué : Conçu avec discrétion : les choix de la rédaction pour célébrer la nouvelle année

Above Une sculpture en métal courbé d'Ed Calma, en forme d'avion en papier, trouve sa place dans un coin élégant de la maison

Above L'espace piscine conçu par l'architecte Ed Calma est une véritable oasis de sérénité
La fonction s'exprime avec fluidité dans la cuisine, entièrement revêtue de bronze satiné, dissimulant son utilité derrière des grilles ininterrompues. Les joints disparaissent, les poignées se dissolvent ; ce qui reste est l'autorité tranquille de l'agencement. Au centre, un îlot monolithique aux veines sombres se replie en un seul geste. Le dosseret transforme la profondeur en illusion. “Chaque décision doit être cohérente avec le concept”, insiste Calma. Le résultat est un design domestique distillé, un silence rendu intentionnel.
Ce thème de calme se poursuit dans leurs espaces extérieurs. Une piscine façonnée comme une nappe d'eau s'étire vers l'extérieur, bordée si finement qu'elle semble disparaître. La peau de l'eau rencontre l'horizon avec une précision chirurgicale, créant l'illusion de suspension. Lorsque la pluie ondule à sa surface, la composition change de concert avec la météo. Un mur de bambou introduit un rythme vertical, adoucissant le contrôle de la piscine. L'effet tient moins du paysage que de la méditation. Le bâti et le naturel se dissolvent dans une union vitrée. L'immobilité devient cinétique.
Un interlude privé
Les niveaux supérieurs abritent discrètement les quartiers privés, s'ouvrant comme un dessin mesuré. Les planchers en bois s'étendent sous des murs en plâtre pâle, portant la chaleur vers la lucidité. D'étroites fenêtres à claire-voie admettent une clarté naturelle en bandes, permettant aux ombres de s'inscrire avec harmonie.
Dans la suite principale, des panneaux graphites créent de la profondeur et une gravité tranquille. Des tons pâles de lin et de plâtre s'étendent autour, adoucissant le contraste. Cela mène à un dressing bien aménagé et à une salle de bain qui vous accueille avec des miroirs suspendus dans le verre. Derrière la vitre se trouve une verdure luxuriante, rappelant au couple la salle de bain de leur hôtel préféré. La salle de bain est d'un ton neutre lumineux, parfaitement ponctuée par la végétation extérieure qui émerge des baies vitrées derrière les miroirs.

Above Des intérieurs sophistiqués conçus par l'architecte Ed Calma
La chaleur s'exprime dans une deuxième suite, où le bois et le tissu combinés à une palette adoucie créent un cocon aux tons sereins. Crème, miel et taupe se mélangent ; passant de la douceur tissée à l'éclat poli. À travers des couleurs pâles, la grande pièce se comprime légèrement, produisant intimité et repos. Un portrait d'Isabel Diaz introduit de la personnalité dans la retenue. Les intérieurs se détendent dans la salle de jeux des enfants, où le jeu devient le principe directeur. Un parquet en chêne clair et des lambris en bois chaud créent une scène neutre. Les meubles peuvent être réorganisés à l'infini, changeant le ton et la chaleur au fil de la journée. L'enfant devient à la fois habitant et auteur, rappelant que même l'exactitude doit céder à la joie.
Au-delà du contexte

Above La maison conçue par Ed Calma se dévoile pièce par pièce, avec une précision chirurgicale linéaire

Above Le couloir du deuxième étage de cette maison d'Ed Calma fait magnifiquement écho à la composition du rez-de-chaussée
Une grande partie du style contemporain lutte avec la relation entre le lieu et l'abstraction. Calma commente ce fossé. “Une nouvelle idée ne devrait pas être limitée par le contexte”, insiste-t-il. “Elle doit franchir les frontières tout en trouvant un ancrage dans le lieu. Il devrait toujours y avoir un sens de l'abstraction.”
Cet équilibre définit cette demeure. Sa composition appartient à un vocabulaire international, mais son ambiance — la densité de l'air, la diffusion subtile de la lumière — parle de son cadre. Le résultat est une œuvre cérébrale mais sensuelle, exacte mais humaine. Ce qui reste irrésolu, admet-il, est la poursuite elle-même. Calma partage : “La quête de nouvelles expressions de l'espace et de la forme ne finira jamais. Le raffinement signifie la répétition jusqu'à ce qu'une percée se produise.” La maison enregistre cette poursuite : la pensée rendue visible. Le design ici n'est pas une conclusion mais une calibration : une conversation continue.
À LIRE MAINTENANT
10 maisons de rêve baignées de Cloud Dancer, couleur Pantone de l'année 2026
Une conversation côtière : Los Angeles et sa vision transformatrice du bien-être
Nouveau en ville : découvrez les nouveaux showrooms de design de Manille
Credits
Photography: Rafael Kryss Rubio






